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    Régions

    Fès/tanneries
    Une nouvelle unité pour désengorger la médina

    Par L'Economiste | Edition N°:3684 Le 23/12/2011 | Partager
    Lancée incessamment, elle coûtera 42 millions de DH et bénéficiera à 350 artisans
    Elle remplacera les tanneries actuelles qui se trouvent en ville
    Conditions de travail, promotion, rendement… en priorité

    Fini les odeurs nauséabondes. La future tannerie de Aïn Nokbi remplacera celles de Guerniz Sidi Moussa et Aïn Azliten situées actuellement en médina

    LES travaux de construction de la nouvelle tannerie d’Aïn Nokbi seront lancés incessamment. Celle-ci coûtera 42 millions de DH et bénéficiera à 350 artisans-tanneurs. «Elle remplacera les tanneries de Guerniz Sidi Moussa et Aïn Azliten en médina», soulignent les initiateurs du projet. Implantée dans le quartier des tanneurs, la future tannerie «offrira un espace moderne permettant d’améliorer les conditions de travail des tanneurs, de développer la qualité des produits, d’augmenter les revenus des artisans, de créer de nouvelles opportunités d’investissement et d’emploi et de renforcer l’attractivité de tels espaces artisanaux», promettent-ils.
    Les responsables et acteurs du secteur y voient aussi un facteur de promotion de l’équilibre du circuit de production au sein de la zone d’Aïn Nokbi. Le projet vise aussi la contribution à la création d’un pôle artisanal englobant, outre les 235 unités de production, un nouveau marché de cuir et une tannerie traditionnelle. L’architecture de cette tannerie prévoit, entre autres, 600 cuves, 5 puits, 150 ateliers, trois foundouks, un marché des peaux (souk jald), un café, un centre de soins, et une salle d’exposition des produits. L’ensemble de ces dépendances se fera en parfaite harmonie avec ce que veulent les artisans, c’est-à-dire un espace de travail qui assurera la qualité des productions et leur commercialisation, la sécurité des travailleurs et de leurs clients et le transport. En effet, la réalisation de cette tannerie s’inscrit dans le cadre du Programme du développement régional de l’artisanat (PDRA) et la Vision 2015 validée devant le Souverain le 20 février 2007. Elle entend insuffler une nouvelle dynamique au secteur du cuir. Parmi les partenaires de ce projet figurent d’ailleurs le secrétariat d’Etat en charge de l’Artisanat, les conseils communal et préfectoral et la Confédération des chambres d’artisanat. Partenaire également dans tous les projets d’envergure, la wilaya a, dores et déjà, et vu l’état de délabrement des deux tanneries en exercice (Sidi Moussa et Aïn Azliten) validé un arrêté d’évacuation afin d’éviter la perte de vies humaines. Environ 350 tanneurs travaillent, en effet, le cuir dans les deux tanneries visées par la décision de fermeture. Avec une activité en perte de vitesse, ces derniers tablent sur l’appui du gouvernement pour enclencher la nouvelle dynamique nécessaire au secteur. Historiquement, les deux sites de production existent depuis au moins 50 ans. L’attachement des artisans qui y travaillent depuis des décennies sera dur à surmonter. D’autant plus que bon nombre d’entre eux se disent circonspects par rapport au recasement. Pour les convaincre, les initiateurs de la future tannerie leur ont promis une conception moderne tout en respectant leurs avis afin de leur réaliser un quartier «sur mesure». A signaler que la livraison de la tannerie est prévue dans un délai de 18 mois.
    D’une superficie de 5.000 m2 dont 1.800 m2 couverts, la future tannerie devrait rompre avec toute pratique pouvant mettre en danger la santé des artisans. Ces derniers y auront le droit à une meilleure qualité de vie, au transport en commun, à l’hygiène et à la sécurité. Pour le département de l’Artisanat, le soutien de cette activité permettra de préserver l’emploi et sauvegarder un pan important de l’artisanat national. Et c’est dans ce sens que la tannerie Chouara, située dans le quartier Blida, avait bénéficié d’un plan de sauvegarde en 2010. Attirant plus de 90% des visiteurs marocains et étrangers, celle-ci a été restaurée grâce à un investissement de 11,5 millions de DH. Pour 2011, les projets structurants du secteur de l’artisanat à Fès avancent à grands pas. Il s’agit notamment du projet d’Aïn Nokbi, qui vise à déplacer les activités polluantes de dinanderie de la place Lalla Yeddouna dans la médina vers ce nouveau site. Situé dans la partie nord-est de la ville de Fès, sur la rive droite de l’Oued El Jawahir, ce chantier porte sur l’aménagement et l’équipement d’une zone de production dédiée aux dinandiers exerçant actuellement leur activité sur la place Lalla Yeddouna. Selon la délégation régionale de l’artisanat, 90 unités ont été déjà construites ou en cours de l’être, ce qui représente près de 40% de l’ensemble projeté.

     

    Lalla Yeddouna aussi


    L’expropriation et l’indemnisation des derniers propriétaires des biens immobiliers de la place Lalla Yeddouna sont prévues pour février prochain. Financé grâce à un don de «Millennium Challenge Corporation» (MCC), l’aménagement de cette place historique et ses alentours devra durer 14 mois de travaux et près de 17,5 millions de dollars. L’objectif est de transformer cette place en un centre urbain à usage éducatif, artisanal, commercial et d’habitation, susceptible d’en faire un catalyseur important pour le développement artisanal et touristique de toute la médina.


    De notre correspondant,
    Youness SAAD ALAMI

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