×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Politique

    Dialogue social: Un «délai de grâce» pour Benkirane

    Par L'Economiste | Edition N°:3684 Le 23/12/2011 | Partager
    L’objectif est de lui permettre de mieux connaître les dossiers
    L’institutionnalisation du dialogue social, «impératif pour éviter les grèves», selon les syndicats

    Si Benkirane a déjà reçu certains dirigeants syndicaux comme Moukharik ou Chabat juste après sa désignation, les centrales réclament néanmoins une réunion après l’installation officielle du gouvernement pour formuler leurs doléances de manière plus détaillée

    LE gouvernement Benkirane subira-t-il la même tension sociale qui a rythmé le mandat de son prédécesseur? Santé, justice, collectivités locales… les débrayages récurrents dans les différents secteurs ont paralysé à plusieurs reprises les services publics, et c’est le citoyen qui est pris en otage dans ce bras de fer entre le gouvernement et les centrales syndicales. Mais si la grève est un droit constitutionnel, garanti par l’article 29 de la nouvelle Constitution, les syndicats n’ont pas fait preuve de modération dans le recours à ce mode de pression. Or, «la grève peut s’avérer nuisible même pour les syndicats», concède Mohamed Yatim, SG de l’UNTM. Pour lui, certains syndicats «optent pour la grève comme une fin en soi, alors que d’autres l’exploitent à des fins politiques». Reste qu’il s’agit plutôt d’un moyen de pression pour la réalisation d’objectifs sociaux. D’où l’importance d’un dialogue social institutionnalisé, «qui est resté jusque-là un simple slogan loin d’être concrétisé», estime Yatim.
    Les différents syndicalistes estiment que le dernier «round d’avril était globalement satisfaisant». Sauf que certains engagements «restent toujours en suspens», tempèrent-ils. Des syndicalistes avaient souvent pointé du doigt l’absence de mécanismes garantissant l’efficacité du dialogue social. En clair, ils estiment que «le Premier ministre n’avait pas de pouvoir sur les établissements et les entreprises publics». Ce qui n’est plus le cas depuis l’adoption de la nouvelle Constitution. L’article 89 précise que le chef du gouvernement «dispose de l’administration, supervise les établissements et les entreprises publics et en assure la tutelle». Les réunions avec le gouvernement sortant ont permis d’avancer sur certains points, notamment en mettant en place un calendrier fixe avec deux rounds annuels en avril et en septembre. L’idée actuellement est d’avancer sur d’autres points comme «la définition d’un ordre du jour précis afin de faciliter l’aboutissement à des résultats concrets», avance Abderrahmane Azzouzi, SG de la FDT. Cette question de méthodologie du travail figurait dans les programmes électoraux de certains partis, notamment l’Istiqlal dont les dirigeants avaient proposé une méthode inédite. Il s’agit de «fixer un montant issu de la croissance annuelle réalisée qui sera alloué au dialogue social. Les négociations avec les syndicats permettront de définir les secteurs ou les dossiers à régler sur la base de ce montant». Pour l’instant, les syndicats se plaignent du non-respect du calendrier du dialogue social. Le round de septembre n’a pas été tenu. Mais le contexte politique marqué par l’adoption de la nouvelle Constitution et l’organisation d’élections anticipées est certainement la cause de l’annulation de ce round. Les syndicats ne semblent pas l’entendre de cette oreille. «Nous avons envoyé une lettre au chef du gouvernement pour lui rappeler nos revendications, car nous ne traitons pas avec des personnes, mais avec des institutions», fait savoir Azzouzi. Abbas El Fassi semble ne pas avoir donné suite à cette requête, et c’est son successeur qui va hériter de ce dossier. Benkirane devra néanmoins bénéficier d’un «délai de grâce afin qu’il puisse disposer des outils de travail», précise Yatim. Il s’agit d’une «tradition que nous avons toujours respectée à l’UMT, car il faut que le nouveau gouvernement ait le temps de prendre connaissance des dossiers et préparer son programme», souligne Miloudi Moukharik, SG de l’UMT. «Nous allons d’abord nous y mettre par la force de l’argument. Mais si nous constatons qu’il n’y a pas d’écoute, nous allons passer à la force de pression», fait-il savoir. En clair, après le délai de grâce, si l’équipe de Benkirane ne se montre pas efficace, les grèves pourront repartir de plus belle. Le chef du gouvernement, qui a tenu à rencontrer certains dirigeants syndicalistes comme Miloudi Moukharik ou Hamid Chabat juste après sa nomination, est conscient de la complexité de la tâche. Lors de ces rencontres, «même s’il s’agissait d’une visite de courtoisie, nous avons tenu à rappeler au chef du gouvernement les principaux dossiers syndicaux», fait savoir Azzouzi. L’idée est de garantir l’engagement du nouveau chef de l’exécutif à mettre en œuvre les accords conclus avec son prédécesseur. Il s’agit de certaines questions liées notamment aux «indemnités pour l’affectation dans des régions difficiles, la signature de certaines conventions internationales relatives aux droits des travailleurs, la mise en place du statut de la fonction publique…», insiste Azzouzi. Globalement, les attentes des centrales syndicales s’articulent autour du «respect de la liberté syndicale et l’amélioration des conditions de vie et de travail des citoyens».
    La liberté syndicale fait toujours l’objet de débats car «jusqu’à aujourd’hui, des syndicalistes, notamment ceux de l’UMT, sont licenciés à cause de leur engagement syndical», déplore Moukharik. C’est pour cela qu’il faut «veiller à une application stricte des dispositions du code du travail afin de limiter les cas d’abus», avance Yatim. Le 2e volet est relatif à l’amélioration des conditions de vie et de travail des citoyens. Cela concerne l’augmentation du pouvoir d’achat des travailleurs via la hausse des salaires, la baisse des impôts, notamment l’IR, mais aussi la réforme des caisses de retraite.

     

    Propositions


    SMIG à 3.000 DH, hausse du revenu individuel de 40%... les promesses électorales du parti du chef du gouvernement s’avèrent difficiles à respecter vu la conjoncture économique morose qui plane sur l’économie nationale et sur les principaux partenaires du Maroc. Ce contexte de crise rendra difficile la réalisation d’un taux de croissance permettant de concrétiser ces engagements. Pour l’instant, les syndicats attendent l’annonce du programme gouvernemental qui résultera d’un compromis entre les alliés de la coalition gouvernementale et qui ne va pas forcément reprendre toutes les promesses électorales du PJD. Entre-temps, les syndicats ont déjà préparé quelques propositions qu’ils vont introduire dans leurs mémorandums revendicatifs, notamment des questions liées à «la méthodologie des négociations, de résolution des conflits ainsi que de l’assainissement des relations entre les partenaires sociaux, qui restent encore basées sur la méfiance», selon Moukharik.

     

    Promesses


    LES centrales syndicales sont en train d’actualiser leurs doléances «à la lumière des évolutions politiques, économiques et sociales». Les ambitions affichées par le parti de Benkirane dans son programme électoral les ont poussées à revoir leurs copies. Le syndicat proche du parti islamiste réclame la mise en œuvre «des dispositions du programme du PJD, notamment celles relatives au volet social». Le PJD a placé haut la barre en promettant d’augmenter le revenu individuel de 40% durant les 5 prochaines années, parallèlement à l’allègement du poids fiscal sur les revenus faibles et moyens. Le Smig sera fixé selon les promesses du parti de Benkirane à 3.000 DH de même que la pension minimum de retraite à 1.500 DH. Les syndicats ont réclamé une réunion avec le chef du gouvernement après l’installation officielle du nouvel exécutif. L’objectif est de «présenter des revendications plus détaillées».

    Mohamed Ali MRABI

    Retrouvez dans la même rubrique

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc