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    Régions

    Fès: Les hôtels sinistrés par la crise

    Par L'Economiste | Edition N°:3594 Le 12/08/2011 | Partager
    Des taux d’occupation «dérisoires» ne dépassant pas les 22%
    Aucune campagne promotionnelle sur le calendrier du CRT

    Comment des professionnels du tourisme n’arrivent-ils pas à vendre une ville «spirituelle» pendant le Ramadan? La question est à adresser directement au CRT qui brille par son absence au niveau de la promotion de la destination

    A Fès, l’activité touristique tourne au ralenti. La plupart des hôtels affichent des taux d’occupation «dérisoires», en attendant l’éventuelle arrivée des touristes qui se font désirer.
    «Habituellement, Ramadan est, certes, une période creuse, mais jamais de crise. Cette année, la crise bat son plein et la majorité des hôtels sont sinistrés. Notre établissement enregistre difficilement un taux d’occupation de 18 %», déplore un responsable d’hôtel. En effet, les hôteliers de Fès plongent dans le rouge. En témoignent d’ailleurs les statistiques publiées dernièrement par le département de tutelle qui font état d’une baisse de 15% des nuitées de la destination au cours du 1er semestre 2011.
    Selon la responsable commerciale de l’hôtel «Pikalbatros Royal Mirage Fès», «l’établissement, fraîchement rénové, enregistre un taux d’occupation de 20 à 22%». L’enseigne réputée de la place, située en plein centre-ville, arrive difficilement à sortir la tête de l’eau en ces temps de crise. «Alors qu’il y a encore quelques mois, nous enregistrions des taux d’occupation de plus de 90%», renchérit notre source. Selon elle, «les packages low cost (transport et hébergement) ont endommagé l’industrie touristique». De fait, «avec un hôtel moderne (5 étoiles), respectant la richesse du patrimoine historique de la ville dans laquelle il est situé, et des promotions arrivant jusqu’à 750 DH la chambre single en BB et 800 DH la double en BB, nous ne faisons plus le poids devant le low cost». Et, justement, il faut arriver à séduire. Outre la qualité de ses chambres, l`hôtel propose un restaurant typiquement marocain, un restaurant méditerranéen ainsi qu’un piano bar pour les soirées de détente. Un service de chambre est également disponible 24h/24 au mois de Ramadan.
    Même offre dans l’hôtel voisin, le Ramada. Ici, les chambres sont proposées entre 600 et 800 DH. Il faut dire que les tarifs proposés en ce mois sacré sont de moitié moins que ce qui se pratique le reste de l’année. Et malgré ces tarifs, la majorité des chambres sont vides. «Seule l’animation proposée au bord de la piscine après le ftour fait bouger l’activité», constate un habitué. En effet, des musiciens et chanteurs animent chaque soir le Ramada pour des consommations «halal» dont le prix varie entre 20 et 100 DH. A noter que même interdit par le conseil de la ville, le narguilé est servi dans cet hôtel à 100 DH. Il trouve aussi ses adeptes dans les cafés chicha rouverts un peu partout dans la ville.
    En tout cas, le constat est amer. Depuis le début de l’année, les nuitées estimées dans les établissements d’hébergement touristique classés à Fès ont affiché un recul de 15% comparativement à la même période de 2010. Si les catégories d’hôtels classés 3, 4 et 5 étoiles ont cumulé presque 82% des nuitées totales enregistrées à Fès au cours du mois de mai 2011, elles ont enregistré actuellement des baisses sans précèdent qui rappellent, selon les termes d’un grand professionnel du secteur, la crise qui a suivi la guerre du Golfe. Paradoxalement, le Conseil régional du tourisme (CRT) ne prévoit aucun plan de sauvetage. Aussi, aucune campagne promotionnelle n’est prévue pour contrecarrer et diminuer les effets de la crise. Pire, le CRT a adopté une attitude de «wait and see» que l’on impute à un «manque de fonds». Alors qu’en principe, tous les opérateurs de la région devraient être solidaires et se mobiliser, d’abord pour sauver leur saison, et ensuite pour développer davantage le secteur. Mais, apparemment, ils n’ont pas trouvé un fédérateur à même de mener la barque en toute sérénité et loin des tapages et des verbiages inutiles.

    Absence de promotion

    Outre l’amélioration de la qualité de l’offre touristique (produit, services…), l’effort doit également, voire essentiellement, porter sur les tarifs. Ne pas réussir à vendre Fès, la capitale spirituelle du Royaume, pendant le mois de Ramadan relève de l’incompétence. Car, à part le touriste étranger, il y a le touriste national. Encore faut-il qu’on lui propose le meilleur rapport qualité/prix. Enfin, il paraît indispensable d’améliorer les services offerts aux clients en professionnalisant l’ensemble des métiers liés au tourisme, en améliorant l’animation qui constitue un élément déterminant dans la valorisation du produit, et en éradiquant les nuisances que supporte encore le client à Fès, tels les guides clandestins et les vendeurs ambulants.

    De notre correspondant, Youness SAAD ALAMI

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