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Economie

Accord agricole Maroc/UE: Le principal opposant, José Bové!
De notre correspondant permanent à Bruxelles, Aziz Ben Marzouq

Par L'Economiste | Edition N°:3623 Le 26/09/2011 | Partager
Les discussions deviennent de plus en plus dures
Les lobbies sont très actifs à Bruxelles
Une étude d’impact en 2012

Le célèbre écologiste, José Bové, un des principaux opposants à l’accord avec le Maroc, a répété ses arguments contre une libéralisation des échanges qui ne profiterait «qu’aux grandes multinationales européennes au détriment des intérêts et des producteurs européens et des petits producteurs marocains»

Une étude d’impact de l’accord Maroc-UE de libéralisation des produits agricoles et de la pêche, (signé, mais non encore ratifié par le Parlement européen), sera présentée en mars 2012. C’est ce qu’a annoncé John Clark, directeur général des affaires internationales à la DG Agriculture de la Commission européenne, aux membres de la commission du commerce international du Parlement européen (INTA), le 22 septembre. Une réunion qui a également entendu une série d’associations professionnelles européennes venues, selon la formule consacrée, «éclairer les eurodéputés» sur ce qu’elles pensent de l’accord avec le Maroc.

 

«Le Maroc fait plus»


Répondant à certaines observations et inquiétudes, John Clark s’est voulu très rassurant, affirmant que l’accord avec le Maroc «bénéficiera aussi bien aux exportateurs européens que marocains». Il «aidera aussi à rectifier les déséquilibres existants dans les échanges agricoles avec le Maroc». Une des incidences de cet accord, a-t-il indiqué, est que l’UE va perdre quelque 21 millions d’euros de droits de douane; le Royaume, lui, va en perdre plus de 100 millions. «Une fois de plus, l’effort du côté du Maroc est beaucoup plus important que celui consenti par les Européens», a-t-il souligné. Et d’ajouter que la Commission «n’a pas l’intention de libéraliser l’ensemble du secteur agricole» et que le contingent de tomates accordé au Royaume «n’est qu’un petit quota supplémentaire qui devra de toutes les façons être utilisé en dehors de la saison de production européenne». Selon lui, «il n’y aura pas de concurrence directe avec les produits communautaires».
Quant aux contrôles, il a assuré qu’un nouveau système de sauvegarde «plus rapide et plus efficace» sera mis en œuvre. Pour ce qui est des bénéficiaires des exportations agricoles marocaines, John Clark a précisé que «la grande majorité des exploitations agricoles marocaines sont de petites exploitations et que celles qui disposent de plus de 50 hectares ne représenteraient que 1% du total». A propos des normes phytosanitaires, le haut fonctionnaire a affirmé que les inspecteurs européens qui se sont rendus récemment au Maroc lui ont accordé «un satisfecit» et qu’il «fallait l’encourager à persévérer dans cette voie». Avocat sans complexe du dossier marocain, Georges Jordan, directeur de Saint-Charles International (Perpignan), premier centre d’éclatement européen de fruits et légumes, a affirmé que le solde commercial global durant la période 2008-2010 a été «largement favorable à l’UE avec 12,7 milliards d’euros d’exportations contre 7,3 milliards d’euros d’importations». Selon lui, cet accord permettra une ouverture supplémentaire aux exportateurs de l’UE «sur un marché de proximité dont les modes de consommation sont en évolution rapide et qui est marqué par une forte croissance démographique». Il a précisé que le Maroc exporte 1,2 million de tonnes de fruits et légumes dont 850.000 tonnes sur l’UE (70%) et que le transit de ces marchandises se réalise pour près de 50% sur Saint-Charles International.


José Bové, contre ses propres propositions...


Georges Jordan a souligné que ce centre fait l’objet «d’un contrôle permanent de la part de l’Administration des douanes françaises» et que dans un souci de traçabilité, ce centre a mis en place une base de données «Import» qui serait «unique en Europe», capable de connaître en temps réel l’ensemble des flux importés sur le site. Jusqu’ici, a-t-il assuré, «aucun problème n’a été recensé ou identifié en ce qui concerne les importations en provenance du Maroc». Contrairement à une idée reçue, a-t-il encore rappelé, l’accord agricole «bénéficie, au-delà des grands groupes, à de nombreux petits producteurs marocains» qui se seraient regroupés pour des raisons d’organisation et de coordination en mutualisant les moyens logistiques.
Lors de son intervention, José Bové, le rapporteur de la commission INTA sur l’accord agricole Maroc/UE, a répété ses arguments contre une libéralisation des échanges qui ne profiterait «qu’aux grandes multinationales européennes au détriment des intérêts et des producteurs européens et des petits producteurs marocains». Il a affirmé que le Parlement ne pouvait pas donner son feu vert à «un accord qui méprise les intérêts des populations locales notamment au Sahara». Il a demandé -en dernière minute mais sans succès- un avis de la Cour européenne de justice sur la compatibilité de l’accord agricole avec les traités de l’UE. Une question qui ne relève pas des attributions de la commission INTA mais de celle de l’ensemble des membres du Parlement européen (1)».
S’en est suivi un échange verbal musclé, où le président de l’INTA, Vital Moreira, a notamment reproché à Bové, «d’avoir été malhonnête, d’avoir trahi ses propres engagements et de se complaire dans son rôle d’agitateur politique». Le président a fait voter ses collègues sur le calendrier qui avait été proposé par José Bové lui-même: tous les membres présents ont voté «pour». Le seul «contre» a été… José Bové... Dans cette atmosphère plutôt tendue, la séance a été levée... jusqu’au prochain round.

Schizophrénie européenne

Cristiana Muscardini, députée PPE (Italie,) s’est élevée contre «la schizophrénie de certains Européens». Elle s’est demandé pourquoi les Européens sont prêts à signer un important accord de libre-échange avec la Corée du Sud ou qu’ils acceptent sans broncher des millions de produits chinois qui inondent le marché européen et que quand il s’agit d’un accord avec le Maroc tout le monde monte aux barricades. Elle a rappelé que le Royaume fait partie de cette Méditerranée qui connaît actuellement des transformations importantes et qu’il faudrait l’aider à se développer en signant cet accord. «Le développement des pays méditerranéens du nord», a-t-elle souligné, «sera toujours plus fort si l’UE donne la possibilité aux partenaires du sud de se développer».

 

(1) D’aucuns estiment que si Vital Moreira avait accepté cette demande, le calendrier du vote du rapport sur l’accord agricole -qui avait été proposé par José Bové- aurait été chamboulé et certainement renvoyé aux calendres grecques, puisqu’un avis de la Cour européenne de justice peut prendre plusieurs mois sinon des années pour être publié.

 

 

                                                                                                                                             

 

Les arguments contre le Maroc

 

Le représentant d’une association de producteurs agricoles espagnol conteste complètement l’argumentaire de la Commission, d’autres contestent des parties «seulement».
Pour le représentant espagnol, l’accord avec le Maroc serait un «coup dur» porté aussi bien au secteur agricole de l’Espagne qu’à celui du Maroc, en particulier, dit-il, à celui des populations du Sahara (pour ce qui concerne la pêche).
Soulignant l’importance de l’agriculture en matière d’emplois, de revenus et d’occupation du territoire en Espagne, il a indiqué que «toute ouverture supplémentaire » aux produits marocains se traduirait par une «déstabilisation» et «compromettrait l’emploi de milliers d’agriculteurs communautaires». «Nous ne pourrons pas affronter la concurrence des producteurs marocains notamment dans le secteur des fruits et légumes», a-t-il martelé.
Tout en reconnaissant l’importance d’un accord agricole avec un pays d’Afrique du Nord, il a demandé à la Commission européenne de procéder préalablement à une étude d’impact de la libéralisation des échanges agricoles avec le Maroc sur le secteur européen. Une demande appuyée par une représentante de la FNSEA française qui, de son côté, a souligné que ce seraient «les producteurs européens de tomates qui pâtiraient en premier de la mise en œuvre d’un nouvel accord agricole avec le Maroc». Affirmant (ndlr: par erreur) que le «Royaume assure près de 50% des importations de tomates par le marché français», elle dit que les contingents seraient «régulièrement dépassés». Pour elle, un nouvel accord de libre-échange Maroc/UE irait sans aucun doute «à l’encontre des équilibres des marchés européens».     

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