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    Classes prépas: La revanche du public

    Par L'Economiste | Edition N°:3589 Le 05/08/2011 | Partager
    En 2010-2011, l’effectif est de 6.580 contre 3.074 dans le privé
    12 étudiants admis dont trois filles qui intègrent Polytechnique
    Le moral, très important dans la performance

    Les élèves des classes préparatoires publiques ont brillé cette année aux concours d’entrée à l’Ecole polytechnique de Paris. Sur les 28 étrangers admis (sur 400 étudiants), 12 sont le fruit des classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) publiques marocaines, soit 40% des étrangers admis. D’autres Marocains issus des classes prépas françaises font partie de la liste définitive. Ils côtoieront l’année prochaine l’élite européenne, chinoise, japonaise... Parmi les 12 admis, trois filles: Rim Hariss, Soukaina Galzim et Raouaa El Mousadik. Encore difficile pour elles d’exprimer leur joie et leur fierté d’être admises aux rangs de la prestigieuse et très sélecte école française d’ingénieurs, qui forme l’élite depuis 1794.
    A noter que le nombre de filles est passé de 4 à 8 cette année sur 26 élèves. Pour en arriver là, elles ont dû travailler dur, pendant deux ans. «Malgré la compétition, il y avait une véritable solidarité qui nous aidait à surmonter nos difficultés», raconte Soukaina Galzim. Et des difficultés, il y en a eu.
    En plus du doute et de la pression, les étudiantes ont dû faire une partie du programme seules, l’année 2010-11 ayant été marquée par des grèves à répétition des enseignants. «C’est à force de volonté et de persévérance qu’on y est arrivé. Notre chance est que les profs des prépas ont à cœur la réussite de leurs élèves », indique Rim Hariss. A plusieurs reprises, elles louent leur soutien ainsi que celui des personnes et organismes qui les ont aidées à accomplir leur objectif. Elles citent notamment Royal Air Maroc qui a offert les billets d’avion et Attijariwafa bank pour l’organisation de la semaine de concentration à Al Akhawayn. A Paris, pour les oraux, elles ont été logées à la résidence des élèves des Ponts et Chaussées.
    L’AMGE Caravane, association des étudiants marocains dans les grandes écoles, a été aussi d’un grand soutien. «Lorsqu’ils nous ont rendu visite pendant l’année scolaire pour parler de leur parcours, c’était très motivant. Nous avons pu nous identifier à eux», indique Rim Hariss.
    Et si aujourd’hui elles ont un conseil à donner à ceux qui voudraient suivre leur chemin, c’est de bien travailler la langue française. «Pour réussir, il faut avoir un très bon niveau.
    En sortant de l’école publique, ce n’est pas toujours le cas et l’on n’a pas le temps, vu la charge de travail, de consacrer des heures à la mise à niveau en matière de langue française», déclare l’une des lauréates.
    Rappelons qu’au Maroc il existe 24 centres abritant 195 classes prépas (103 classes de première année et 92 de 2e année). En 2010-2011, l’effectif des élèves dans les classes prépas publiques était de 6.580 contre 3.074 dans le privé. Le nombre total d’élèves admis dans les écoles d’ingénieurs et grandes écoles de commerce n’est pas encore disponible.
    Pour l’Ecole polytechnique, le premier dans le classement est un élève du lycée Moulay Youssef à Rabat. Parmi les 12 admis, 9 sont issus du lycée Moulay Youssef, un de Moulay Idriss de Fès, 2 élèves de Ibnou Taymiya à Marrakech. Onze élèves sont encore sur la liste complémentaire dont 4 Marocain ayant suivi les classes prépas au Maroc: un du lycée Lyautey, 2 de Moulay Idriss Fès et un d’Ibn Al Ghazhi de Rabat.

    Une formation à 23.000 euros

    23.000 euros c’est ce que coûte l’ensemble de la scolarité à Polytechnique. Mais ce n’est «rien» comparé à certaines écoles de commerce privées qui demandent 10.000 euros de frais de scolarité par an. Pour financer les études à Polytechnique, deux bourses sont offertes aux étudiants: la bourse de la coopération française qui ne concerne que les étudiants en classes prépas publiques à l’étranger et la bourse de mérite du gouvernement marocain. La bourse française est quasi automatique pour les étudiants des classes prépas publiques marocaines. Elle couvre la totalité des frais de scolarité (23.510 euros, calculés sur la base de l’année académique 2010-2011). A cela s’ajoute une dotation supplémentaire: la première année, elle s’élève à 615 euros, les études ne démarrant qu’en mai puisque pendant les 7 premiers mois de l’année, les étudiants suivent un stage de formation humaine. Les étudiants sont logés sur le lieu du stage. A partir du mois de mai, la bourse est relevée à 920 euros, logement non inclus. Le logement, dont le loyer est de 412 euros, doit être payé par l’étudiant, mais il est possible d’obtenir une aide au logement, s’élevant à 240 euros. L’Egide, gestionnaire des bourses d’excellence françaises, offre également une aide de 167 euros avec la présentation du contrat de location. Il prend en charge également l’achat de l’uniforme: 1.100 euros. Il n’est pas possible de cumuler les bourses.

     

    J. K.

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