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Economie

Textile: Les professionnels reprennent confiance

Par L'Economiste | Edition N°:3592 Le 10/08/2011 | Partager
Plus de 14 milliards de DH de CA à l’export à fin juin
Convention formation-insertion Amith-Ofppt de 20.000 jeunes
70% du budget mesures anti-crise aux entreprises du textile

Les exportations sont toujours portées par les valeurs sûres du secteur, en l’occurrence les articles de bonneterie et les vêtements confectionnés

DE fil en aiguille, l’offre exportable du textile s’impose comme une valeur sûre.
Le chiffre d’affaires du secteur à l’export a dépassé les 14 milliards de DH à fin juin dernier. C’est une croissance de 13% par rapport à juin 2010. Pour autant, la crise du secteur est-elle derrière nous? Le président de l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (Amith) est prudent: «Sortie de crise oui, pour le secteur du textile et habillement, mais la crise financière mondiale qui se profile n’augure rien de bon». El Mostafa Sajid appelle à ne pas baisser les bras.
La convention formation-insertion, Amith-OFPPT, signée le 9 mars dernier au profit de 20.000 jeunes s’inscrit dans de belles perspectives. «Elle a permis la création de 6.000 emplois, en seulement 4 mois… Par les temps qui courent, c’est une performance à relever». Pour Sajid, «ça prouve qu’il y a reprise».
Dans les allées du Commerce extérieur, on a du mal à contenir sa joie. Pour le ministre, Abdellatif Mazouz, «c’est le fruit de la politique concertée du gouvernement pour soutenir les secteurs exportateurs les plus touchés par la crise». A ce jour, ce sont 519 actions promotionnelles d’un coût global de 9 millions de DH qui ont été menées en faveur des secteurs éligibles aux mesures anti-crise (textile, cuir, automobile et électronique). De plus, le textile, avec plus de 1.750 entreprises et 200.000 salariés, soit 40% des emplois industriels du pays, a bénéficié d’un soutien particulier. En atteste le contrat-programme signé entre le Commerce extérieur et l’Amith, mi 2007 et qui court jusqu’à fin 2011, pour améliorer la promotion du secteur, à raison de 20 millions de DH par an.
Au-delà, les actions Executive Marketing, nouvelles, comme moyen d’exécution, ont permis aux équipes de Mazouz de mesurer l’impact de cette politique. Prévues par le plan national pour le développement et la promotion des exportations (Maroc Export Plus), elles ont permis de démarcher les grands clients du Maroc identifiés ou des clients potentiels. Pour le ministre, «cette stratégie a surtout permis d’accélérer le rythme tendanciel de croissance des exportations, par la réalisation de sauts quantitatifs importants». Cela passe par l’écoute directe des besoins des clients et l’apport d’éléments de réponses concrètes et concertées, explique-t-il. En ce sens, l’étude de «relevé de potentiel» du secteur faite par l’Amith est pertinente. Elle a permis d’avoir une cartographie du tissu industriel pour savoir qui produit quoi et dans quelle gamme. Le caractère changeant des besoins des clients du textile et habillement, pouvant aller de la mise en relation directe avec les fournisseurs marocains pour des produits spécifiques, à la facilitation des procédures logistiques ou douanières, ou encore à la mise en place d’entrepôts de stockage d’intrants ou de plateformes d’approvisionnement au Maroc, fait de cette cartographie du secteur un document important. Les différentes missions de prospection et de promotion conduites par Mazouz à la rencontre des grands décideurs des entreprises cibles s’en sont trouvées facilitées. Au plan purement comptable les chiffres peuvent paraître ridicules, mais en termes de valeur, les données sont autrement plus intéressantes (voir tableau). A ce jour, neuf clients ont été démarchés en France, Espagne et Italie. Les français Etam, Monoprix, Beaumanoir et Camaïeu ont revu à la hausse leurs commandes du Maroc. L’italien Fornari, dernier à tomber dans l’escarcelle de Mazouz, vient de passer ses premières commandes, après quatre visites de prospection auprès d’industriels marocains. Ses compatriotes, Max Mara et Beneton ont retenu dans leur agenda une visite au Maroc, en septembre prochain. L’espagnol Inditex (Zara, Massimo Dutti, Bershka…) a renouvelé sa confiance au secteur textile et habillement marocain, suite à la rencontre de Corogne le 3 février dernier. Le groupe Diesel, démarché en avril dernier, commence à lancer des signaux positifs aux industriels marocains du textile.
Ces indicateurs verts du secteur se mesurent également au niveau des importations des produits finis et demi produits de consommation, prouvant que l’activité reprend dans le secteur. En valeur, les tissus de fibres synthétiques et artificielles est passée d’un peu plus de 1,5 milliard à juin 2010 à plus de 2,2 milliards à juin 2011. Sur la même période, les tissus de coton ont dépassé 1,9 milliard contre 1,7 milliard et les articles de bonneterie sont passés de 300 millions à plus de 375 millions de DH. A l’export, les vêtements confectionnés poursuivent leur trend haussier. Sur la période considérée, les valeurs sont passées de 8,8 à 9,9 milliards de DH. Les articles de bonneterie passent également de 3,2 à 3,5 milliards.
Pour Sajid, comme pour Mazouz, le secteur du textile occupe une position stratégique au sein de l’activité industrielle. Ceci aussi bien par le taux de croissance de ses grandeurs économiques que par celui de sa contribution aux agrégats industriels, son impact économique et social. C’est le premier employeur industriel du royaume avec une contribution de 13% au PIB industriel. Par ailleurs, c’est le secteur qui a affiché le plus de dynamisme à l’export, avec plus de 32,5 milliards de DH en 2010. Ce qui représente 41% des exportations de l’ensemble des entreprises industrielles. Compte tenu de l’importance du secteur textile-cuir et de la nécessité de son repositionnement sur des segments à plus forte valeur ajoutée, les pouvoirs publics, en concertation avec les professionnels du secteur ont mis en place un programme dédié. L’objectif consiste en la stabilisation du tissu actuel estimé à 200.000 emplois et 9,6 milliards de PIB avec un potentiel de croissance d’environ 1 milliard de PIB et la création de 32.000 nouveaux emplois à l’horizon 2015. Tout un programme.

Mesures anti-crise

LES mesures anti-crise dans le domaine commercial ont porté sur les actions promotionnelles et assurances à l’export, faisant passer le coût de 0,3% au lieu de 1,2% et 80% de couverture au lieu de 50%. Au total, ce sont 510 entreprises qui ont bénéficié de ces mesures et 46 millions de DH ont été alloués. Les entreprises du textile en ont consommé près de 70% du budget et représentent également près de 70% des entreprises bénéficiaires.

 

Bachir THIAM

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