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Economie

La compensation, une grenade dans le budget!

Par L'Economiste | Edition N°:3621 Le 22/09/2011 | Partager
45 milliards de DH en 2011 soit 5% du PIB
Un ciblage rigoureux des populations nécessaire
Tendance vers la sous-liquidité du marché

Source: BAM
Selon les estimations de Bank Al-Maghrib, le total des dépenses de compensation devrait atteindre 45 milliards de DH. Ce qui représente plus de 5% du PIB ou encore l’équivalent du budget d’équipement de l’Etat

Au-delà du maintien du taux directeur à 3,25%, plusieurs remarques ont émané du conseil de Bank Al-Maghrib qui s’est tenu avant-hier. A commencer par le déficit budgétaire pour lequel Abdellatif Jouahri, gouverneur de Bank Al-Maghrib, distille quelques mises en garde. Un discours certes mesuré sur la forme, mais ferme sur le fond, comme à son habitude.
Sur ce point, justement, Jouahri rappelle que la mission du FMI de juillet dernier avait fortement mis l’accent sur la soutenabilité budgétaire à moyen terme des finances publiques avec un accent particulier sur les dépenses de compensation. Et de prévoir que «nous terminerons, probablement l’année avec un chiffre aux alentours de 45 milliards de DH au titre de la compensation, soit l’équivalent de 5% du PIB ou encore du budget d’équipement de l’Etat».
Dans le cadre de la loi de Finances 2012 qui a été adoptée hier, les dépenses de soutien des produits de base devront être confinées à 3% (équivalent à 24 milliards de DH). Ce qui n’est pas acquis. Malgré tout, Bank Al-Maghrib insiste sur le ciblage rigoureux des ménages à faibles revenus. Le statu quo n’est pas tenable pour les finances publiques. Une tâche qui incombe, selon lui, irrévocablement au gouvernement. «Le ciblage en fera un véritable facteur de redistribution des revenus», soutient le banquier central.
Sinon celle-ci continuera, comme c’est le cas aujourd’hui, «de profiter davantage aux hauts revenus qu’aux bas revenus». Toutefois, les modalités du ciblage ne seront pas faciles à mettre en œuvre. Quelles populations seront visées? Que vont-elles recevoir, à travers quels mécanismes? Cela sera débattu au Parlement.
Pour ce qui est du besoin en liquidités des banques, Jouahri estime que «nous tendons plus vers une situation de sous-liquidité que le contraire». Pour ce faire, le Conseil a ainsi opté pour des interventions à plus long terme sur le marché monétaire. En plus des avances à 7 jours, BAM procédera désormais à des opérations de pension vis-à-vis du secteur bancaire. Concrètement, il s’agit d’opérations à trois mois, comme cela se pratique par plusieurs banques centrales dans le monde. «Cela nous donnera plus de visibilité sur les besoins des banques. Et les banques seront mieux renseignées sur ce que l’institut d’émission va offrir au titre des liquidités sur les trois mois à venir», souligne le gouverneur de BAM. Il affirme, par ailleurs, que «BAM continuera à injecter des liquidités tant qu’il s’agit de financements sains».
Au niveau des règles prudentielles applicables, Jouahri estime que «nous sommes au top de ce qui se passe en Europe et dans le monde». C’est d’ailleurs, d’après lui, ce qui a permis au système bancaire de résister à la crise. Mieux, la banque centrale est en train de préparer les banques à Bâle III.
A ce titre, celles-ci sont en avance par rapport à leurs homologues européennes aux échéances. En effet, les banques marocaines ont un ratio de tiers one (le noyau dur des fonds propres) de 9,5% alors que les règles de Bâle III n’imposent qu’un ratio de 7%. En revanche, au niveau des ratios de liquidité à court et long terme, il reste du travail à faire.
Quant aux textes relatifs à la refonte des statuts de Bank Al-Maghrib et la nouvelle loi bancaire, ils sont prêts. Transmis aux ministères des Finances, ils sont en cours de validation. Compte tenu des échéances électorales, ces cadres réglementaires ne devraient pas être adoptés par le gouvernement sortant. Toutefois, la banque centrale n’a pas attendu la mise en place de ces règlements pour être «proactif».
Au contraire, «la crise internationale nous a obligé à revoir la manière dont les banques centrales conçoivent leurs missions». Il ne s’agit plus uniquement d’assurer la supervision, le contrôle et la solidité du système bancaire. Aujourd’hui, les banques centrales s’intéressent à la stabilité financière dans sa globalité. «Nous sommes donc, dans ce cadre, obligé d’apprécier ce que fait l’Etat et ses finances publiques, mais aussi les marchés des capitaux ou la direction des assurances», affirme le gouverneur.

                                                                                                                                                                     

 

Indiscrétion 

 Financement de PME: De nouvelles mesures pour 2012
Après les initiatives de financement des PME de 2006, la Banque centrale prépare en concertation avec les banques d’autres mesures pour leur financement. Selon Jouahri, des actions nouvelles seront engagées dès 2012 en faveur de cette catégorie d’entreprises.

 Le top management de BAM à Washington
Une délégation composée des principaux directeurs de Bank Al-Maghrib doit se rendre aux Etats-Unis la semaine prochaine. Celle-ci devra aller à Washington, ville où se trouvent les sièges du FMI et de la Banque mondiale, pour y exposer les réalisations de l’économie marocaine, comme chaque année.

Pas de dette grecque chez les banques marocaines
Abdellatif Jouahri, gouverneur de la Banque centrale a assuré qu’il n’y avait pas de dette grecque dans les banques marocaines ni au sein de leurs filiales. Le banquier central va même plus loin en confirmant que Bank Al-Maghrib elle-même ne détenait pas de dette grecque dans ces comptes.

Jouahri contre l’impôt sur la fortune
Wali Bank Al-Maghrib n’est pas, à titre personnel, pour l’instauration d’un impôt sur la fortune. Et cela ne date pas d’hier. Lors qu’il était ministre des Finances
dans les années 80 à l’époque des programmes d’ajustement, il avait refusé alors
de le mettre en place. D’autant plus que, selon lui, les taux pour ce genre d’impôt sont très bas. Même au niveau technique, cela impose, pour Jouahri, «plusieurs difficulté, mais pour quel rendement?» Mais la question relève plus de l’ordre du politique.

Banques publiques/privées
Pas de différentiation entre les banques du secteur public et celles du privé en ce qui concerne les règles prudentielles. «Nous exigeons de l’Etat de mettre les moyens, lorsqu’il fait des reclassements de fonds propres», assure Jouahri. A titre d’exemple, il illustre son propos, avec le cas du Crédit Agricole du Maroc pour lequel BAM procède à un suivi plus rapproché de ses activités compte tenu de sa mission d’utilité publique. A ce titre, le gouverneur a saisi les membres du conseil de surveillance de CAM par écrit, il y a quelques mois, leur notifiant les appréciations de BAM et leurs responsabilités.

La Low Income Banking pour les assurances
Le principe de Low Income Banking peut être applicable au secteur des assurances. C’est ce qu’a suggéré Abdellatif Jouahri, lors du Conseil de BAM avant-hier. Comme pour les banques, les assurances pourraient proposer des produits d’assurance vie notamment pour les populations à bas revenus.                   

                                                                                                                                                         

 

CFC, encore des avancées à faire

Le Conseil de la Banque centrale a, par ailleurs, balayé de nombreux sujets: les prévisions de 2012, l’avancement de Casa Finance City (CFC). Sur ce dernier point, le wali de Bank Al-Maghrib croit dur comme fer à la réussite de ce projet. Mais il relève, tout de même, quelques problèmes notamment de «l’illiquidité» du marché des capitaux marocain qui a fait sortir deux valeurs de l’indice Morgan Stanley pour les pays émergents (MSCI) ou encore de la «désintermédiation qui n’a pas encore été poussée à son maximum».
Il a d’ailleurs demandé au secteur bancaire d’analyser et de proposer des instruments de marché.
Deux raisons à cela, un coefficient d’emploi et une concurrence internationale acharnée dans le cadre de CFC. Il a même tapé sur la table car pour lui, «les banques n’avancent pas valablement sur les aspects liés à la formation mais l’idée d’une académie est dans le pipe, nous avons lancé les consultations et nous attendons les résultats».
Même constat pour ce qui est des connexions aériennes et entre l’aéroport de Casablanca et la ville. «Mais le combat continu, il faut que le Maroc accélère la cadence d’autant plus que nos concurrents sont en difficulté», rétorque-t-il. «Et le Maroc va plus vite déjà dans un certain nombre de choses», ajoute Jouahri. A ce titre, il cite les textes sur l’indépendance à la fois sur CDVM et l’autorité de régulation des assurances.
Dans le même sens, la convention qui lie Casablanca à Singapour vise à la mise à niveau de notre marché des capitaux. «Les Singapouriens travaillent avec nous également sur l’introduction d’un compartiment devises qui sera introduit». Par ailleurs, d’autres conventions ont été signées notamment avec la banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et ceux d’Afrique centrale (BEAC) pour promouvoir l’action de CFC vis-à-vis de la région. Au final, le chantier avance doucement mais sûrement.
   

Moulay Ahmed BELGHITI

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