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    Economie

    Profil des ONG: Jeunes, peu équipées et pauvres

    Par L'Economiste | Edition N°:3684 Le 23/12/2011 | Partager
    Dans une enquête, le HCP décrypte les associations à but non lucratif
    45.000 ONG opèrent au Maroc avec des fortunes diverses
    La majorité n’a ni moyens humains, ni ressources financières

    En 2007, les ONG ont dépensé 5,9 milliards de dirhams. Ce qui correspond à 66% de leurs ressources

    Elles sont jeunes, concentrées dans les régions de Rabat-Salé- Zemmour-Zaer et de Souss-Massa-Draâ, à rayonnement local, et elles privilégient les actions de proximité. Le Maroc compte 145 associations pour 1.000 habitants contre 1.749 en France par exemple.
    C’est ce qui ressort d’une enquête sur les «institutions sans but lucratif» réalisée par le Haut commissariat au plan et publiée jeudi 22 décembre. Le HCP prend l’année 2007 comme référence dans son travail qui tente de cerner le profil du monde associatif. Celui-ci est confronté à de nombreuses contraintes dont le manque d’équipement, une gestion peu professionnelle ou encore l'indisponibilité des bénévoles.
    L’enquête relève ainsi que 80% des associations ont été créées entre 1997 et 2007 et 4 sur 10 depuis le lancement de l’Initiative nationale de développement humain (INDH). Ce dispositif mis en place en 2005 préconise une meilleure coordination entre les interventions sectorielles tout en intégrant les initiatives sociales locales. Les associations ont été donc encouragées et ont servi de relais aux activités et aux micro-projets de proximité avec les populations. Le secteur associatif a attiré plus de 15 millions d’adhérents dont un tiers des femmes. Mais le plus gros des adhésions (57,3%) est concentré sur une poignée d’ONG, les 6,8% les plus importantes. En revanche, plus de la moitié d’entre elles compte moins d’une centaine de membres.
    L’enquête du HCP permet aussi de lever le voile sur les ressources financières et les dépenses des associations (voir info). En 2007, elles avaient mobilisé 8,8 milliards de dirhams. Un montant qui reste faible compte tenu de la taille du tissu associatif, soit près de 45.000 structures. Les chiffres relevés sont assez éloquents: une association sur cinq fonctionne avec un budget annuel de moins de 5.000 DH, une sur trois avec moins de 10.000 DH et seules 5,4% disposent d'un budget de plus de 500.000 DH. Celles dont le budget dépasse un million de dirhams représentent 2,5%.
    Côté financement, la plupart vivent de cotisations d’adhérents surtout pour les plus petites (celles dont le budget n’excède pas 10.000 dirhams). En revanche, les contributions des membres ne représentent que 4,3% des ressources des structures qui disposent de budgets au-dessus de 10 millions de dirhams. Ce sont aussi celles qui ont la capacité de lever des fonds grâce à la qualité de leur réseautage. A côté de cette rareté «des ressources», les associations méconnaissent les règles de gestion puisque 94,7% d’entre elles ne tiennent pas de comptabilité.
    Ces structures, dont l’offre de service n’est pas exclusive aux adhérents, souffrent aussi d’insuffisances d’équipements essentiels. Elles sont faiblement équipées en matériel informatique et 7% seulement sont connectées à internet. «Moins d'une association sur cinq dispose d'un ordinateur et même lorsqu'elles en disposent, leur nombre ne dépasse pas deux dans plus de 72% des cas», note l’enquête. Le taux d'équipement varie en fonction du domaine d’activité: de 11,4% pour les associations œuvrant dans l'«environnement» à 34,3% pour celles opérant dans: «droit, défense des citoyens et des consommateurs et politique». Mais même si elles exercent dans des conditions difficiles, les associations sont peu attirées par l’opportunité qu’offre la mutualisation des moyens: plus de huit sur dix ne sont affiliées à aucun réseau et 87,7% d’entre elles agissent seules sans recourir au partenariat. Seules 7,9% des associations ont établi des partenariats avec l’Etat ou des établissements publics et 2,7% avec les collectivités locales. Les partenariats avec l’étranger sont noués par 1,5% des associations.
    Par rapport aux ressources humaines, les associations sont également confrontées au manque de bénévoles. En tout cas, plus de la moitié d’entre elles trouve des difficultés à les mobiliser ou à convaincre ceux déjà engagés de rester. Et ce, sachant que 7 associations sur 10 en dépendent totalement. «En 2007, le secteur associatif a mobilisé près de 352.000 bénévoles pour 96 millions d'heures de travail, soit l'équivalent de 56.524 emplois à temps plein», note le HCP.
    Le secteur associatif mobilisé 33.846 emplois rémunérés en équivalent temps plein et si on tient compte de l’emploi bénévole, sa part dans l'emploi global au Maroc est de 0,9% en 2007.
    Khadija MASMOUDI

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