×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Economie Internationale

La crise mondiale est une crise de l’emploi

Par L'Economiste | Edition N°:3962 Le 06/02/2013 | Partager
D’importants changements en termes de mobilité de la main-d’œuvre
L’onde de choc s’est répandue affaiblissant la croissance économique
Plus de 200 millions de chômeurs cette année

Malgré une remontée modérée de la croissance de la production attendue pour 2013-14, le nombre de chômeurs dans le monde devrait s’accroître de 5,1 millions en 2013 pour dépasser les 202 millions avec 3 millions supplémentaires en 2014.

Cinq ans après l’éclatement de la crise financière mondiale, les marchés du travail restent profondément déprimés. «La croissance économique a fortement baissé en 2012, ce qui a augmenté le chômage. L’Europe est à l’épicentre, elle est retombée dans la récession, mais l’onde de choc s’est largement répandue affaiblissant la croissance économique de presque toutes les régions du monde», précise Steven Kapsos, l’économiste du travail, du BIT. D’après lui, plusieurs facteurs ont conduit à cet état des lieux à savoir les problèmes non résolus du secteur financier, le ralentissement du commerce mondial, la faiblesse de la consommation et de l’investissement, la réduction des avantages fiscaux et dans certains pays une véritable austérité. Avis partagé par le Directeur général de l'OIT, Guy Ryder qui déclarait lors du Forum économique de Davos (23-27 janvier) que: «la terrible situation de l’emploi montrait que la crise était loin d’être terminée». En fait, il n’y aurait de réelle croissance sans emploi et si l’intensité de la crise financière pouvait sembler diminuer, les marchés de l’emploi envoyaient des signaux complètement différents. Des accords internationaux sont indispensables pour faciliter la migration des demandeurs d’emploi. Il faut reconnaître que la crise avait provoqué d’importants changements en termes de mobilité de la main-d’œuvre. L’économiste cite dans ce sens l’exemple des Espagnols partis chercher des emplois ailleurs en Europe ou en Amérique latine ou de Portugais trouvant du travail en Angola. Pour certains observateurs, la crise mondiale est une crise de l'emploi. Un constat relevé aussi par Patrick de Maeseneire, CEO du Groupe Adecco, spécialisé des services en ressources humaines, lors d'une table ronde organisée récemment par le Credit Suisse durant le Forum économique mondial. «Nous nous attendons à ce que les conditions restent difficiles en Europe au moins pendant le premier semestre 2013. Nos espoirs se situent plutôt sur 2014», dit-il. Un climat de morosité confirmé aussi par les statistiques de Eurostat publiées le 1er février 2013. Le taux de chômage dans la zone euro s'est établi à 11,7% de la population active en décembre, comme le mois précédent où le chiffre a été révisé légèrement à la baisse. Ce sont près de 18,71 millions de personnes qui étaient alors sans emploi. D’après la carte européenne du chômage, la situation est critique en Espagne et en Grèce, deux pays lourdement frappés par la crise où plus d'un actif sur quatre n’a pas de travail. Le taux de chômage s'est établi à 26,1% en décembre en Espagne. En Grèce (où les dernières données disponibles datent du mois d'octobre), il s'est élevé à 26,8%. Dans l'ensemble de l'Union européenne, ce taux s'est établi à 10,7% en décembre, stable par rapport au mois précédent. Au total, 25,92 millions de personnes étaient au chômage dans l'UE à la fin de l'année 2012. En comparaison, le taux de chômage était de 7,8% en décembre aux Etats-Unis et s'est établi à 4,1% au Japon, où les dernières données disponibles datent de novembre.
Dans son dernier rapport sur les tendances mondiales de l’emploi 2013, l’OIT (Organisation internationale du travail) ne rassure pas non plus. Malgré une remontée modérée de la croissance de la production attendue pour 2013-14, le nombre de chômeurs dans le monde devrait s’accroître de 5,1 millions en 2013 pour dépasser les 202 millions avec 3 millions supplémentaires en 2014. C’est le même «chaos» dans la région Mena où le printemps arabe n’a pas réussi à déloger le chômage qui est, rappelons-le, un des facteurs des soulèvements notamment en Tunisie ou en Egypte. Le taux de chômage des 15-24 ans de la région est passé à 41% en 2012, d’après les estimations de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et de la Banque africaine pour le développement (BAD). Ces organismes expliquent que: «cette donnée inquiétante est due à la croissance économique faible de ces dix dernières années». Au Maroc qui a connu aussi de légers mouvements de révolte surtout de la part des jeunes (20 février), le taux de chômage a presque stagné, passant de 8,9% en 2011 à 9% en 2012, selon une note du Haut Commissariat au Plan (HCP).  Selon le milieu de résidence, il s’est stabilisé à 13,4% en milieu urbain et il est passé de 3,9% à 4% en milieu rural.
Les jeunes dans le monde sont aussi visés par cette situation ce qui a renforcé les craintes d’une «génération perdue». Selon l’OIT, c’est presque 74 millions de personnes âgées entre 15 à 24 ans qui sont sans emploi – soit un taux de chômage des jeunes de 12,6%. 

Travailleurs pauvres

 

Un autre phénomène voit le jour celui des travailleurs pauvres dans le monde. Le rapport montre que leur nombre continue de chuter, mais à un rythme plus lent qu’avant la crise. Une classe laborieuse à revenu intermédiaire est aussi en plein essor dans les pays émergents. Ce qui pourrait donner un nouvel élan à l’économie mondiale. Mais, pour le moment, leur pouvoir d’achat ne peut compenser la croissance lente qui prévaut dans les pays avancés. A noter aussi que près de 1,1 milliard d’actifs dans les pays en développement (42% de l’ensemble de ceux qui exercent) appartiennent dorénavant à la «classe moyenne», vivant eux et leur famille avec plus de 4 dollars par personne et par jour. La hausse est particulièrement nette en Asie de l’Est. D’ici à 2017, l’OIT estime que 390 autres millions de travailleurs du monde en développement pourraient appartenir à la classe moyenne. Actuellement, ce sont environ 397 millions qui vivent dans l’extrême pauvreté et 472 millions ne sont pas en mesure de satisfaire régulièrement leurs besoins fondamentaux. «Au fil du temps, cette classe moyenne émergente pourrait apporter un élan extrêmement utile pour une croissance mondiale plus équilibrée en stimulant la consommation, en particulier dans les régions les plus déshéritées du monde en développement», selon Steven Kapsos, un des auteurs du rapport.

Fatim-Zahra TOHRY

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc