×
  • L'Editorial
  • Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2020 Prix de L'Economiste 2019 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Evénement

    Taxis: Pas d’argent pour la prime à la casse!

    Par L'Economiste | Edition N°:3593 Le 11/08/2011 | Partager
    A peine 400 opérateurs auraient bénéficié de l’aide
    Restrictions budgétaires, contraintes administratives à l’origine du faible taux de réalisation

    Le lancement du programme a été enclenché tambour battant le 26 novembre 2010 à Casablanca. Depuis, à peine 400 personnes auraient bénéficié de la subvention sur un total de 4.200 ciblées

    GROGNE chez les taxis-drivers du Grand Casablanca. Le dispositif des subventions, mis en place par la wilaya, pour le renouvellement du parc est grippé. «Des dizaines de professionnels ont déposé leurs dossiers depuis plusieurs mois, mais n’ont toujours pas eu de réponse», explique Mustapha El Kihel, SG de la Fédération nationale des professionnels du transport et des taxis.
    Plus de 9 mois après le démarrage de l’opération, le système aurait dû atteindre sa vitesse de croisière. A l’origine, un retard dans le déblocage des fonds par l’Etat. Conjoncture oblige, le département de Mezouar aurait, selon des syndicats, du mal à verser les subventions. Pour Mohamed El Herrak, SG du Syndicat national des taxis/CDT, «les contraintes budgétaires du ministère des Finances expliquent en grande partie le blocage des dossiers des demandeurs de subvention puisque c’est le département de Mezouar qui doit verser les 150 millions de DH prévus pour le renouvellement des taxis».
    D’autres professionnels pointent du doigt les lourdeurs administratives.
    En fait, la stratégie de renouvellement du parc de taxis coïncide avec l’élaboration d’un nouveau contrat-type destiné à régir les relations entre les titulaires de l’agrément et les opérateurs. Ce document constitue justement une condition pour obtenir la subvention. Le nouveau contrat d’exploitation a été élaboré par les ministères de la Justice et de l’Intérieur et devait entrer en vigueur au cours de ce mois. Parmi ses apports, une durée d’exploitation de 6 ans, renouvelable une fois, sa généralisation à toutes les régions, l’introduction de la notion de chauffeur professionnel… A l’heure actuelle, il est encore à l’état de projet. Des réunions sont régulièrement tenues pour discuter des remarques des uns et des autres. «Les professionnels ont tenu récemment une réunion avec le pôle social de la wilaya de Casablanca et ont présenté leurs griefs contre ce projet», explique El Kihel. Parmi les doléances exprimées par les chauffeurs de taxis, l’annulation de la durée de 6 ans, renouvelable une fois, prévue par le nouveau contrat-type.
    Les opérateurs préfèrent plutôt des contrats à durée indéterminée. «Les professionnels ne bénéficient d’aucune couverture sociale ni assurance-chômage. Par conséquent, si leur contrat arrive à échéance, ils risquent de se retrouver à la rue», déclare le SG de la Fédération.
    Une fois adopté, le nouveau document devrait remplacer l’ancien contrat-type, qui n’avait pas encore eu le temps d’être élargi et qui avait cristallisé les critiques des opérateurs.
    Certains chauffeurs se retrouvent actuellement dans une situation cocasse. Pour bénéficier de la subvention étatique, ils doivent disposer d’un contrat-type. Or, selon des sources syndicales, seuls 2.000 opérateurs sur 15.000 (grands et petits taxis) disposeraient d’un contrat-type. Ce qui réduit sensiblement la population susceptible de bénéficier de l’aide.
    Par ailleurs, la plupart sont liés aux titulaires des agréments par des contrats, ancienne version, qui arriveront à échéance dans plusieurs années encore. Par conséquent, tant qu’ils n’auront pas signé le futur contrat-type, ils ne pourront pas bénéficier de l’aide du gouvernement pour le renouvellement de leur véhicule. D’où les blocages constatés au niveau du rythme d’attribution des aides.
    Autre facteur expliquant les faibles concrétisations du dispositif de subvention, la rareté d’une marque de véhicule sur laquelle se rabattent la plupart des chauffeurs de taxis. «Une fois le dossier reçu d’un chauffeur de taxi, le concessionnaire de voitures préfère servir d’abord la clientèle des particuliers. La clientèle des taxis étant acquise», affirme El Kihel.
    Contacté par L’Economiste, les responsables du pôle social de la wilaya du Grand Casablanca, chargés de la gestion du secteur des taxis, sont restés injoignables.

    La subvention

    DOTÉ d’un budget de 150 millions de DH pour la métropole économique, le système de subventions avait été officiellement lancé le 26 novembre dernier à Casablanca. Il cible 4.200 chauffeurs de petits taxis sur les 8.000 que compte la ville. A ce jour, les professionnels affirment que seuls 400 opérateurs ont bénéficié d’une aide de l’Etat, qui représente 30% du prix d’achat d’un véhicule neuf et plafonné à 35.000 DH. Une subvention supplémentaire de 15.000 DH est accordée aux opérateurs qui optent pour la remise à la casse de leur ancien véhicule.

    Hassan EL ARIF

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc