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    Politique

    Référendum
    Les boutchichiyines appellent au «oui»

    Par L'Economiste | Edition N°:3561 Le 28/06/2011 | Partager
    Les «jeunes» de la zaouia dament le pion aux 20 févriéristes
    Pour la première fois, les soufis marocains dans la rue

    La confrérie boutchichiya remonte au Moyen-Age et reste mal connue par les Marocains. Très influente, elle se montre pour la première fois de son histoire dans une manifestation politique. Ici le cheikh Hamza, chef spirituel de la tariqat

    COMBIEN étaient-ils? Selon le ministère de l’intérieur, «des dizaines de milliers de personnes». 200.000 selon la zaouia qui a lancé l’appel, avec d’autres associations marocaines comme «Touche pas à mon pays». Mais ce sont les sympathisants de cheikh Hamza, ses «disciples», qu’on voyait surtout. Des trombes humaines rassemblées pour la première fois de son histoire par la zaouia mystérieuse. A 17h15, la marche est partie depuis le quartier Kria. Des centaines d’autobus et de cars de transport ont été mobilisés pour la circonstance. Des flots d’individus les ont rejoints depuis les grands boulevards limitrophes. A pied, en voiture, une ambiance bonne enfant…
    L’organisation, impressionnante, aura permis une fluidité totale. Les cordons de sécurité malléables ont accompagné sans accroc la manif. Les jeunes surtout ont donné le ton parmi les marcheurs. Le Maroc est jeune. C’est aussi leur Maroc et ils l’ont fait savoir hier, prenant à contre-courant le mouvement du 20 février qui s’était donné rendez-vous plus loin dans la ville, à Hay Mohammadi. «Nous ne sommes pas un parti politique, mais il y a une dynamique politique régionale et notre jeunesse veut l’accompagner pacifiquement pour soutenir le projet royal », dit Lahcen Sbaï Idrissi, porte-parole de la confrérie. Dans la foule, il y avait aussi des familles venues manifester pour le «oui» à la Constitution. Des familles qu’on n’avait jamais vues dans le clan des anti et du mouvement du 20 février. Des milliers de femmes, à l’unisson, ont chanté et dansé durant le trajet: «Oui pour la nouvelle constitution, oui pour la nouvelle ère, oui pour un Maroc démocratique, ouvert et pluriel», en brandissant le drapeau national et des portraits du roi du Maroc.
    Parmi les rangs, des dizaines d’associations de quartiers et de bienfaisance qui font allégeance à la zaouia. Des collectifs de «chorfas» provenant de tout le royaume ont scandé des slogans en traversant le boulevard Mohammed VI. Mais aussi des rassemblements de Juifs marocains qui ont rejoint la marche, des organisations syndicales et plusieurs représentants de partis politiques marocains, notamment le PAM et le RNI. La manif s’est dirigée vers le point de rencontre prévu à Garage Allal, à Derb Sultan. Un meeting plus politique et une déclaration finale étaient attendus de la part des responsables de la zaouia. Celle-ci était représentée par les deux petits-fils du cheikh Hamza. Mounir et Mourad n’ont pas tardé à prendre le devant de la manif. «Le Maroc est uni autour de la constitution, a dit Mounir, et c’est bien ce que nous allons montrer le 1er juillet lorsque nous irons voter massivement pour changer en mieux le pays». Les représentants de partis politiques marocains et d’associations avaient rejoint, entretemps, Garage Allal et ont appelé à voter en faveur du projet de réforme de la constitution.


    La tariqat (la voie)


    LA zaouia boutchichiya remonte à Sidi Ali Qadiri et aux disciples installés dans la région de Berkane entre le 12e et le 17e siècle. Il y transmet la tariqa al Qadiriyya qui prône un islam sunnite et mystique réservé à des initiés. A l’alliance des soufis et des juristes, on peut ajouter celle des shorfas qui se déclarent descendants du prophète. De ce pacte est née la dynastie saadienne.
    Au niveau doctrinal, le poème « Murshid al Mu’in » de Abd al Wahab Ibn Ashir, pose définitivement les bases du soufisme sunnite marocain. Il s’appuie sur la aqida (crédo) de al-Ash’ari, sur le fiqh (droit) de l’imam Malik et le soufisme de Junayd. Ces trois doctrines religieuses représentent les trois niveaux de la connaissance sublime: Le credo est symbolisé chez les boutchichiyines par le alim (docte), le droit par le faqih (jurisconsulte) et le soufisme par le arif (gnostique).
    Quant à son nom, la tariqa boutchichia le doit à l’accueil réservé par Sidi Ali Qadiri à ses disciples à qui l’on servait du blé concassé, appelé tchicha. C’est ainsi que Sidi ali devint le Boutchichi…


    Karim SERRAJ

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