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Société

Après Oslo, le drame de Liège

Par L'Economiste | Edition N°:3678 Le 15/12/2011 | Partager
L’hypothèse terroriste très vite écartée
Nordine Amrani, bien connu des services de police
Les failles du système judiciaire belge pointées

A 12h30 mardi, Nordine Amrani a lancé des grenades sur la place Saint-Lambert de Liège et a tiré sur la foule avant de se donner la mort

LA Belgique est en état de choc, après la terrible tuerie qui s’est déroulée mardi à Liège, cette ville située au sud du pays et également connue sous le nom de «la cité ardente». Le bilan de cet acte criminel et odieux est très lourd. Cinq personnes sont déjà décédées et pas moins de 125 blessés ont été admis dans les différents hôpitaux de la ville. De plus, cinq autres personnes parmi ces blessés sont toujours dans un état critique.
Retour sur les faits. Mardi vers 12h30, un individu armé commence à lancer des explosifs sur la place Saint-Lambert, en plein centre de Liège, plus précisément sur la plateforme qui surplombe la gare routière. A cette heure, il y a du monde en ville. Heureusement, le marché de Noël est fermé à cause des mauvaises conditions climatiques. Les gens courent dans tous les sens, se réfugient dans les commerces avoisinants. C’est la panique générale. «Je peux vous dire que lorsque les explosions ont retenti, tout le monde s’est mis à crier. Un policier est apparu devant ma voiture, arme à la main et m’a crié plusieurs fois, ainsi qu’aux autres automobilistes présents, de faire demi-tour et de dégager. Un coup d’œil sur ma droite et deux personnes étaient étendues sur le toit du tunnel des bus», raconte un témoin. Armé d’un fusil d’assaut Kalachnikov, l’homme tire ensuite sur la foule, et ce durant une heure environ.
Dès 12h50, la police boucle et évacue le centre de Liège. Un hélicoptère de police survole également la ville. A 14h, deux hommes sont déjà morts et un bébé de deux ans est entre la vie et la mort. L’un des hommes est le tueur Nordine Amrani, qui se serait donné la mort. A ce moment, le bilan est porté à 47 blessés et des ambulances arrivent en renfort d’autres provinces pour les évacuer. La plupart sont des jeunes de 15 à 20 ans, qui sortaient de l’école. Aux alentours de 17h, le bilan officiel est porté à 4 morts et 75 blessés. Le roi Albert II et la reine Paola arrivent à ce moment-là, sur place, à Liège. Ils adressent un message de soutien aux familles de victimes et rejoignent la cellule de crise conduite par le nouveau Premier ministre Elio Di Rupo. «Il n’y a pas de mots pour exprimer cette tragédie. Nos pensées vont d’abord aux victimes innocentes de ce drame, ainsi qu’à leurs familles et leurs proches, mais aussi à toutes les personnes présentes sur les lieux et aux Liégeois et Liégeoises. Le pays tout entier partage leur peine», a déclaré le Premier ministre. En début de soirée, un nouveau bilan fait état de 125 blessés et hier matin une cinquième personne a été retrouvée morte dans un hangar appartenant au tueur, portant le nombre de morts à 5.
Très vite, l’hypothèse terroriste a été émise. Au départ, l’on a même cru à une attaque perpétrée par plusieurs individus. Le chiffre de trois tueurs a été avancé par la police. Cependant, cette thèse sera ensuite assez vite abandonnée. «Selon les informations disponibles, il s’agit bien d’un acte isolé qui est le fait d’un homme seul, mais ni d’une attaque terroriste, ni d’un attentat», a souligné le Premier ministre. Des paroles qui n’ont cependant pas suffi à apaiser les gens. L’incompréhension et la colère étaient grandes au sein de la population. Les réseaux sociaux ont été pris d’assaut par nombre de citoyens outrés, appelant même à la haine. Les failles du système judiciaire belge étaient régulièrement pointées du doigt. D’autres tentaient pour leur part de calmer le jeu.
Malgré la colère, la cité ardente s’est réveillée hier dans le calme. La gravité et la tristesse se lisaient sur les visages, mais la ville fonctionnait presque normalement. En signe de deuil, une minute de silence a été respectée. Mais les Liégeois savent qu’il leur faudra encore attendre les résultats de l’enquête pour mieux comprendre ce qui leur est arrivé…

Qui est Nordine Amrani?

NÉ le 15 novembre 1978, Nordine Amrani est bien connu des services judiciaires belges. En septembre 2008, il avait été condamné à 58 mois de prison pour association de malfaiteurs. Il était alors en possession de 10 armes, 9.500 pièces d’armes et de 2.800 plants de cannabis. Il est également connu pour faits de menace, mais pas pour terrorisme. Mardi matin, le tueur domicilié rue de Campine, non loin de la place Saint-Lambert, était convoqué dans un service de police pour une audition. Il ne s’est pas rendu à ce rendez-vous. Armé de grenades, d’un pistolet et d’un revolver, il s’est rendu sur la place Saint-Lambert.

De notre correspondante, Marie-Noëlle RASSON

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