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Foncier: A Casablanca, grosse crise autour des plans d'aménagement

Par L'Economiste | Edition N°:3959 Le 01/02/2013 | Partager
Les arrondissements exigent l’arbitrage du wali
Suspension de la procédure à l’étape de l’enquête publique

Le SDAU (Schéma d’aménagement urbain) reste le document d'urbanisme suprême puisqu’il définit les grandes orientations. Cette maquette concerne le scénario rêvé pour Casablanca (très différent de la réalité vécue par les habitants!). Les plans d'aménagement, dont les versions sont critiquées par les élus, doivent se conformer au SDAU sous peine de nullité. C’est l’argument que fait valoir l’Agence urbaine. Les présidents d'arrondissements tiennent néanmoins à défendre leurs marges de manœuvre.

La tension monte. Les présidents d’arrondissements qui contestent les plans d’aménagement (PA) campent sur leur position (cf. notre édition n°3958 du 31 janvier 2013). La réunion ayant eu lieu mercredi dernier a été marquée par l’absence de Mohamed Sajid, maire de la métropole. C’est Abderrahim Outass, en sa qualité de vice-maire chargé de l’urbanisme, mais aussi sous sa casquette de président d’arrondissement (Roches Noirs) protestataire, qui a présidé la rencontre avec Saïd Hasbane (président de l’arrondissement d’El Fida), Brahim Bohoss (vice-président de l’arrondissement Mers Sultan) et Hassan Benomar (président de l’arrondissement Aïn Sebâa). «Nous refusons d’afficher les plans d’aménagement et nous refusons d’ouvrir l’enquête publique», s’accordent à dire sur un ton ferme les patrons des quatre arrondissements. «J’ai vu Sajid ce matin. Il nous soutient de façon inconditionnelle», affirme Hassan Benomar. En tous cas, la crise semble bel et bien installée. «On nous a fait la proposition de renégocier avec l’Agence urbaine les PA. Nous déclinons catégoriquement cette proposition. Pendant trois mois, nous ne faisons que rencontrer  les fonctionnaires de l’Agence, débattre des projets de plans, exprimer nos remarques et parapher des PV. En fin de compte, l’Agence a fait ce qu’elle veut», indique Abderrahim Outass, patron des Roches Noires. «Nous n’avons plus confiance en l’Agence urbaine. Nous demandons avec fermeté l’arbitrage du wali», précisent les présidents.
S’ils ne comptent pas se soustraire à la décision de l’arbitrage, ils continuent de dénoncer la mauvaise foi de l’Agence urbaine qui les aurait induits en erreur, les laissant formuler leurs propositions, sans toutefois les prendre en considération. Une «approche participative» assimilée à une mise en scène, selon Bohoss. Si l’on se réfère au plan de Mers Sultan, le nombre d’étages dans la majeure partie du quartier est limité à R+1 sans accès à la terrasse, alors que cette zone, dense en habitations menaçant ruine, disposait auparavant d’autorisations pour des R+3. «Où loger alors les familles habitant les niveaux supérieurs?», se demande un élu de Mers Sultan. Parmi les autres bizarreries reprochées au PA de cette zone, principalement sur le boulevard Oulad Ziane dont les niveaux ne dépassent pas R+1, «c’est l’autorisation qui avait été octroyée au groupe Chaâbi pour un R+9», ajoute-t-il. Pis encore, à Aïn Sebaâ, le nouveau PA compte carrément supprimer le zoo, icône du quartier, pour y mettre à la place un parc botanique… Tous les arrondissements, même ceux ayant adopté les PA, accusent ces plans d’irréalistes.
Apparemment, les élus contestataires ont bien appris la leçon de Sidi Othmane. En effet, le président de cet arrondissement a saisi par écrit les autorités de tutelle dénonçant toutes les promesses sans lendemain lui ayant été faites par l’Agence urbaine, les commissions technique locale et centrale. «Il n’y a jamais eu de réelle volonté de les respecter», indique un élu de Sidi Othmane. L’urbanisme concerté tant vanté par les autorités a échoué au premier test. Des allégations qui ne trouvent toujours pas d’échos auprès de l’Agence urbaine restée injoignable malgré l’insistance de L’Economiste.

Etapes

Le flou juridique complique la situation. En effet, c’est au président de la commune de démarrer la réalisation des documents d’urbanisme par la prise des arrêtés de mise à l’étude (étape première). Sur la base de ces arrêtés, l’administration (Agence urbaine) les élabore de concert, en principe, avec la commune (étape intermédiaire). Rien ne l’oblige, toutefois, à prendre ses avis au sérieux. Et c’est à la commune de dépenser des milliards de DH pour exécuter les plans (dernière étape). Une logique que les élus ont du mal à admettre car les villes sont contraintes de financer des «plans élaborés par des fonctionnaires qui, eux, ne sont pas assujettis à la reddition des comptes».

Ali JAFRY

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