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    Europe

    Crise euro: 2012, année-clé pour rétablir la confiance

    Par L'Economiste | Edition N°:3684 Le 23/12/2011 | Partager
    L’urgence est dans les besoins de financement
    Une autre manière de sortir de la crise des dettes publiques
    Vers un rééquilibrage entre le Nord et le Sud

    SELON toute vraisemblance, 2012 devrait être encore dominée par la crise des dettes souveraines dans la zone euro. Les risques apparus en 2011 seront encore d’actualité: récession économique, explosion de la zone euro, dégradation des notes, traité européen, soutien du FMI, l’aide de la BCE… autant de thèmes qui s’imposent dans l’agenda des dirigeants européens. Et ce n’est pas un hasard qu’un autre sommet est prévu pour le 30 janvier prochain. Lors des précédentes réunions, l’UE s’est dotée d’un fonds de stabilisation financière, d’un mécanisme européen de stabilité outre un Pacte euro qui visent à renforcer les efforts en compétitivité, en emploi et en stabilité financière. Rien qu’en décembre (8 et 9), un accord a été signé, rappelons-le, par 26 Etats membres sur la négociation d’un nouveau traité créant une union budgétaire. Et c’est un thème qui sera abordé tout le long du 1er trimestre 2012.
    Le volet des financements revient aussi en priorité. Les pays de l’union monétaire européenne devront emprunter quelque 800 milliards d’euros pour financer leur dette. Ils devront s’approvisionner auprès d’investisseurs (assurances, banques...). Mais ces mêmes investisseurs restent pour le moment dans l’expectative d’autant plus qu’ils n’ont plus confiance dans l’euro.
    Des doutes alimentés aussi par les menaces des agences de notation qui mettent l’ensemble des pays de la zone euro dans le même panier. Il est ainsi urgent de chercher des fonds pour répondre aux besoins de financement de l’union monétaire. Le coup porté à l’euro sera désastreux si la contagion des pays comme l’Irlande, la Grèce, le Portugal, l’Italie atteint les grandes économies du sud de l’Europe. Même l’Allemagne, érigée en modèle de rigueur, se retrouvant surveillée par les agences de notation.
    Ceci dit il faut chercher une autre manière de sortir de la crise des dettes publiques de la zone euro. Patrik Artus, responsable de la recherche économique chez Natixis, explique que «la technique qui va être utilisée pour sortir de la crise des dettes publiques de la zone euro est maintenant claire». Et elle passe d’abord par une réduction rapide des déficits publics dans les pays où ils sont excessifs et sont difficiles à financer (Grèce, Portugal, Irlande, Espagne, Italie, France, Belgique) puis par un passage à une discipline budgétaire stricte dans tous les pays, y compris ceux (comme l’Allemagne) où il n’y a pas de problème de financement des déficits publics. En clair, cela va d’une adoption de règles très strictes de politique budgétaire (règle d’or ou frein à la dette: interdiction des déficits publics structurels).
    L’économiste Artus détaille ses propos: «probablement, ces politiques expliqueront que les marchés financiers retrouveront confiance dans les pays de la zone euro, même si c’est un processus long et que d’autres crises de liquidité peuvent survenir tant que la confiance des investisseurs n’est pas rétablie». Mais le coût en croissance et en emplois de ces politiques est très grand : partout réduction des déficits publics et amplification des effets récessifs par le commerce entre les pays de la zone euro. Un autre constat. «Le problème de financement est lié à l’arrêt des prêts des pays du Nord de la zone euro au Sud de la zone euro. Il est donc dû aux excédents et déficits de la balance courante de ces deux régions», signale l’expert financier. Il propose d’ailleurs dans son étude des solutions. L’une d’elle consiste à faire disparaître le déficit extérieur du Sud de la zone euro par des politiques restrictives. Ce qui est difficile puisque en même temps, le Nord mène aussi des politiques restrictives, donc augmente ex ante son excédent extérieur.

     

    Rééquilibrage


    UNE politique plus efficace consisterait à ce que chaque moitié de la zone euro contribue au rééquilibrage. Le Nord en menant des politiques expansionnistes pour faire disparaître une partie de son excédent (ce qu’il fait partiellement avec une hausse des salaires plus rapide). Le Sud en menant des politiques restrictives mais qui pourraient être moins rigoureuses puisque les politiques économiques du Nord auraient réduit en partie le déficit du Sud. De l’avis de l’expert, on aurait pu ainsi rééquilibrer les balances courantes du Nord et du Sud de la zone euro pour un coût global bien moindre en activité. Reste que les difficultés sont connues : absence de volonté de coordination des politiques économiques, volonté de faire disparaître les déficits publics dans les pays du Nord de la zone euro et désindustrialisation très poussée de certains pays du Sud de la zone euro (France, Espagne, Grèce) qui profiteraient peu d’une relance dans le Nord donc conserveraient un besoin de financement extérieur.


    F. Z. T.

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