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Politique Internationale

Libye: Les Américains veulent prolonger le mandat de l’Otan

Par L'Economiste | Edition N°:3585 Le 01/08/2011 | Partager
La coalition réajuste sa tactique militaire et diplomatique
Un raid sur la télévision publique pour museler Kaddafi

L’Otan a bombardé des émetteurs de télévision à Tripoli tuant trois journalistes, selon un communiqué libyen. A Benghazi, fief des insurgés, une enquête a été ouverte après le meurtre du général Younès, ancien pilier du régime devenu chef d’état-major des rebelles (Ph. AFP)

LA cohésion de l’Otan sera à nouveau mise à l’épreuve en septembre, lorsque s’achèvera le second mandat de 90 jours dont elle dispose. Les Etats-Unis font circuler l’idée d’un nouveau mandat à l’Otan. «Il ne serait cette fois pas limité dans le temps», selon des sources. En attendant, les pays de l’Otan tentent d’achever rapidement leur mission aérienne en Libye. Or ils doivent composer avec des moyens réduits après le retrait d’un porte-avion italien et des chasseurs engagés par la Norvège, un des huit pays de la coalition à avoir pris part depuis 4 mois à l’opération «Protecteur unifié».
Certains pensaient que l’intervention en Libye, lancée en février pour protéger les populations civiles des attaques des troupes du colonel Kadhafi, ne durerait que quelques semaines. Mais le vieux leader libyen, au pouvoir depuis 1969, s’accroche. Aussi, les alliés réajustent leur tactique militaire et leurs messages diplomatiques. Ces derniers jours, les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont laissé entendre que Mouammar Kadhafi pourrait rester dans son pays, à condition qu’il cède tous ses pouvoirs.
D’après l’Otan, le départ des chasseurs norvégiens n’affectera pas le rythme de l’opération aérienne. Un raid a visé samedi trois antennes de la télévision libyenne pour tenter de réduire Kadhafi au silence.
«Nous avons toujours dit qu’une solution politique était nécessaire. Mais nous continuerions notre opération militaire le temps qu’il faudra pour écarter Kadhafi», selon Carmen Romero, porte-parole de l’Otan.
Londres a renforcé sa contribution en ajoutant quatre chasseurs Tornado. Ils voleront aux côtés des avions déployés par la France, le Canada, la Belgique, le Danemark, l’Italie et les Etats-Unis.
Mais des officiers britanniques ont averti que leurs forces armées, présentes en Libye et en Afghanistan, risquaient elles aussi d’atteindre leurs limites. D’autant que l’Italie a décidé cette semaine de réduire drastiquement ses missions militaires à l’étranger.
Le plus haut gradé américain a estimé que l’Otan était actuellement dans une «impasse» en Libye. Mais «à long terme, cette stratégie fonctionnera (et permettra) de chasser Kadhafi», a affirmé l’amiral Michael Mullen. L’idée que Kadhafi puisse rester en Libye, dans un «oasis dans le désert», est rejetée par les rebelles. «Cela tourne à la confusion totale», a confié à l’AFP Alexis Crow, du centre d’études londonien Chatham House. Les alliés «n’ont jamais été clairs» à propos du sort final du colonel Kadhafi. Certains pays étant réticents à réclamer son départ.

Synthèse L’Economiste

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