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    Le box-office des imams-stars de Ramadan

    Par L'Economiste | Edition N°:3596 Le 16/08/2011 | Partager
    50.000 à 70.000 fidèles par mosquée
    Lakzabri, Iraoui, Kouchi, Garâani, Naboulsy… les têtes d’affiche

    De gauche à droite, cheikh Omar Lakzabri, le rossignol de Casablanca, Abderrahim Naboulsy, docteur d’Etat en sciences islamiques, et Abdelaziz Garâani, licencié en économie

    Des mosquées à guichets fermés! Les lieux de prière accueillent ce mois-ci des flux importants de fidèles. Dès le coucher du soleil, ils arrivent par centaines rompre le jeûne aux alentours des lieux de prière pour accomplir les Tarawihs. A l’origine de cet engouement, la fibre religieuse qui monte d’un cran durant le mois sacré mais aussi et surtout l’arrivée d’une nouvelle vague d’imams et de prédicateurs chevronnés à Casablanca, Fès, Marrakech, Tanger, Agadir… Dénominateur commun: une voix qui porte, une bonne diction et la capacité à accrocher et émouvoir les prieurs.
    Les mosquées de Casablanca accueillent les meilleurs lecteurs du Coran et les plus belles voix. L’on parle d’une trentaine de jeunes imams qui ont brillé ces dernières années et qui arrivent à attirer 50.000 à 70.000 prieurs par mosquée. Bien évidemment, c’est la veille du 10e jour, du 15e ainsi que la nuit sacrée qui enregistrent des records d’affluence avec des pics qui dépassent les 100.000 fidèles par veillée.
    A la tête des imams-stars, Cheikh Omar Lakzabri fait l’unanimité. L’on estime à 70.000 le nombre de prieurs qui font le déplacement chaque soir pour… entendre le jeune imam modéré à la popularité grandissante. C’est l’équivalent du complexe Mohammed V quand il fait le plein de supporters. Sauf qu’il n’y a aucun débordement dans les mosquées. Les prieurs sont plus disciplinés que les supporters. On dirait que la religion adoucit les mœurs.
    Appelé communément le rossignol de la mosquée Hassan II, le jeune imam trentenaire jouit d’une belle voix et maîtrise parfaitement les règles du Tajwid. Sa force, il la puise de ce qui est communément appelé Sanad (tdlr: la référence). Son passage par l’Egypte lui a permis de remonter ses références en matière du Tartil (lecture) jusqu’au prophète.
    Pour de nombreux prieurs, Lakzabri a une capacité extraordinaire à fédérer de l’émotion autour de lui. Son point fort réside dans sa lecture qui prête à l’interprétation des versets, la conceptualisation, la concentration et la méditation.
    L’imam-rossignol a été propulsé au devant de la scène au lendemain de la politique de réforme du champ religieux enclenchée par le département de Ahmed Taoufiq. Aujourd’hui, l’on parle du phénomène Lakzabri et on s’arrache les vidéos de ses prêches et psalmodies à Derb Ghallef.
    Pareil pour Laâyoune El Kouchi de la mosquée Andalouss (Anassi-Sidi Bernoussi) que l’on qualifie d’érudit. Cet originaire de Safi dirige des prières même aux Etats-Unis sur invitation de MRE basés à New York et en Virginie. «J’ai eu la chance de l’écouter en live», témoigne non sans fierté un prieur. El Kouchi est réputé par sa maîtrise de la lecture du Coran version Warsh ân Nafiaa (une lecture très proche du rite malékite et qui requiert un long souffle et une forte précision dans la diction). Ses CD se vendent comme des petits pains.
    Autre quartier, autre vedette: à Sidi Maârouf officie le très prisé Abdelaziz El Garâani de la mosquée Kadi Ayyad. Ce licencié en économie, de surcroît ex-chanteur de chaâbi, est devenu la référence en matière de psalmodies et de prêches. Nombreux sont les Casablancais qui le placent un cran au-dessus de Lakzabri.
    Abdelhadi Kanouni brille aussi par sa voix à la mosquée des Carrières centrales (hay Mohammadi). Au quartier El Oulfa, c’est Mohamed Iraoui qui rafle la vedette. Originaire d’El Jadida, ce trentenaire est parmi les jeunes lecteurs du Coran les plus réputés au Maroc. Sa particularité réside dans sa lecture version Asbahani (voir encadré).
    Pour sa part, Abdelkébir Hadidi se distingue à la mosquée Assabil (Californie). Ce quadragénaire est apprécié par sa forte voix et son timbre qui lui donne un cachet exceptionnel.
    A Mohammedia, Mohamed Adlal attire le plus de fidèles à la mosquée Redoine.
    Marrakech est également réputée avoir de très bons imams. La star est incontestablement Abderrahim Naboulsy. D’année en année, il bat des records d’affluence dans la ville ocre. Certains prieurs rompent le jeûne à la mosquée pour être aux premières rangées des Tarawihs. Docteur d’Etat en sciences islamiques et auteur de plusieurs ouvrages, Naboulsy suscite même l’intérêt de touristes qui se convertissent à l’islam. Son interprétation du Coran et sa voix lui valent un succès fou. Au total, une dizaine d’imams se distinguent dans la ville ocre. Aux côtés de Naboulsy, il y a Cheikh Oussama (mosquée Imam Malek), Abou Oussama Abdelhak (mosquée Bouakkaz), Abdelilah Faouzi (Rahma), Abdessamad Mellouk (Al Masjid Al Jadid) ou encore Mohamed Wadia (Koutoubia).
    La même ferveur est constatée à Tanger. Dans la capitale du Détroit, Cheikh Moustapha Bouyahiaoui et Hajjaj El Alami officient à guichets fermés.

    Ces imams qui ont la cote

    Les imams marocains ont la cote au Moyen-Orient. Ils sont de plus en plus nombreux à s’installer et diriger la prière dans des mosquées aux Emirats arabes unis, en Arabie saoudite, au Koweit, Qatar, Bahrein… En France, les imams d’origine marocaine représentent plus de 40%. Viennent juste après les Algériens 20%. Les Turcs représentent 13,5%, les Tunisiens 5% et les Africains quelque 5%.

    Lectures

    «Riwayat Warsh» est le récit du Coran adopté par le Maroc. Warsh est l’un des 7 «Quoraa» (lecteurs) les plus réputés. Et l’un des disciples de l’imam Nafîi. Originaire d’Egypte, sa lecture se particularise par l’existence de deux versions: «Al Azrak» et «Al Asbahani». Les différences entre les deux versions sont difficiles à nuancer pour les non initiés à l’art du Tajwid. Dans le cas du Maroc, la version officielle adoptée par le ministère des Habous et des affaires islamiques est celle d’Al Azrak. Ce qui n’empêche pas certains imams des plus célèbres à opter pour Asbahani. A noter que les différences de versions dans le Coran existent pour des raisons phonétiques et ne concernent que les règles de lecture. Ces différences n’affectent en rien le contenu du livre sacré.

     

    Amin RBOUB

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