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    Evénement

    Un conseil de gouvernement dominé par le budget 2012

    Par L'Economiste | Edition N°:3592 Le 10/08/2011 | Partager
    Arbitrage sur les grandes lignes de la lettre de cadrage
    La Compensation absorbe plus de 40 milliards de DH en 2011
    Mezouar sur la cession Maroc Telecom: «Une pure exploitation politique»

    Salaheddine Mezouar aura du mal à boucler son budget pour 2012 à cause de deux obstacles: l’impact du dialogue social évalué à 11 milliards de DH et les charges de la Compensation de plus de 40 milliards d’ici la fin de l’année

    Le Conseil de gouvernement de demain jeudi sera consacré à la préparation de la loi de Finances pour 2012. Salaheddine Mezouar fera un exposé sur l’exécution du budget de 2011. Sa présentation devra faire le point sur la situation économique du pays à fin juin. Selon les premières indiscrétions, les recettes prévues par le budget en cours seront atteintes. Le taux de croissance pour cette année dépassera 5%. En 2012, cette tendance du taux de croissance sera maintenue. La réduction du train de vie de l’Administration de l’ordre de 10% devrait rapporter au budget 1,6 milliard de DH. Avec les établissements publics, la barre des 2 milliards de DH sera franchie. Cette mesure a été prise dans le cadre de la moralisation de la vie publique. Et il était normal que l’Administration soit la première à montrer l’exemple, en serrant la ceinture.
    Cependant, le niveau du déficit pose problème. Fixé par la loi de Finances en cours à 3,5%, ce taux sera largement dépassé. Le niveau actuel frôle 6%. Cependant, Mezouar compte le réduire à 4,5% d’ici la fin de l’année. Des options sont sur la table. Le recours à l’emprunt international n’est pas exclu. Sauf que la situation du marché financier s’est dégradée au cours de ces derniers jours. A moins de revenir à l’emprunt national. Une chose est sûre, les services des Finances comptent beaucoup sur les budgets non engagés des ministères. En effet, plusieurs départements parviennent à réaliser à peine 30 à 40% de leurs dotations. A ce niveau, le montant global des dépenses non consommées par les ministères n’est pas encore connu.
    Reste que le gouvernement traîne deux principaux boulets qui plombent le budget. Le premier concerne l’impact du dialogue social des derniers mois, évalué à 11 milliards de DH. La masse salariale devra atteindre 97 milliards de DH contre 86 milliards prévus dans le budget en cours.
    Le deuxième boulet est la Caisse de compensation qui devra terminer l’année en dépassant les 40 milliards de DH contre 17 milliards inscrits dans la loi de Finances. Manque la coquette somme de 23 milliards de DH. Si on ajoute ce montant au coût du dialogue social (11 milliards de DH), on a vite atteint 34 milliards de DH. Une question se pose: comment financer ces charges supplémentaires? Le trésorier du royaume aura du mal à boucler son budget. Alors qui des deux doit trouver la réponse? Salaheddine Mezouar ou Abbas El Fassi ? Même si le gouvernement adopte de nouvelles mesures de restriction, cela n’aura pas un grand effet sur le niveau du déficit.
    Même les recettes de privatisation, avec la cession de 7% de Maroc Telecom, qui devra générer des ressources financières de l’ordre de 8 à 9 milliards de DH, ne suffisent pas. En tout cas, Mezouar ne pourra pas compter sur cette manne. Pour lui, «cette opération n’est pas à l’ordre du jour. C’est une histoire qui relève de la pure exploitation politique. Et d’ailleurs, les recettes de privatisation ne peuvent plus alimenter le budget général». En effet, selon la réglementation en vigueur, la moitié doit alimenter le fonds d’investissement souverain, censé attirer d’autres fonds souverains pour accompagner et dynamiser les investissements. L’autre moitié du produit de la privatisation va dans les caisses du Fonds Hassan II pour le développement économique et social. En tout cas, c’est à la suite de ce conseil de gouvernement que les grandes lignes du projet de budget pour 2012 seront connues. En effet, au cours de cette réunion de travail, le chef du gouvernement fera des arbitrages sur l’équation Caisse de compensation/investissements publics pour mieux préserver les équilibres macroéconomiques. C’est après cet arbitrage que le document sera signé avant de l’adresser aux ministres.

    Planning

    Le gouvernement en retard dans la préparation du prochain budget ? Pour une source proche du dossier, traditionnellement, le ministère des Finances envoie la lettre d’orientation aux membres du gouvernement au cours du mois d’août. «Abbas El Fassi est donc dans les temps», affirme la même source. La préparation du budget de l’année prochaine devra continuer début septembre avec un planning de réunions avec les ministères dès début septembre. De telle sorte que le projet soit remis au Parlement avant le 20 octobre, délai constitutionnel.

    Mohamed CHAOUI

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