Courrier des Lecteurs

Courrier des Lecteurs

Par L'Economiste | Edition N°:3751 Le 29/03/2012 | Partager

Affaire Amina Filali: Faut-il changer la loi

La parole à la société civile
Le drame d’Amina Filali doit être le déclencheur du changement des lois. La société civile et notamment les associations de défense des droits de la femme ont l’occasion de faire pression sur le gouvernement Benkirane. La société marocaine ne peut continuer à tolérer l’existence de l’article 475 et de tous les autres textes de loi qui bafouent les droits de la moitié de la population marocaine. Mais il ne faudrait pas compter sur le soutien de Bassima Hakkaoui, la ministre PJD de la Solidarité, de la femme, de la famille et du développement social. Il faut se mobiliser pour rendre justice à toutes les «Amina du Maroc» et supprimer ces lois qui font honte à notre pays. Avec la Moudouwana, on a cru faire un pas un avant… aujourd’hui, après le suicide d’Amina, on en a fait 100 en arrière. L’affaire a été médiatisée en dehors des frontières du Royaume et l’on décrit le Maroc comme un pays aussi archaïque que l’Arabie saoudite. Il faut agir pour prouver le contraire et que notre pays est vraiment arrimé à la modernité. Ne baissons pas les bras!
B. B.

Printemps des femmes
J’ai lu dans votre édition du lundi 26 mars, en page 37, que les femmes marocaines réclamaient leur printemps dans un débat organisé sur l’affaire Amina Filali. Je suis tout à fait d’accord avec elles car maintenant il faut avoir le courage de dire clairement les choses. On ne peut plus se contenter de petites mesures qui font croire aux femmes qu’elles ont acquis certains droits. Il faut oser aller jusqu’au bout et donner à la femme marocaine la place qu’elle mérite dans notre société. Il faut arrêter de faire des lois qui «respectent les traditions». Et j’approuve l’idée de Nourdine Ayouch d’instaurer une justice indépendante de la religion. La foi relève du domaine privé et ce n’est pas en mettant en place des lois civiques que l’on détruira la religion. Prenons l’exemple de l’Italie: les Italiens sont très pratiquants, l’Eglise est omniprésente mais les lois se sont adaptées à l’évolution de la société. 
G. H.

Trop de contradictions!
Ce ne sont pas les femmes seulement qui vont réagir contre l’article 475 du code pénal mais les hommes aussi, puisque c’est de la folie d’avoir cette contradiction avec les textes de la Moudawana qui interdisent les mariages des mineurs, sauf en cas d’intervention du juge. Bien sûr qu’il faut changer la loi et le drame d’Amina doit servir de leçon au législateur. Une société qui condamne ses filles à épouser leurs violeurs ne peut être saine et viable.
S. J.

Réparer ce qui est réparable
Après le suicide au nom de l’islam, le suicide pour immigrer, le suicide pour emprisonnement et le suicide pour l’emploi, nous voici devant une nouvelle raison pour se suicider: des lois injustes. Des lois jamais dénoncées, mais qui sont là et qui régissent nos vies. L’affaire Amina Filali a permis de pointer du doigt les failles de notre système juridique. 
Mais qu’est-ce qu’on n’a pas encore entendu comme bêtises! Un mouvement voulait annuler tous les jugements basés sur cette loi, rappeler les violeurs et les envoyer en prison. Non, le suicide n’est pas une manifestation face à une administration, n’est pas une réclamation, ce n’est même pas une protestation. C’est un drame personnel, lié à la famille, à la société, à la religion, à l’éducation, à la santé et à je ne sais quoi encore. Ce n’est pas parce qu’Amina s’est suicidée qu’on va jeter à la poubelle une loi par laquelle les juges essayent de réparer ce qui est réparable, c’est-à-dire éviter à des gamines de se faire jeter à la rue, et à des garçons de se retrouver en prison.
Avant de demander son abrogation, il faut trouver mieux, en pensant d’abord à nos campagnes, là où les suicides et les assassinats ne sont même pas rapportés par la presse.
R. F.

Scandaleux !
R. F., vos propos sont scandaleux! Comment pouvez-vous trouver des excuses à des lois pareilles, trouver raisonnable et juste que l’on puisse autoriser un violeur à réparer sa faute (ou plutôt son crime) en épousant sa victime et éviter ainsi la prison. Si cela arrivait à l’une de vos filles ou sœurs, diriez-vous la même chose? On est au XXIe siècle et non plus au Moyen-Age. Réparer ce qui est réparable, ce que vous dites est tout simplement honteux. 
S. E.

 

Fonction publique: Les salaires au mérite?

Une utopie! 
Payer les fonctionnaires au mérite! Quelle idée et c’est pratiquement impossible dans nos administrations. Au contraire ça va ouvrir la porte aux plus favorisés, et le pauvre citoyen doit non seulement fournir beaucoup d’efforts, mais en plus être au service de son supérieur, s’il veut vraiment être méritant. Autrement dit, c’est donner l’opportunité et l’occasion aux supérieurs pour favoriser leurs proches (familles, relations amicales, intérêts communs ,etc...) et le pauvre restera à sa place comme d’habitude !
M. M.

Performance des fonctionnaires
C’est un objectif à long terme.  Car, pour mesurer la performance d’un fonctionnaire, il faut appliquer une démarche qui commence par la formalisation des procédures et se termine par la définition précise des taches de chacun. Ce qui n’existe pas aujourd’hui dans la majorité écrasante des administrations.
T. M.
Oui, mais…
Je suis pour un système de rémunération équitable qui reconnaît le mérite. Mais ce n’est pas le seul élément qui garantira l’épanouissement du salarié et par là une meilleure productivité. Certes, nos fonctionnaires sont sous-payés mais ce n’est pas à cause de cela uniquement qu’ils sabotent leur travail. Plusieurs éléments y interviennent:
- L’inadéquation entre le profil et le poste occupé;
- L’absence d’une gestion de carrière;
- Le manque de valorisation du travail par le supérieur hiérarchique;
- La subjectivité dans les nominations;
- La quasi-absence des cycles de formation continue …
C ‘est pourquoi, j’interpelle les départements RH de tous les ministères et administrations publiques à privilégier la mise en place d’une politique de gestion des ressources humaines inspirée de quelques entreprises privées qui ont réussi à faire de leur capital humain le levier de leur développement.
C. K.

 

Agréments: Un systeme juste?

Inégalité
Personne ne peut considérer ce système comme juste. Il favorise toujours les mêmes, sauf dans certains cas. Il maintient aussi une économie de rente qui n’est pas du tout productive pour le pays. Les bénéficiaires ne paient même pas d’impôts sur cette rente et ce sont donc des rentrées d’argent en  moins pour les caisses de l’Etat.
F. E.

Ere féodale
Le ministre a eu raison de publier la liste des bénéficiaires d’agréments, car son action va dans le sens de la transparence. Ceci dit, le système d’obtention des agréments fait penser à un système féodal. Il est incompréhensible de donner une licence d’utilisation à une personne ou une famille qui n’a aucune activité liée à l’objet de ladite licence?! C’est comme si on donnait le permis bateau à un manchot! La licence doit aller à la personne (physique/morale) qui va l’utiliser dans l’exercice de son activité. La licence doit rester sous condition pour pousser le professionnel à respecter les critères qualité et les engagements de la profession. Ce qui se passe aujourd’hui, c’est tout simplement du passe-droit. Le Maroc a encore un long chemin avant de s’inscrire réellement dans la modernité. L’agrément des transports doit faire penser à d’autres pratiques telles que les terres ou fermes publiques offertes à tel ou tel alors que le bénéficiaire ne saura même pas traire une vache ou respecter l’engagement écologique...! 
A. A.

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