×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Analyse

Crédit à l’économie
A qui a profité l’activité en 2012

Par L'Economiste | Edition N°:3959 Le 01/02/2013 | Partager
Ménages, industries alimentaires, activités touristiques, administrations locales…
Mais la croissance de 4,5% de l’activité est la plus faible depuis 2002
Beaucoup d’incertitudes quant à une forte reprise cette année

Avec une hausse de 4,5%, le crédit a évolué nettement en dessous des prévisions. Il faut remonter à 2002 pour relever une croissance moindre du crédit

LE crédit bancaire a augmenté de 4,5% en 2012 contre 8% anticipé en début d’année et 7% lors du dernier conseil de Bank Al-Maghrib. En déjouant l’ensemble des pronostics, l’activité du crédit enregistre sa plus forte baisse depuis 2002 où il avait progressé de 3%. Si la détérioration de la conjoncture a fortement contribué au ralentissement de l’activité, l’accès au crédit bancaire a été moins difficile pour les ménages. Le total des prêts accordés à cette clientèle a progressé de 7,6%. La demande n’a pas été trop affectée au niveau de cette clientèle, au contraire des entreprises où les prêts à l’équipement par exemple ont baissé de 2%. Celles-ci ont également vu le niveau de leurs impayés augmenter de plus de 15% l’année dernière. L’activité a été aussi moins soutenue au niveau des sociétés spécialisées et des associations de microcrédit. Ces dernières ont enregistré une envolée de 67% des créances en souffrance

 Les ménages mieux servis aux guichets bancaires
La montée du risque sur la clientèle des entreprises a dans un sens beaucoup profité aux ménages, surtout les particuliers et les Marocains résidents à l’étranger (MRE). L’encours des crédits accordés à cette catégorie de clients a crû de 9%, soit deux fois plus vite que la moyenne du marché. La hausse de l’activité a été principalement soutenue par les prêts à la consommation qui ont augmenté de près de 10% à 38,7 milliards de DH. Avec un encours de plus de 135 milliards de DH à fin 2012, les crédits à l’habitat ont progressé de 7%. Malgré la dégradation de l’environnement économique, la consommation des ménages est restée forte. La croissance globale des crédits aux ménages qui est ressortie à 7,6% en 2012 a été ralentie par la faible performance de l’activité au niveau des entrepreneurs individuels. Le total des prêts octroyés à cette clientèle est passé de 44 à 44,8 milliards de DH, soit une augmentation de 2%. Mais les entrepreneurs individuels étaient plus disposés à investir en 2012. Les prêts à l’équipement détenus sur ces derniers ont augmenté de 4,8% contre une baisse de 2% pour le marché. La progression des comptes débiteurs et crédits de trésorerie est également supérieure à celle du marché. Les crédits détenus sur les ménages ont dépassé 241 milliards de DH en 2012. Ils représentent 33,5% de l’encours global.

 Fortunes diverses pour les secteurs
L’activité de crédit au niveau des secteurs dépend de la demande exprimée par chaque secteur. Plus elle est importante, plus le crédit suit. Cependant, par branche d’activité, le ralentissement du rythme de progression de recours aux banques s’est reflété quasiment sur l’ensemble des secteurs. Les prêts alloués à l’industrie se sont accrus seulement de 3,2% en décembre 2012 en raison de la baisse des crédits accordés aux industries métallurgiques, mécaniques et électriques. A cela s’ajoute la décélération des prêts aux industries chimiques et parachimiques.
Le BTP voit pour sa part les crédits qui lui sont alloués baisser de 2,3% contre une hausse de 20,6% une année auparavant. Ce recul est attribuable au retard d’adoption de la loi de Finances et par conséquent  le lancement différé des chantiers de l’Etat et des marchés publics et privés. Même constat pour le secteur du commerce dont la progression des prêts n’atteint plus que 7,9% contre plus de 18% en décembre 2011.
Le secteur agricole n’est pas mieux loti. Les crédits qui lui sont accordés ont baissé de 1,4%.
Cela s’explique notamment par une année marquée par des conditions climatiques défavorables. Chose qui n’a pas empêché ce secteur d’investir. En atteste la progression de 11,1% des crédits d’équipement alloués.
L’électricité est le seule secteur qui a le plus profité du crédit en 2012. L’encours des prêts accordés pour cette filière s’est apprécié de près de 12%.  

 Les entreprises accumulent les impayés
Les créances en souffrance des entreprises ont augmenté de 15,3% à 20,5 milliards de DH en 2012. La hausse s’est limitée à 3,4% au niveau de la clientèle des ménages. La perspective d’une reprise de l’activité économique cette année permettrait aux entreprises de régulariser leur situation. En attendant, pour les établissements de crédit cotés, le coût du risque devrait augmenter de plus de 33% en 2012 à 4,3 milliards de DH selon les prévisions d’Upline. 
L’année dernière, la hausse des créances en souffrance est revenue à 9% en 2012 à 35,4 milliards de DH après un bond de 12% l’année précédente. Le resserrement des conditions d’octroi mais également la faiblesse de l’activité ont permis aux établissements de crédit de freiner la croissance des impayés. Les créances en souffrance pèsent 5% du total des crédits.

 Le crédit également au ralenti au niveau des autres institutions financières
En attendant de trouver le modèle économique pour résister à la déferlante des banques sur le crédit à la consommation, les sociétés spécialisées ont encore perdu du terrain en 2012. L’encours des prêts conso a reculé de 8,5% à 29,5 milliards de DH alors qu’il est en hausse de près de 10% au niveau des banques. En dehors de ce produit, les autres catégories se sont mieux comportées l’année dernière. Le crédit bail et les crédits d’affacturage ont progressé respectivement de 9 et 70,5%. Le total des prêts accordés par les sociétés de financement est ressorti à 95 milliards de DH, en hausse de 4%. En outre, elles limitent la progression des créances en souffrance à 0,5%.
Les impayés ont en revanche progressé de 67% au niveau des associations de microcrédit (AMC). Ils sont ressortis à 351 millions de DH, soit 7,5% du total des prêts accordés par les AMC. La forte hausse des créances en souffrance est expliquée par la poursuite de l’assainissement au niveau de certaines associations. Les statistiques de la Banque centrale laissent ressortir, à fin 2012, une légère hausse de 1% des crédits octroyés par les AMC à 4,6 milliards de DH.
Les banques offshores, elles, ont vu l’encours des crédits reculer de près de 12% à 13,6 milliards de DH. Les crédits de trésorerie qui ont chuté de 34,7% à 7,8 milliards de DH ont été les principaux contributeurs au recul de l’activité. En revanche, les prêts à l’équipement accordés par les banques offshores ont doublé d’une année à l’autre.
Franck FAGNON et Btissam ZEJLY

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc