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Grèce: Les recommandations de l’OCDE

Par L'Economiste | Edition N°:3587 Le 03/08/2011 | Partager
Le rollover, mécanisme idéal pour le nouveau plan d’aide
Athènes invitée à renforcer sa législation fiscale

L’OCDE salue les efforts de Georges Papandréou, qui a ouvert le capital de sociétés publiques et a loué à long terme des propriétés immobilières de l’Etat

Selon un rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) paru hier mardi, la Grèce doit irréprochablement appliquer d’importantes réformes structurelles afin de réussir à surmonter la crise et ainsi redresser ses finances. Il s’agit pour Athènes d’instaurer des mesures draconiennes d’austérité, qui pourrait voir l’économie du pays régresser de 3,5% cette année et se relancer de 0,6% en 2012, selon le rapport de l’OCDE. Les directives de réajustement des finances dictées par les membres de la zone euro et le FMI (les principaux créanciers) ont provoqué depuis un an des grèves et manifestations qui ont touché tout le pays. Le chômage a ainsi explosé et devrait atteindre 16% en 2011 et jusqu’à 16,2% en 2012. En revanche, l’inflation, qui a fortement augmenté en 2010, après la hausse de la TVA, devrait se réduire à 0,7% en 2012 contre 2,9% fin 2011, selon le rapport.
D’après l’accord conclu le 21 juillet à Bruxelles en vue de réduire la dette grecque, le pays va encore recevoir une deuxième aide de près de 160 milliards d’euros, après le montant de 110 milliards d’euros octroyé à Athènes en 2010. Cette aide comporterait une contribution sur une base volontaire du secteur privé à hauteur de 54 milliards d’euros sur trois ans via notamment un mécanisme de rollover (possibilité de reporter l’échéance en négociant de nouveaux actifs) et 135 milliards d’euros sur dix ans. Avec un taux record de la dette représentant plus de 150% du PIB, le rollover pourrait être le mécanisme idéal pour le cas de la Grèce. Le plan proposé par l’OCDE prévoit la participation des créanciers privés. Sur la base d’hypothèses prudentes concernant la croissance et les taux d’intérêt, et si les réformes budgétaires et structurelles sont pleinement mises en œuvre, le ratio dette/produit intérieur brut (PIB) pourrait atteindre un sommet en 2013, avant de retomber en-dessous de 60% au cours des deux prochaines décennies, comme expliqué dans le rapport de l’organisation.
L’OCDE considère qu’Athènes aura le temps nécessaire pour mettre en œuvre des réformes qui amélioreront sa compétitivité et ses résultats à l’exportation. Au préalable, la Grèce doit renforcer sa législation fiscale, surtout en matière de collecte d’impôts, ainsi que le programme de privatisation. Rappelons que le gouvernement socialiste de Georges Papandréou s’est engagé à engranger 50 milliards d’euros d’ici à 2015 en ouvrant le capital de sociétés publiques ou en louant à long terme des propriétés immobilières appartenant à l’Etat. Dans le domaine bancaire grec, l’OCDE préconise le partenariat ou le regroupement avec des banques étrangères et incite les autorités à s’abstenir de toute mesure protectionniste faisant obstacle à de telles initiatives.

Amine EL HASSOUNI

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