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Suicide: Le grand tabou

Par L'Economiste | Edition N°:3959 Le 01/02/2013 | Partager
Une tentative toutes les 2 secondes dans le monde
Aucun recensement officiel au Maroc à ce jour
Un dispositif d’écoute privé opérationnel

Source: OMS
Certains pays comme la France, la Russie ou le Japon ont un niveau supérieur à 13 suicides pour 100.000 habitants. Le continent africain est le grand absent au niveau du recensement.

Près de 3.000 cas de suicide sont recensés chaque jour dans le monde, selon l’OMS. Un fléau causant plus de morts que les conflits armés, les homicides ou les accidents de la route. D’ailleurs, toutes les 2 secondes, une tentative de suicide est enregistrée, atteignant toutes les couches de la société. Il s’agit notamment de la 2ème cause de mortalité chez les jeunes après les accidents de la route, quand nombre de ces accidents sont des suicides masqués.
Au Maroc, impossible de se référer à des chiffres officiels en ce qui concerne les morts volontaires. Le Royaume serait-il épargné par le fléau ? Bien sûr que non. Seulement, le sujet reste tabou et il est rare d’établir des statistiques.
Du 5 au 12 février prochains se tiendra la semaine de prévention du suicide pour la 4ème année consécutive. Une occasion de faire le point sur la situation marocaine malgré l’absence de chiffres authentifiés.
En 2007, une enquête menée par le ministère de la Santé et le Centre hospitalier universitaire Ibn Rochd de Casablanca sur un échantillon de 5.600 personnes posait un début de diagnostic: 16% de la population marocaine aurait des tendances suicidaires. Cette étude révèle, entre autres, que le risque suicidaire chez les femmes (21%) est plus important que chez les hommes (12%). Par ailleurs, ce risque est plus présent chez les célibataires, les couples n’ayant pas pu avoir d’enfants et chez les personnes souffrant de troubles psychiques. En ce qui concerne les tentatives de suicide chez les jeunes, le Dr Jalil Bennani (président du Cercle psychanalytique publiant son dernier ouvrage : « Un psy dans la cité ») nous informe qu’elles sont caractérisées par une impulsivité que l’on ne retrouve pas souvent chez l’adulte pour qui il s’agit généralement d’un passage à l’acte à l’issue d’une réflexion aboutie. Selon lui, pour venir en aide aux jeunes en mal-être, il faut d’abord être à l’écoute, chercher à comprendre et s’impliquer. Il faut à tout prix éviter les réactions moralisatrices qui ne les aident en rien.
C’est d’ailleurs ce que s’efforce de faire l’Association « Sourire de Reda » qui a mis en place un dispositif d’écoute pour venir en aide aux jeunes en souffrance. En effet, depuis le 5 février 2011, tout jeune (entre 8 et 20 ans) se sentant mal dans sa peau et ayant besoin de confier ses angoisses peut accéder à un tchat spécialisé sur le site www.stopsilence.org.
Stop Silence est un service gratuit, totalement anonyme organisé en vue d’apporter un soutien ponctuel et immédiat aux jeunes en état de crise. « Il s’agit du premier espace d’écoute anonyme par tchat au Maroc. Stop Silence n’est qu’un maillon du dispositif d’urgence à mettre en place pour la prévention contre le suicide », indique Meryeme Laraqi, présidente de l’association, qui souhaiterait créer un réseau spécialisé en partenariat avec des ONG, des CHU et des spécialistes pour une meilleure efficacité et un suivi plus complet de ces jeunes.
Plusieurs personnes mettent leur temps et leur écoute à la disposition de ces derniers. Elles sont d’ailleurs recrutées en fonction de leurs aptitudes d’écoute, leur sens de la responsabilité, leurs capacités de remise en question personnelle et de travail en équipe. Leur formation, à la fois théorique et pratique est assurée par les partenaires de l’association : l’ONG française SOS amitié (qui a mis en œuvre le premier dispositif d’écoute français), l’UQAM (l’université du Québec à Montréal qui fait intervenir ses spécialistes) ainsi que des chercheurs et des psychologues internationaux.

3 à 4 cas par jour

Le CHU de Rabat compte à ce jour en moyenne 3 à 4 cas de tentatives de suicide par jour (sans compter les cas aboutissant à des décès). Chacune de ces tentatives est à traiter au cas par cas. En effet, il arrive que des automutilations ne soient pas de véritables passages à l’acte mais plus des appels au secours (ce sont les plus spectaculaires en général). Quand d’autres tentatives sont plus sérieuses et, donc, à traiter en conséquence. Toute tentative doit être accompagnée systématiquement d’un soin psychiatrique et le patient ne devrait sortir que sur avis du médecin. Jalil Bennani nous confie cependant que de nombreux patients n’arrivent jamais jusque chez le psychiatre ou ressortent aussitôt.

Sanaa EDDAÏF

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