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Les Cahiers de l'Émergence

«La recherche a besoin d’être professionnalisée »
 Entretien avec Abdellatif Miraoui, président de l’Université Cadi Ayyad

Par L'Economiste | Edition N°:3616 Le 15/09/2011 | Partager
Une cité de l’innovation en 2012
La feuille de route 2015/2020 de l’université

Abdellatif Miraoui mène une réflexion pour accentuer le système de passerelle et donner aux étudiants la possibilité de repasser un autre concours et rebasculer vers un système qu’ils auraient choisi au départ

Docteur en sciences pour l’ingénieur de l’université de Franche Comté, avant de devenir maître de conférences à l’université de Dijon, il a exercé en tant qu’ingénieur à Alstom et aussi à Paduch, pour revenir ensuite à ses premières amours, l’enseignement et la recherche. Depuis 2007, il est membre du CNU (Comité national des universités) français et aussi sénior membre de la société savante américaine. Depuis trois mois, il est président de l’Université Cadi Ayyad de Marrakech.
 
- L’Economiste: Où en est le déploiement du plan d’urgence dans votre institution?
- Abdellatif Miraoui: Il est aux trois-quarts de ses objectifs. Il a permis à l’université de se restructurer et, surtout, d’affronter la pression démographique. N’oubliez pas que le principal objectif du plan était d’apporter une réponse à l’afflux de nouveaux étudiants avec une augmentation de 5 à 10% par an de la capacité d’accueil.
Maintenant, il va falloir travailler sur une vision qui permettra à l’université de donner la chance aux jeunes étudiants d’intégrer les facultés de leur choix,  loin des limites imposées par des moyennes obtenues au bac et qui ne reflètent pas souvent la réalité. L’inflation des notes aux lycées biaise ces moyennes. On ne peut donc pas condamner un jeune étudiant à cause de ses notes qui ne sont qu’un indicateur limité de son niveau.  C’est pour cela que nous  menons une réflexion pour instituer un système de passerelle et donner aux étudiants, qui ont opté pour des facultés à accès ouvert, la possibilité de repasser un autre concours et se réorienter vers une filière qu’ils auraient ciblée initialement.  
 
- Comment traîter le chômage structurel des diplômés?
- Pour moi, le seul moyen d’y remédier est de réorienter les universités vers des formations professionnalisantes  capables  d’adapter  les cursus aux besoins du marché du travail. L’idée est d’arriver à créer plus de cursus bac +2 dans les filières qui drainent beaucoup d’étudiants -économie, littérature, droit, etc. Contrairement à une idée reçue, la sélection est très sévère dans les branches à accès ouvert. Sur 100 étudiants, 40 abandonnent dès la première année. Et sur les 60 restants, seule une vingtaine réussit.

- Vous venez de prendre vos fonctions. Qu’avez-vous défendu dans votre projet?

- Mon projet  est de donner à l’Université Cadi Ayyad sa juste place. Celle d’une université qui compte dans le paysage international avec une stratégie de développement qui définit  une feuille de route 2015/2020. La recherche en est une composante majeure. Elle a besoin d’être davantage professionnalisée  pour redonner plus de caractère à tout le potentiel des établissements de l’UCA. Cela passe par une volonté et une acceptabilité de ce projet ambitieux, une structuration de nos établissements pour réduire les duplications et les redondances. Je souhaite travailler aujourd’hui sur une carte de la formation et de la recherche pour planifier les besoins de demain. Et enfin, dénicher le  financement à même de permettre aux chercheurs, administrateurs et étudiants de travailler avec des moyens honorables et dignes d’un enseignement supérieur. Dans ce contexte, l’université va démarrer un gros chantier pour mettre en place le projet de cité de l’innovation.
 
 - Concrètement, quel est le contenu de cette réforme?
- Les premières études ont dégagé quatre thèmes essentiels sur lesquels l’université peut être leader et que ses capacités lui permettent de réaliser rapidement. Il s’agit de l’énergie et l’eau, le patrimoine et tourisme, les matériaux, la mobilité urbaine. Comme vous le constatez, ce ne sont pas des thèmes scientifiques et physiques, mais plutôt sociétaux. Un choix clair et identifié par l’université dans lequel on va appliquer les connaissances et le savoir scientifique. Ainsi, sur une thématique sociétale comme l’énergie, on va travailler sur les matériaux pour améliorer le photovoltaïque.
Des économistes pour étudier la question économique,  des philosophes pour travailler sur l’acceptabilité de la problématique et aussi des juristes pour se pencher sur le volet légal. Bref, créer une communauté scientifique avec des compétences multidisciplinaires pour aboutir et répondre aux besoins sociétaux.  La cité de l’innovation va donc comprendre 4 grandes plateformes, chacune dédiée à une des thématiques. L’idée est que les chercheurs puissent valider leurs travaux à l’intérieur de ces plateformes et que les entreprises qui opèrent dans ces 4 secteurs puissent tester le matériel que devra acquérir cette cité en plus de sa mission de  créer un véritable  incubateur.

Les langues d’abord

Un centre de langues étrangères appliquées verra le jour également  dont les travaux seront lancés en décembre prochain, indique le président de l’Université Cadi Ayyad, Abdellatif Miraoui. Plusieurs langues y seront enseignées (français, arabe, anglais et même l’amazigh). L’idée est de répondre aux besoins de la faculté des langues et lettres avec une restructuration sur l’aspect linguistique. 6.000 m2 seront dédiés à ce centre. Il sera également ouvert à des étudiants étrangers pour des formations intensives en langue arabe. Cet institut pourra être également ouvert aux nouveaux bacheliers, futurs étudiants. A noter que, souvent, les étudiants de 1re année de faculté sont en déficit de langue suite à un enseignement arabisant pendant le lycée. Une fois arrivés à l’université, ils sont obligés de switcher en mode français -les profs  ne donnent les cours qu’ en français-. Et c’est l’un des facteurs de l’échec et de l’abandon universitaire.

Propos recueillis par Badra BERRISSOULE

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