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8 mars: Sur les traces des pionnières

Par L'Economiste | Edition N°:2730 Le 07/03/2008 | Partager

. La marginalisation sévit toujours. Un handicap réel vis-à-vis de la modernisation et la démocratisation du paysOui, oui, toutes les voix parleront encore une fois pour leur dire: «Nous sommes à vos côtés»… Passé le 8 mars et les voilà de nouveau confrontées à nos bonnes vieilles habitudes. Celles qui rythment les jours de nos mères, nos femmes, nos filles et remettent brutalement le nez sur des vérités cruelles pour lesquelles nous sommes tous complices quelque part. Depuis 52 ans, ces vies que nous pensions avoir libéré de vieux jougs sont toujours là. L’état des lieux montre que cette population se trouve confrontée à des structures sociales, économiques et éducatives défaillantes. La modestie des réalisations nous donne même à penser qu’elles sont victimes d’un déficit de droit humain tout court. Les femmes continuent d’être marginalisées dans tous les domaines. A l’école, dans les tribunaux, dans la rue, au travail. Et il ne faut guère se faire d’illusion: sans une dose de discrimination positive, la situation aurait été pire. Il serait illusoire de vouloir attendre une évolution des mentalités pour espérer le changement. Le Maroc, comme toutes les sociétés arabo-musulmanes, souffre de ces tiraillements, de ces hésitations entre conservatisme et modernisme. Les arbitrages sont rarement civils mais religieux. Et comme le religieux s’accompagne parfois de dogmatisme alors cela crée souvent du féodalisme, de l’arbitraire et de l’injustice. La réforme du code de la famille a été une grande avancée, mais nous avons laissé subsister quelques brèches où continue de s’engouffrer l’insécurité juridique. Rien qu’à l’idée de franchir la porte d’un tribunal, beaucoup de femmes sont hésitantes, pas rassurées du tout. C’est dire le travail qui reste à accomplir. Cette marginalisation, l’on devrait s’en douter, conduit à un handicap réel vis-à-vis de la modernisation et la démocratisation de notre pays. Sur le plan économique, il existe des points de croissance supplémentaires que les femmes pourraient nous faire indubitablement gagner. Qui veut prendre le risque de s’en priver?La priorité c’est le chantier de l’éducation, préalable de toute approche transversale. Tant qu’il y aura des douars où la coutume prédominante est de dire que les filles ne doivent pas aller à l’école, elles continueront d’être exposées à l’illettrisme, à la déscolarisation et, surtout, à être privées de droits qu’elles méconnaîtront. Dans ce tableau noir, il y a tout de même des notes positives. Comme ces multitudes d’associations qui luttent pour les femmes battues, les mères célibataires, pour que soient amendées les mesures défaillantes du code de la famille, ces entreprises qui confient des postes de responsabilité à des femmes. Et qui en quelque sorte fêtent leur 8 mars chaque jour. Des femmes et des mères courage, il en existe et elles ne sont pas toutes sous les feux de la rampe. Ce mouvement que nous observons chaque jour nous donne autant d’espoir que de crainte. Surtout qu’il n’est pas majoritaire dans les courants de pensée actuels. Tout le monde n’est pas disposé à faire de concession sur les conditions de la femme marocaine. Des tentations, il y en aura encore. Comme celle de céder aux charmes de la realpolitik sous la menace islamiste. Difficile dans ces conditions de ne pas être attentif à ces signes ostentatoires qui augurent d’une transformation brutale de notre société. Du coup, tout le challenge c’est d’empêcher à tout prix que les prêches des uns, les mascarades électorales des autres ne pèsent dans les arbitrages. Autrement, les femmes seront alors plus seules que jamais. M. B.

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