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Politique

Enquête au cœur du PJD
Qui tient les commandes

Par L'Economiste | Edition N°:3617 Le 16/09/2011 | Partager
Les positions de Benkirane ne font pas toujours l’unanimité
Othmani, El Khalfi, Daoudi… les représentants du courant modéré

Difficile de cerner la cartographie du pouvoir au sein du PJD. L’évolution historique de ce parti, «expression de la volonté des islamistes modérés d’intégrer l’arène politique», comme le définit le politologue Mohamed Darif, a déterminé son organisation interne. Les principaux membres du bureau politique de cette formation ont presque tous évolué au sein de mouvements islamistes avant d’intégrer le parti du Mouvement populaire démocratique et social d’Abdelkrim El Khatib. Leur influence ne tarda pas à se faire sentir, notamment à travers le changement du nom du parti. Cette étape annonçait «la prise du contrôle par ce groupe de la direction du parti». Ceci s’est accompagné par la création du nouveau poste de président du Conseil du parti, attribué à El Khatib. Le parti va garder la même organisation, mais avec un redéploiement de ses leaders. Actuellement, Abdelilah Benkirane, le secrétaire général, est le patron de l’organe exécutif du parti. Cet ancien membre influent de la Jeunesse islamique est secondé par une équipe de secrétaires généraux adjoints, dont notamment Lahcen Daoudi, le spécialiste des questions économiques au sein du parti.
D’autres personnages issus de la mouvance islamiste figurent également au casting du Secrétariat général à l’image de Abdallah Baha et l’avocat Mustapha Ramid, ainsi que d’autres figures comme Abdelali Hamieddine et Lahbib Choubani. La présidence du Conseil national, le parlement du parti, est attribuée à Saâdeddine Othmani, l’ex-secrétaire général de cette formation. L’organisation des instances du PJD s’accompagne d’une répartition des rôles entre ses différentes composantes, donnant lieu à deux principaux courants.
Le premier, conservateur, est mené par Abdelilah Benkirane, dont l’élection à la tête du parti a suscité au début quelques craintes. Benkirane n’est certes pas Ramid, mais il s’est néanmoins fait remarquer par son côté grande gueule, aussi bien au Parlement que sur des questions de religion. Il n’a pas hésité à tirer à boulets rouges sur les organisateurs des festivals musicaux qu’il accusait de «débauche et d’atteinte à la morale publique». Une ligne de conduite qui n’a pas changé après son investiture au Secrétariat général du parti. Ses déclarations ne font pas l’unanimité même au sein de ses troupes. C’était notamment le cas lorsqu’il avait interdit aux membres de sa formation de manifester avec le mouvement du 20 février. Une position qui a suscité l’ire de certains leaders islamistes qui n’ont pas hésité à menacer de démissionner, à l’image de Hamieddine, Choubani et Ramid. Ce dernier, considéré comme l’un des radicaux du parti, n’est pas à sa première menace de démission. Il continue de jouer son rôle de porte-parole du courant conservateur, et ses déclarations ne sont pas plus conciliantes que celles de son secrétaire général. S’il a annoncé qu’il ne compte pas se présenter aux prochaines élections, son rôle de faucon au sein de l’équipe parlementaire du PJD semble avoir déjà trouvé preneur.
La montée au créneau d’Abdallah Bouanou, membre de la commission de l’Intérieur au sein du Parlement, concernant la transparence des élections et son altercation avec le ministre de l’Intérieur, montrent que la relève est déjà en place. Le deuxième courant, plus modéré, à l’image de Saâdeddine Othmani, considéré comme l’un des sages du parti. Lors de son mandat à la tête du PJD, le parti a pu sortir relativement de la situation d’isolement qui a suivi les attentats du 16 mai. Au-delà de l’idéologie conservatrice du parti, son caractère conciliant était apprécié par les différents acteurs politiques. Une attitude qui n’est pas étrangère à sa formation en psychiatrie. Mustapha El Khalfi, directeur du journal Attajdid, et Lahcen Daoudi font également partie de ce courant. Ils sont appréciés par les milieux modernistes à cause de leur caractère ouvert et modéré.

M. A. M.

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