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Economie

“Les prix du poulpe ont été libéralisés conformément à la loi”
Entretien avec Tayeb Rhafes, ministre de la Pêche

Par L'Economiste | Edition N°:1539 Le 13/06/2003 | Partager

. “Les unités frigorifiques doivent diversifier leur activité”. Le code de la pêche transmis au SGG. L'Economiste: Pourquoi libéraliser les prix du poulpe à l'export alors que l'ancien système du prix unique arrangeait tout le monde?- Tayeb Rhafes: Je tiens à préciser que nous sommes dans une économie de marché. Les prix sont fixés par la confrontation de l'offre et de la demande. Ceci dit, le Parlement a voté l'année dernière la loi 06/99 portant sur la liberté des prix et de la concurrence. Vouloir fixer les prix donc, c'est aller contre la loi. La situation que vivent les unités de congélation du poulpe à Dakhla et Laâyoune est en fait la conséquence de la conjugaison de trois éléments: la multiplication de ces unités à un rythme qui dépasse très largement les capacités de la région et du pays, la création de ces unités sans étude préalable de rentabilité ni de faisabilité et enfin l'insuffisance de la matière première qui a entraîné, par l'effet de la concurrence effrénée, une flambée des prix. Le prix du poulpe qui était de 20 à 25 DH le kg a atteint 80 DH le kg. Il est devenu dès lors difficile de vendre aux consommateurs finaux, qui sont essentiellement des Japonais et des Espagnols, à des prix supérieurs à 80 DH le kg. Il y a une responsabilité bien précise et si les opérateurs ont commis une erreur, ils doivent en assumer les conséquences.. Mais l'Etat n'est-il pas censé jouer un rôle de régulateur du marché pour préserver les intérêts des divers secteurs d'activité?- Certainement, mais non de fixer les prix. Evidemment, l'économie du marché ne signifie pas une libéralisation sauvage. Mais l'Etat n'intervient que lorsque la situation l'impose. Ce n'est pas le cas pour ce problème. Il n'en demeure pas moins que le ministère est conscient de la situation difficile que traverse ce secteur. Et nous sommes en train d'étudier une solution que nous allons proposer très prochainement aux opérateurs pour que les unités frigorifiques puissent tourner dans des conditions meilleures. Une solution qui réside en fait dans la diversification de la ressource. Il est vrai que ces unités ont été créées pour traiter le poulpe mais il est devenu indispensable de diversifier cette activité devant le fléchissement de la matière première qui a atteint 60% selon les analyses qui m'ont été remises par l'Institut national des recherches halieutiques (INRH).. Les opérateurs vous ont proposé une prolongation de la période de repos biologique jusqu'au 30 août pour pouvoir écouler leurs stocks.- Je n'ai pas reçu de proposition. La période de repos biologique est fixée en fonction des analyses de l'INRH. En outre, une solution ne peut s'effectuer aux dépens des intérêts des autres composantes du secteur. . Justement, des opérateurs vous accusent d'avoir privilégié les intérêts des clients japonais...- J'ai la conscience tranquille. Je n'ai subi aucune pression. Il faut dire néanmoins que ce pays a consenti depuis la création de ce ministère en 1982 des efforts considérables en faveur du secteur. Le Japon a apporté une contribution financière qui est exactement de 1 milliard 400 millions de DH soit sous forme d'appui pour la construction de villages de pêche ou d'institutions de recherche ou sous forme de bateaux de recherche ou de sauvetage et ce, sans contrepartie.. Contrairement aux Japonais, les Marocains ne profitent pas pleinement de la manne halieutique puisque les prix sont toujours inscrits à la hausse malgré la non-reconduction de l'accord avec l'UE...- Il est vrai que le Maroc qui a des potentialités halieutiques très importantes consomme très peu de poisson. A titre de comparaison, l'Espagne consomme 67 kg par tête d'habitant alors que le Maroc n'en consomme que 9 kg. C'est une situation anormale à laquelle il faut remédier. L'objectif que s'assigne le ministère dans le cadre du contrat-programme est de doubler la consommation nationale. Pour cela, nous sommes en train de mettre en place un dispositif pour que la totalité des prises passe par le marché officiel. Nous envisageons également d'agir au niveau de la modernisation des circuits de distribution afin que le poisson puisse arriver au consommateur même dans les régions les plus reculés à un prix compétitif.. Il semble que ce contrat-programme qui constitue la plate-forme pour le développement du secteur est toujours bloqué. Quelles sont les raisons de ce blocage?- Dès mon arrivée à la tête du ministère de la Pêche, j'ai convoqué tous les représentants du secteur pour contribuer à l'élaboration d'un contrat-programme pour le secteur. Le ministère a terminé son travail exactement le 10 avril. Mais les opérateurs du secteur n'arrivaient pas à tomber d'accord sur un certain nombre de points. Ce qui a occasionné une perte de temps. Maintenant, le contrat est totalement finalisé et je le présenterais très prochainement devant une commission interministérielle avant de passer devant le Conseil du gouvernement.. C'est également le cas du code de la pêche qui a pris beaucoup de retard...- Le code de la pêche a été transmis cette semaine au secrétariat général du gouvernement pour qu'il soit présenté très prochainement au Conseil des Ministres.. Quelles sont les mesures effectives prises pour la préservation des ressources halieutiques?- La sauvegarde de la ressource est le premier objectif inscrit dans le contrat-programme. Le ministère a pris en effet un arsenal de mesures pour la sauvegarde de la ressource à la fois par les périodes fréquentes de repos biologique, par les plans d'aménagement, par la réduction du nombre des bateaux dans l'avenir et par la fixation de quotas de pêche. La préservation de la ressource reste à mon avis une solution appropriée à ce propos. Un pays comme l'Egypte totalise des prises de 800.000 tonnes par an, dont 670.000 tonnes proviennent de l'aquaculture. L'un de mes objectifs est justement de développer le secteur de l'aquaculture.. Le Maroc dispose-t-il des moyens pour mieux contrôler les eaux territoriales nationales?- Nous avons un système GPS au ministère qui nous permet de positionner tous les bateaux opérant dans les eaux territoriales. Nous avons deux avions de contrôle ainsi que des vedettes. Mais je reste non satisfait du degré de contrôle. C'est pour cette raison que je compte demander dès le prochain budget des fonds pour doubler le nombre de ces vedettes.Propos recueillis par Noureddine FASSI

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