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Economie

INDH: Toujours un déficit de convergence

Par L'Economiste | Edition N°:3597 Le 17/08/2011 | Partager
5,2 millions de bénéficiaires en 5 ans
10 milliards de DH débloqués
Plus de frais de fonctionnement que d’AGR

Source: coordination national INDH
Le programme transversal représente plus de 41% des projets de l’INDH. Cependant, plus de 91% des actions du programme sont dirigées vers les frais de fonctionnement des centres d’accueil

ANALPHABÉTISME, pauvreté, chômage, précarité… Un cocktail détonnant qui peut être à l’origine de nombreuses situations de crise. Le printemps arabe l’a bien prouvé avec l’exemple tunisien, yéménite, libyen… C’est dans ce contexte de troubles sociaux à l’échelle régionale que l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) dresse son bilan.
Opérationnelle depuis mars 2005, l’Initiative a besoin d’ajustement et d’un nouveau souffle et surtout de la mise en place d’une réelle convergence entre les différents intervenants. C’est l’un des constats du rapport d’activité 2005-2010. D’ailleurs, les critiques fusent de toutes parts sur l’un des programmes les plus ambitieux de la dernière décennie. Déficit de conception ou de mise en œuvre, incompétence du tissu associatif ou de l’exécutif, difficultés dans l’exécution à l’échelle territoriale... Hassan Aourid, ancien wali de Meknès, dresse un bilan peu élogieux de l’INDH dans son dernier livre «Miroir brisé de l’Occident». L’ex-wali de Meknès accuse une approche technocratique difficilement applicable sur le terrain. Plus encore, débloquer les financements relève du parcours du combattant. «En 2007, nous avons essayé de nous conformer à la grille jusqu’au mois de juin. Or, l’on ne pouvait aller au-delà de 18% du crédit alloué», précise Aourid. Selon l’auteur, d’autres agents d’autorité qui se conformaient aux pré-requis ne dépassaient pas 6 à 12% des crédits.
Chiffres à l’appui, le taux d’émission (les fonds débloqués) n’a pas dépassé 59% en 2010. Cette remise en question est très importante compte tenu du montant des enveloppes budgétaires. En effet, le programme prioritaire de 2005 a nécessité une enveloppe budgétaire de l’ordre de 250 millions de DH, alors que la période de 2006-2010 a mobilisé 10 milliards de DH. Plus encore, la deuxième phase, qui s’étend de 2011 à 2015 et qui vient d’être lancée en juin dernier, s’est vu octroyer une enveloppe de 17 milliards de DH.
Sur la période 2006-2010, 60% des financements venaient du budget général, 20% des collectivités locales et 20% de la coopération internationale. Sans surprise, l’Union européenne (UE) arrive en tête des donateurs avec plus de 629 millions de DH, suivie par l’Arabie saoudite qui a contribué à hauteur de 171 millions de DH. L’Arabie saoudite n’a débloqué que 40% du montant initial (425 millions de DH). Une importante part du budget a été financée par un prêt de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD).
En termes de réalisations, les différentes actions ont touché 5,2 millions de bénéficiaires. Le nombre de projets ou actions s’élève à plus de 22.000 ayant mobilisé une enveloppe de 14 milliards de DH dont la contribution de l’INDH est de l’ordre de 8,4 milliards de DH.
Le programme de lutte contre la pauvreté en milieu rural a pu toucher 1,6 million de personnes qui ont bénéficié de 6.756 projets nécessitant un montant d’investissement de 2 milliards de DH. Le principal des projets s’est orienté vers le soutien à l’accès aux équipements et aux services sociaux de base (77%). Les actions génératrices de revenus viennent en deuxième position avec un total de 1.006 projets. Cependant, le rapport d’activité de l’INDH sur la période 2006-2010 recommande une meilleure sélection des projets ainsi qu’une implication financière des bénéficiaires.
Pour sa part, le programme de lutte contre l’exclusion sociale en milieu urbain a bénéficié à 1,6 million de personnes. 4.069 projets et actions ont été initiés mobilisant une enveloppe budgétaire globale de 4 milliards de DH. Dans ce programme, le soutien à l’équipement rafle, encore une fois, le plus grand nombre de projets. Quant aux actions génératrices de revenus (AGR), elles n’en représentent que 13%.
Le programme de lutte contre la précarité a bénéficié à 537.000 personnes. Il a mobilisé 2 milliards de DH. Les réalisations se rapportent essentiellement aux projets de construction, d’équipement et de mise à niveau des centres d’accueil et de protection sociale (82%).
Cependant, le volet qui a concrétisé le plus grand nombre de projets (41%) est le programme transversal. Celui-ci vise à encourager les initiatives et la créativité au niveau local à travers des appels à projets. En revanche, 91% des projets sont dirigés vers des subventions aux associations à titre de contribution au fonctionnement des centres d’accueil. Ainsi, un programme qui devait initialement contribuer à la création de nouveaux projets a vu ses fonds orienter vers des frais de fonctionnement.

Recadrage

AFIN de mener à bien la mission qui lui a été assignée, l’INDH a besoin d’un ensemble d’actions pour recadrer son activité, estiment de nombreux experts. Le principal ajustement concerne la création d’une convergence de l’action publique. Cela nécessitera une réelle déconcentration et une forte décentralisation à travers l’élaboration d’une stratégie nationale de convergence. Aussi, des décideurs devront plancher sur une harmonisation des méthodes et outils de travail entre l’INDH, le plan communal de développement (PCD) et les autres programmes sectoriels.

 

Ilham BOUMNADE

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