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Evénement

Rapport de la Cour des comptes
La MAP navigue à vue

Par L'Economiste | Edition N°:3955 Le 28/01/2013 | Partager
Retour sur les couacs des exercices 2006-2010
Le statut juridique de la MAP à mettre à jour
Coordination: des directions qui se tournent le dos

Source: Cour des comptes

Ça c’est la meilleure: voir des juges faire la leçon à la très officielle agence Maghreb Arabe Presse (MAP)! Le rapport de la Cour des comptes a épluché ainsi les exercices 2006-2010 de l’agence d’information fondée il y a 54 ans par feu Mehdi Bennouna. Les magistrats se sont penchés sur «la stratégie et la ligne éditoriale» de la MAP en relevant des carences en matière de production notamment. «La direction de l’information ne dispose pas d’une approche claire pour la promotion (…) de l’image du Maroc à l’étranger, les bureaux internationaux se limitant à transmettre des dépêches», relève le rapport. Avec des cas critiques: le bureau de Barcelone a produit… zéro dépêche entre août et décembre 2010! Quant à l’extension de ses réseaux, l’agence «manque de visibilité» sur les critères de création et de référentiel pour l’affectation du personnel: 48% des bureaux fonctionnent avec un seul journaliste. La Cour des comptes relève aussi «la prédominance des informations officielles et institutionnelles et des traitements mono-source». Les magistrats enquêteurs citent comme exemple le débat autour de la révision constitutionnelle.  
Il s’avère également que même l’agence est victime de piratage. Ses dépêches sont reprises par des organes de presse sans qu’ils n’en mentionnent la source. Pratique qui «ne contribue pas à la valorisation de sa production». A son tour, la MAP lui arrive de ne pas citer les sources à la base de ses dépêches élaborées à partir de traduction ou de réécriture.
En matière de commercialisation de ses services, l’agence semble avoir du mal avec le marketing. Exemple: son plan 2011-2013 a accusé un retard de 18 mois par rapport au délai (3 mois).
Sans oublier le manque de concertation entre les directions de l’information et commerciale. Le rapport de la Cour des comptes cite le cas de la création du «fil sport».
Il y a aussi «les insuffisances dans le recouvrement des créances». Celles remontant à 1987 dépassent les 20,5 millions de DH et dont 77% sont dus par des établissements publics. Lesquels? Les juges ne les mentionnent pas.
En matière de gouvernance, la leçon est singulière. La MAP vit avec un statut périmé. Vu l’évolution technologique, certaines de ses missions sont dépassées. La composition de son conseil d’administration est à revoir: un tiers de ses membres sont des professionnels de l’information et seule la presse écrite est représentée. Des résolutions du conseil d’administration restent lettre morte. Les procès-verbaux 2005-2010, eux, font l’impasse sur certaines décisions... La Cour des comptes recommande ainsi de motiver les résolutions portant sur la fermeture ou l’ouverture des bureaux de correspondance.
Puis vient la gestion des dépenses: insuffisance dans le suivi et l’exécution des marchés. Pratique caractérisée par «un recours abusif» aux ordres d’arrêt et de reprise. La gestion des régies de la MAP pose également problème. Et ceci au même titre que la gestion des dépenses des correspondants.
Que pense l’agence de ce «réquisitoire»? Sa direction générale soutient qu’elle dispose d’un plan d’action (2012-2016 en fait) et qui a été approuvé par le conseil d’administration. Quant au rayonnement du Maroc, «la MAP accorde un grand intérêt à la communauté marocaine à l’étranger». En matière de ressources humaines, «le redéploiement (…) se fait via appel à candidature, commission de sélection…». Là aussi pas de chiffres. L’agence anticipe sur le projet de régionalisation. Après le pôle régional de Casablanca, seront créés en 2013 ceux de Fès-Meknès et de Marrakech-Safi. 
Concernant le traitement officiel de l’information, la DG défend une vision «strictement informative» au nom du «service public». Qu’en est-il de l’écho monocorde qui a primé durant la révision de la Constitution? «La MAP a ouvert un fil même aux partis politiques ayant boycotté le référendum. C’était une première nationale», argue le top management, qui reconnaît que le statut de l’agence est dépassé. 
Dans sa réponse à la Cour des comptes, le ministère de la Communication apporte un autre son de cloche: «La MAP a vu, entre 2009-2011, la succession de 3 directeurs généraux. Les actions engagées pendant cette période (…) n’ont pas été réalisées dans une vision unifiée». Un bâteau qui change de cap selon le profil de son capitaine en somme. Le ministère dresse ainsi une liste de ses actions entamées depuis 2011. La révision du statut de la MAP fait partie du Plan législatif 2012-2016. Une convention de mise à niveau a été signée avec, à la clé, 26 millions de DH.
Le conseil d’administration a adopté une procédure de nominations aux postes de responsabilité. Une étude de restructuration de la MAP a été lancée et un contrat-programme avec l’Etat est en cours de préparation. Espérons que cette réforme ne sera pas tuée dans l’œuf. L’épisode des cahiers des charges de l’audiovisuel public a démontré à quel point le changement fait peur.

 

Faiçal FAQUIHI

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