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    Addoha au cœur d'un litige commercial

    Par L'Economiste | Edition N°:3593 Le 11/08/2011 | Partager
    Une société espagnole l’accuse de rupture abusive de contrat
    Le Parti populaire espagnol entend récupérer politiquement l’affaire

    UNE banale affaire de litige commercial pour certains, un début de crise diplomatique pour d’autres, tel est le cas de l’affaire «Torreblanca», comme l’ont baptisé les médias espagnols.
    Cette société espagnole qui était liée au groupe Addoha dans le cadre d’un lotissement pour la construction de 240 unités de logements sociaux à Tanger accuse le géant marocain de l’immobilier d’avoir failli à ses engagements, avec retards de paiement et expulsion du chantier. Des accusations que le groupe marocain réfute fermement.
    Addoha via une de ses filiales, Immolog, avait signé en mars 2010 un contrat avec Torreblanca Construction Maroc pour la réalisation de travaux de construction de deux groupes d’habitation dans le cadre du programme de logements sociaux Al Ikhlasse, à Tanger. Le contrat prévoyait un délai de réalisation ferme de 12 mois, le chantier devant être livré le 28 février 2011. Le chantier a connu divers retards «suite à l’incapacité technique et financière de Torreblanca», selon Addoha qui précise avoir versé à cette dernière près de 15 millions de DH.
    Pour couper net à une situation qui commençait à déraper, Addoha s’est vue obligée de payer directement les fournisseurs de Torreblanca qui commençaient à protester sur le chantier, soit un montant supplémentaire de 2,5 millions de DH.
    Malgré plusieurs tentatives de règlement à l’amiable, Addoha s’est trouvée dans l’obligation de résilier le contrat avec Torreblanca le 13 mai dernier, le chantier ayant été octroyé à une autre entreprise.
    Torreblanca, se «sentant lésée», décide de présenter une demande en référé devant le tribunal de commerce de Tanger qui s’est déclaré incompétent. Par la suite, c’est au tour d’Addoha d’entrer en ligne et de mener la charge. La holding marocaine réclame par voie de justice le remboursement des 2,5 millions de DH payés aux créanciers de Torreblanca. L’entreprise espagnole donne une autre version: ce sont les impayés d’Immolog qui les auraient empêché de régler leurs dettes envers leurs fournisseurs et de respecter les délais. Ils accusent même le management d’Addoha de recours à la force pour les empêcher de récupérer leur matériel dont ils estiment la valeur à 3,8 millions de DH. D’ailleurs, Torreblanca se dit avoir été lésée même dans son image de marque, un dommage qu’ils évaluent à près de 1,8 million d’euros.
    Les associés de Torreblanca ont d’ailleurs adressé des courriers à des organes de presse espagnols menant la bataille sur le front médiatique et même diplomatique. Ainsi plusieurs articles de presse parlant de l’affaire ont été publiés par des journaux espagnols. Ce qui risque de transformer un litige commercial en une affaire entre Etats.
    Al Ikhlass est un lotissement situé dans le quartier du même nom qui s’est formé à l’entrée de la ville de Tanger par la route de Tétouan.

    Récupération politique

    UN parlementaire espagnol du Parti populaire a affirmé dans les médias espagnols vouloir porter l’affaire devant le Parlement andalou. Son objectif, selon ses propres déclarations, est d’éviter que les entreprises andalouses ne tombent dans «une souricière» au Maroc. Ce parlementaire serait en train d’étudier la voie à prendre pour présenter la requête au Parlement. L’objectif est de protéger au mieux l’intérêt des industriels espagnols au Maroc, affirme-t-il.

     

    Ali ABJIOU

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