×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Justice

Coup de balai au ministère de la Justice

Par L'Economiste | Edition N°:3581 Le 26/07/2011 | Partager
Le secrétaire général et l’Inspecteur général débarqués
La passation de consignes se fera aujourd’hui à Rabat
Un recyclage institutionnel pour appuyer la réforme

Des têtes sont tombées. Me Mohamed Taïb Naciri, ministre de la Justice, a réussi là où ses prédécesseurs ont buté. Le secrétaire général de son département, Mohamed Ldidi, devra quitter son poste au profit de Abdelmajid Rhomija. Un «choc» pour l’ex-numéro 2 du département de la Justice. Né le 1er octobre 1950 à Salé, ce haut magistrat, président de chambre à la Cour suprême, était auparavant directeur des affaires civiles. «Il ne s’attendait pas à la nouvelle», confie une source très proche du dossier. Ldidi à la tête du secrétariat général depuis 2003 a accédé à ce poste après l’arrivée de l’ex-ministre socialiste de la Justice (2002-2007), feu Me Mohamed Bouzoubaâ. C’est ce dernier, fervent abolitionniste de la peine de mort, qui aurait fait appel à lui. Avant de l’abandonner, le dessein de Bouzoubaâ visait ensuite à écarter Moulay Driss Idrissi Bichr. Ce fringuant haut magistrat a fini par être débarqué de son poste après dix ans de services. La nouvelle a eu un tel effet «qu’il s’est évanoui dans son bureau situé au 1er étage», rapporte notre interlocuteur. Son successeur, Abdellah Hamoud (55 ans), a le grade d’avocat général à la Cour suprême. Il représente par ailleurs le ministère de la Justice au sein de l’Instance centrale de prévention contre la corruption. Symbolique!
L’impopularité de l’ex-chef de l’inspection générale n’est un secret pour personne. C’est à se demander si la fuite du rapport d’inspection 2007-2008, la seule à notre connaissance, n’était pas volontaire. Probablement une manière de faire valoir «son travail» et assurer ainsi ces arrières. Fuite qui a d’autant plus coïncidé avec l’arrivée d’un autre ministre socialiste, Abdelouahed Radi. Ce dernier, après une acclimatation avec son ministère -non sans surprises, «a tenté d’écarter les deux hommes forts du ministère», selon un témoignage. Mais en vain.
Le dahir entérinant ces décisions a atterrit vendredi 22 juillet à 18h15mn plus exactement. Annonçant ainsi une fin de semaine (et de carrière?) terrible pour les concernés. La décision est entrée en vigueur depuis le 15 juillet «et ne fait aucune allusion au sort réservé au partant». Ils demeurent du moins statutairement des juges. Mais… toujours est-il que la passation de consignes et d’installation se fera ce mardi 26 juillet (10 heures) à Rabat: secrétariat général, Inspection et 4 directions, dont une nouvelle (voir illustration). Il y a par ailleurs des divisions directement rattachées au ministre de la Justice. La première s’occupe de l’Audit interne et la seconde du suivi et du traitement des plaintes, chapeautée par Lahcen Bihi. Le fait que ces départements soient en liaison directe avec le ministre dénote d’une volonté de garder un œil sur les dossiers sensibles, notamment la gestion des fonds. Et d’éviter qu’au futur, les rapports compromettants ne croupissent dans les tiroirs. On l’espère du moins!

Vieux cadavres
L’on assure officiellement que ce dahir «est le dernier à être signé sous l’égide de l’ancienne constitution de 1996. Il l’a été parallèlement à celui des nouvelles nominations au ministère des Affaires étrangères». Ce détail compte car la nouvelle constitution, adoptée le 1er juillet, a plus ou moins quadrillé -dans ses articles 49 et 91 notamment- la procédure de nominations à certains postes administratifs.
Quoi qu’il en soit, ce feuilleton qui tient en haleine fonctionnaires du ministère, magistrats et compagnie, a en fait commencé par le départ «précipité» courant 2011 de l’ex-directeur de l’équipement et de la gestion du patrimoine, Mohammed El Amine Mouline. C’est le chef de la division équipement et matériel, Abdelmoumni Naseredine, qui reprend le flambeau.
Le ministre de la Justice a ses raisons, lui qui s’est attelé dès son arrivée en janvier 2010 à faire sortir les vieux cadavres. Ce recyclage institutionnel a abouti dans une première étape à l’adoption d’un nouvel organigramme (L’Economiste du 20 juillet 2011), puis à de nouvelles nominations…. Il se murmure en coulisse qu’une 3e vague de nomination est imminente, emportant avec elle la puissante direction des Affaires pénales et de grâce et la direction des ressources humaines.
Le ministre technocrate a recueilli bien sûr des mauvais points: descente policière chez nos confrères d’Assabah, licenciement très contestable du juge Hassoun, quelques tergiversations législatives (cas de la justice de proximité), grève des greffiers… Ce dernier dossier allait d’ailleurs connaître une première issue avant qu’elle ne soit noyée lors des négociations par le secrétariat général.
Peu habile politiquement, Me Naciri -excusez du jeu de mot «involontaire»- a réussi un coup de maître: briser le front d’une grande résistance et initier en interne toujours la réforme de la Justice. L’ex-bâtonnier de Casablanca met ainsi à plat certaines critiques syndicales: «vouloir faire du neuf avec du vieux». En un peu plus d’un an et demi, il aura en tout cas balisé le chemin à son successeur pour poursuivre la grande réforme.

Faiçal FAQUIHI

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc