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Focus

Technologies de l’information
Pas de crise… mais on peut faire mieux
Entretien avec Abdellah Deguig président de l’Apebi

Par L'Economiste | Edition N°:3588 Le 04/08/2011 | Partager

Abdellah Deguig est président de l’Apebi. Pour lui, la compétitivité des acteurs locaux demeure très timide à cause du manque d’initiative gouvernementale. Même si le secteur n’a pas subi de grosses conséquences liées aux circonstances du printemps arabe, il reste encore du chemin à faire pour pouvoir améliorer le secteur

L’Apebi est une fédération professionnelle regroupant l’ensemble des acteurs du secteur des nouvelles technologies de l’information (NTI) au Maroc et les représentants des métiers qui gravitent autour. Elle comprend, entre autres, les opérateurs télécoms, les intégrateurs de solutions, les créateurs de logiciels, la quasi-totalité des acteurs de l’offshore (hormis les sociétés call-center) et l’ensemble des TPE installés au Technopark et regroupés sous l’égide de l’Astec (Association des Sociétés du Technopark).

- L’Economiste: Le secteur des technologies de l’information a-t-il été impacté par le « printemps arabe»?
- Abdellah Deguig: Au jour d’aujourd’hui, la destination Maroc n’a pas subi de conséquences liées au contexte régional. Au contraire, le secteur des TI s’en sort bien par rapport aux autres destinations de la région. En effet, nous figurons toujours parmi les 30 premières destinations de l’offshore dans le monde, les carnets de commandes sont stables et nous continuons à faire une croissance à deux chiffres (15%) sur tout le secteur, grâce notamment à la bonne performance de
l’offshore. Aujourd’hui, notre préoccupation majeure demeure d’ordre technique. Elle est liée aux conditions d’amélioration et d’optimisation globale du secteur. Nous pouvons faire mieux…

- Faut-il en déduire que la stratégie Maroc Numeric montre ses limites?
- Il faut le dire, aujourd’hui nous avons une jolie carte qui est la stratégie Maroc Numeric 2013. Mais la carte n’est pas le territoire, et sur le chemin, nous faisons face à plusieurs difficultés et embûches, en particulier en ce qui concerne l’offshore. Sur ce dernier point en l’occurence, il faut dire que la commission de protection des données personnelles accuse des lenteurs et peine à se mettre en place. Certes, nous disposons maintenant d’une loi sur la protection des données personnelles, mais les sujets sont très peu visibles a cause du manque de dynamisme de cet organisme.
Concrètement, cela veut dire que si un acteur de l’offshore veut sous-traiter la gestion de ses fichiers, il sera très réticent à l’idée de mener ce projet vu que l’institution chargée de garantir toutes les procédures de respect et de sauvegarde des données n’est pas tout à fait opérationnelle.
Il ne pourra donc pas faire confiance à ses prestataires. Et cela nous fait rater des opportunités.


- Les marchés publics constituent une vraie niche d’opportunités pour les acteurs locaux, pourtant les PME locales y sont très peu visibles.

- Pour le secteur des technologies de l’information, c’est une grande chance pour nous d’avoir des acteurs internationaux de renom, mais cela ne doit pas se faire aux dépens de la mise en place d’une industrie locale performante. C’est d’ailleurs l’un des axes de « Maroc Numeric ». Malheureusement, force est de constater que les efforts pour encourager le secteur local restent très timides et les acteurs locaux n’arrivent pas à atteindre la vitesse de croisière. En ce qui concerne les marchés publics, je pense que le temps est venu pour commencer à penser les commandes publiques de façon harmonieuse entre les administrations. J’entends par là, la nécessité de mutualiser les besoins au lieu d’avoir des petits besoins éparpillés pour chaque administration. Si nous arrivons à atteindre cet objectif, nous réaliserons des projets importants et nous pousserons à augmenter la taille des marchés. Par conséquent, nous allons inévitablement susciter des consortiums qui permettront de renforcer la performance des acteurs nationaux. Je crois qu’aujourd’hui les entreprises du secteur sont prêtes à répondre à ce type de commandes.

- C’est presque une mission impossible pour des services qui se parlent à peine.
- Nous avons toujours demandé à ce qu’il y ait une véritable Agence nationale de pilotage de «Maroc Numéric» sous la tutelle de la primature qui dispose d’une autorité importante pour faire réunir les projets. Je pense qu’un ministre, aussi talentueux soit il, ne peut pas tout harmoniser dans le cadre d’une simple direction ministérielle. Ce qui n’est pas le cas du Premier ministre qui dispose d’une vraie autorité sur l’ensemble des administrations et qui pourra donc faire en sorte qu’elles soient homogènes.

3 milliards de chiffre d’affaires pour l’offshore

L’Apebi regroupe plus de 300 entreprises multinationales et nationales. Atos, Capgemini, BNP Paribas, EDS, Accenture… sont toutes des entreprises intervenant dans le domaine des ITO (IT outsourcing\offshoring) ayant choisi de se réunir sous l’égide de la fédération. Au total, l’association représente 8 milliards de chiffre d’affaires hors télécoms. L’offshore représentant pour sa part 3 milliards de DH sur le marché local. La fédération représente également le secteur du matériel informatique avec plus de 90% du Chiffre d’Affaires réalisé dans ce secteur, estimé à environ 1,1 milliard de DH.

Propos recueillis par Ayoub NAÏM

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