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    Tribune

    Concurrence: pour aller au-delà des apparences
    Le cas Google contre Facebook
    Par le Pr. Steven Horwitz

    Par L'Economiste | Edition N°:3594 Le 12/08/2011 | Partager

    Steven Horwitz est professeur d’économie à l’Université de St Lawrence aux États-Unis. C’est un spécialiste de l’économie de la communication et de ses effets sociaux. Pour ces compétences, il a été, notamment, choisi pour présider la commission d’enquête qui devait faire la lumière sur le rôle controversé des protections et des gardes côtes dans la fameuse tempête Katrina ayant partiellement détruit La Nouvelle- Orléans
     

    La bataille a commencé. Celle de Google+ contre Facebook. Et les gens choisissent déjà leur camp. Plutôt que de prendre parti pour l’un ou l’autre, ce qui, à cette étape précoce du processus serait de toute façon ridicule, quelques mots doivent être dits sur ce que cette rivalité naissante nous enseigne de la concurrence plus généralement.
    Google semble avoir lancé un défi légitime à la domination de Facebook sur le marché des réseaux sociaux. Les anti-Facebook prédisent déjà sa disparition une fois que les gens réaliseront la très nette supériorité de Google+. Les pro-Facebook soutiennent que cela prendra trop de temps pour que suffisamment de personnes s’inscrivent à Google+ et le rendre ainsi assez dense, ou que les protections de confidentialité de Google ne sont pas si performantes, ou que le logiciel connaît trop de bugs, ou une foule d’autres raisons. Les partisans de Google+ sont convaincus que ce dernier va «tuer» Facebook, alors que les partisans de Facebook soulignent à l’envi les échecs passés des innovations de Google, tels que Google Wave.
    Toutes ces chamailleries passent en réalité à côté de l’essentiel, qui est que quelle que soit l’issue de cette compétition, nous serons tous gagnants grâce aux conséquences inattendues bénéfiques de la concurrence. La concurrence, comme le prix Nobel d’économie Friedrich Hayek l’avait fait valoir jadis, est un processus de découverte à travers lequel les entreprises apprennent ce que leurs clients veulent et les clients apprennent quelles sortes de produits et de fonctionnalités servent aux mieux leurs besoins (voir encadré).

    La liberté à l’entrée

    La «beauté» de la concurrence, c’est qu’elle nous permet de trouver ce que les gens veulent. Les dirigeants de Google ne sont pas certains que les utilisateurs préfèrent les «cercles», bien qu’ils soient assez confiants pour lancer le logiciel. La seule façon avec laquelle ils sauront à coup sûr est le test du marché: les différences avec Facebook seront-elles suffisamment attractives pour que les gens rejoignent Google+? Il est également intéressant de noter que ce n’est pas un choix exclusif: simplement parce que vous pensez que Google+ est mieux ne signifie pas que vous avez à renoncer à Facebook.
    Il est possible qu’ils se révèlent être complémentaires et non des substituts.
    La grande leçon ici est l’importance de la liberté d’entrée. Ayant capté le marché en grande partie pour lui-même depuis si longtemps,
    Facebook aurait très bien pu devenir insensible aux besoins des utilisateurs. La capacité de Google de créer un concurrent significatif est ce qui va forcer Facebook à innover, même si Google+ échoue dans le long terme. C’est pourquoi nous devons nous méfier des plaintes au sujet d’entreprises qui seraient «trop grandes».
    Si une entreprise comme Google ne pouvait pas tirer parti de sa taille et de sa position unique sur le marché pour se poser en concurrent efficace à Apple sur le marché des smartphones ou Facebook sur celui des réseaux sociaux, nous perdrions cet élément fondamental qu’est la menace concurrentielle et qui fait que les concurrents ne cessent d’innover.
    L’ironie est que fragmenter une grande entreprise pour éviter un monopole peut permettre des monopoles ailleurs: justement par la suppression de cette entreprise qui pourrait être un concurrent potentiel. Alors que la bataille du nouveau siècle se déroule, nous devrions tous célébrer le fait que la libre entrée et la libre concurrence existent et que nous allons ainsi tous apprendre ce que les gens souhaitent des réseaux sociaux. Car c’est une bataille qui sera gagnée par... nous tous.

    Cet article a paru initialement en anglais sur www.thefreemanonline.org.
    Traduction www.UnMondeLibre.org.
    Publié en collaboration avec UnMondeLibre.org

                                                                                                                                                                  

     

    Explorer les possibles
    Une partie de ce qui a conduit Google à créer un concurrent à Facebook était la conviction que ce dernier ne proposait pas certaines fonctionnalités, ou que celles-ci étaient mal conçues. Les fournir de manière compétente pourrait attirer le public.
    La plus évidente de ces fonctionnalités sont les «cercles» de Google+, qui donnent aux utilisateurs un contrôle plus facile et plus précis sur quels amis voient ou ne voient pas les éléments particuliers que les premiers souhaitent partager. Facebook ne permet pas aux utilisateurs d’envoyer de messages directs aux sous-groupes d’amis, et Google estime qu’assez d’utilisateurs trouvent cela suffisamment frustrant pour passer à un réseau qui offre cette fonctionnalité. Ce n’est qu’un exemple.
    L’innovation de Google va produire l’une des quatre conséquences suivantes:
    - 1) Beaucoup de gens pensent que les «cercles» sont cruciaux, si bien qu’ils passent à Google+, laissant Facebook devenir le prochain MySpace, relégué à l’arrière-plan de l’Internet;
    - 2) la plupart des gens trouvent que les «cercles» ou d’autres innovations ne constituent pas une valeur ajoutée suffisante, et Google+ devient le prochain Google Wave et disparaît lentement;
    - 3) Facebook prend conscience de la valeur ajoutée par les «cercles» et introduit quelque chose de similaire (notons le partenariat de Facebook avec Skype, qui constitue une attaque préemptive contre les capacités de chat vidéo de Google+);
    - 4) certaines personnes préfèrent les «cercles» et d’autres préfèrent Facebook et les deux coexistent comme les Coca-Cola et Pepsi du 21e siècle.
    Le point important est que peu importe ce qui se dégage des résultats, la plupart des gens auront ce qu’ils veulent. C’est justement ceci qui est intéressant.

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