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Politique

Enquête au cœur de l’Istiqlal
Le parti vacille mais tient bon

Par L'Economiste | Edition N°:3627 Le 30/09/2011 | Partager
L’Istiqlal garde néanmoins plusieurs jokers à commencer par son organisation
Le parti conduit une majorité en déconfiture

Abbas El Fassi et d’autres ministres istiqlaliens se sont retrouvés au cœur du cyclone depuis le lancement du mouvement 20 février. Pancartes, slogans vindicatifs… tous les moyens ont été utilisés pour décrier les échecs du gouvernement El Fassi

«Abbas dégage!» Un slogan porté par les manifestants du mouvement 20 février dès les premières marches. Le SG du PI ainsi que d’autres membres de son parti et ministres dans le gouvernement qu’il conduit ont fait l’objet d’attaques virulentes de la part des manifestants, mais aussi de la part de certains partis de l’opposition. Certains sont même allés jusqu’à réclamer la destitution de l’actuel gouvernement. Ils critiquent «le bilan négatif du gouvernement El Fassi», et les critères de nomination à certains postes de responsabilité, «plus déterminés par les liens de parenté que par la méritocratie», selon des observateurs. L’élection d’Abbas El Fassi à la tête du parti cristallise cette problématique liée à «l’adoption de la logique de la légitimité historique, et l’influence de certaines familles, au détriment des critères de compétence», souligne Driss Lagrini, professeur de sciences politiques à l’Université Qadi Ayyad à Marrakech. D’autres figures du parti ont été également au viseur des mécontents du bilan gouvernemental. Yasmina Baddou, Karim Ghellab, Taoufiq Hejira… autant de ministres istiqlaliens qui ont créé la polémique au cours de leurs mandats. La nature sociale des ministères dont ils ont la charge a amplifié la tension autour d’eux. Les secteurs de la Santé et de l’Habitat, gérés par Baddou et Hejira, ont été sujets aux critiques à plusieurs reprises. En outre, le tollé créé autour de la présentation du nouveau Code de la route ainsi que le faible rendement du département de Ghellab dans certains dossiers ont participé à la chute de sa cote de popularité. L’échec de la réforme de la Caisse de compensation est également mis sur le passif du bilan de l’équipe d’Abbas El Fassi. Les critiques ont également concerné le rendement général du gouvernement, qui reste «modeste, en dépit de quelques réalisations», selon ce politologue. «Faibles résultats dans la lutte contre la corruption, défaillances dans la gestion des dossiers gouvernementaux, manque d’homogénéité des composantes du gouvernement…», autant de fausses notes dans la prestation du gouvernement El Fassi. Le récent conflit autour de la loi de Finances 2012 a confirmé la nature biaisée de la majorité conduite par l’Istiqlal. Si les raisons officielles du report de l’examen du budget ont été liées à «l’ordre du jour chargé de la session parlementaire extraordinaire», les observateurs estiment qu’il s’agit plus d’un conflit entre le PI et le RNI dont le président est à la tête du département des Finances. El Fassi reprocherait aux Rnistes d’avoir noué une alliance avec des partis de l’opposition, alors qu’ils font partie de la majorité gouvernementale. La colère des Istiqlaliens serait surtout motivée par l’alliance de partis membres du gouvernement avec le PAM, dont les altercations avec le PI ne cessent d’alimenter la polémique depuis son passage à l’opposition, après une période de soutien à la majorité. Les responsables istiqlaliens n’hésitent pas à tirer à boulets rouges sur le PAM, et appellent même à «sa dissolution». Ils l’accusent de tous les maux, et estiment qu’il est derrière les attaques dont ils sont l’objet. Les confrontations régulières entre les figures des deux formations constituent des épisodes d’un feuilleton politique dont les rebondissements ne cessent de passionner les observateurs de la scène politique.

Méritocratie

Au-delà de la responsabilité de l’Etat, la réussite de la nouvelle étape incombe aux partis comme le PI, qui doivent regagner la confiance des citoyens. Cela passe par l’envoi de signaux positifs avant la tenue des prochaines élections. Il s’agit d’abord «d’ouvrir la voie aux jeunes, aux femmes et aux élites intellectuelles qui peuvent redynamiser l’action du parti», selon ce politologue. Cette formation est également appelée à «gérer ses dossiers internes en toute transparence, afin d’encourager de nouvelles élites à y adhérer, en créant les conditions d’une concurrence loyale, basée sur la méritocratie». La représentation des mêmes visages «aurait un impact négatif sur l’image du parti dans le contexte actuel», souligne-t-il.

Mohamed Ali MRABI

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