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Economie

Un nouvel indice du coût de la vie en 2005

Par L'Economiste | Edition N°:1900 Le 22/11/2004 | Partager

. Ce qui changera: Les pondérations de dépense et l’observation géographique des prixLes statisticiens des prix sont des professionnels mal récompensés. Alors qu’ils se dépensent à déterminer à la virgule près l’indice du coût de la vie (ICV), bien des Marocains continuent à penser qu’ils sont des menteurs. Cette «accusation» est fondée sur le décalage entre l’inflation perçue et l’inflation observée par les ménages. Ce malentendu tient à la mémoire sélective du consommateur qui ne retient que la hausse de prix du kilo de tomates ou de poisson, ou à l’augmentation conjoncturelle des dépenses (Ramadan et fêtes), explique Bouchaïb Thich, chef de division des Indices statistiques à la direction de la Statistique. En revanche, le consommateur ne se rappelle pas de produits dont le prix diminue ou stagne, ajoute-t-il. Or, l’effet de pondération corrige les mouvements de hausse et de baisse sur les 768 articles qui forment l’échantillon de l’indice des prix à la consommation.L’un des aspects les plus controversés de la construction de l’indice du coût de la vie concerne les pondérations, c’est-à-dire le poids de chaque poste budgétaire dans la structure de consommation. A la direction de la Statistique, on rappelle une donnée de base qui préside au calcul de cet indicateur: l’indice du coût de la vie n’a pas la prétention de traduire la consommation réelle d’un ménage. Par exemple, le poste habitation ne pèse que 12,48% dans l’ICV, bien moins que dans un budget réel car il inclut aussi les ménages propriétaires de leur logement, précise le chef de division des Indices statistiques. Par ailleurs, poursuit Bouchaïb Thich, en général, le loyer ne connaît pas de grosse évolution dans le temps. Pour autant, un ménage qui habite un quartier comme Racine ou Palmiers à Casablanca, ne se retrouverait pas dans la structure statistiques des dépenses. Mais Casablanca n’est pas représentative de tout le Maroc. Les statistiques sont-elles corrigées pour répondre à des considérations politiques? Pas du tout, tranche Bouchaïb Thich. L’indice du coût de la vie qui sert aussi d’étalon de l’inflation (et donc de base de négociations salariales) ne fait l’objet d’aucune manipulation politique, précise-t-on à la direction de la Statistique.La nomenclature actuelle, qui répartit les dépenses en huit grandes rubriques, est inspirée de recommandations des Nations unies et l’émanation des experts du Bureau international du travail (BIT). Elle ne correspond plus à la «réalité», il va falloir s’adapter. Une réforme en profondeur de l’ICV est annoncée pour l’année prochaine, mais la date de publication du premier indice révisé n’est pas encore connue, car il faut attendre les nouvelles pondérations qui sortiront de la dernière enquête sur la consommation des ménages. Les résultats seront rendus publics dans les premiers mois de 2005. La dernière révision des coefficients remonte à janvier 2002 sur la base de l’enquête des dépenses de ménages réalisée quatre ans plus tôt.La structure des dépenses de ménages évolue très lentement, contrairement à la perception que peut avoir la classe moyenne urbaine. Dans un pays du niveau de développement du Maroc, la part consacrée à l’alimentaire est la plus élevée (45,15%), explique le responsable des Indices à la direction de la Statistique. C’est l’inverse de la structure des dépenses dans les pays développés où la part des services et de la santé absorbe le gros du budget d’un ménage.Le fait que la part de l’alimentaire soit aussi figée dans le temps signifie-t-il que la population des nouveaux pauvres augmente? Non, répond le responsable de la direction de la Statistique, parce qu’elle reflète une moyenne de toutes les catégories sociales de la population. Outre la révision du panier, la réforme de l’ICV portera également sur l’élargissement géographique des relevés de prix à la consommation. A l’heure actuelle, l’indice du coût de la vie ne couvre que onze grandes régions: Casablanca, Agadir, Fès, Kénitra, Marrakech, Oujda, Rabat, Tétouan, Tanger, Meknès et Laâyoune. Après la réforme, le relevé des prix du détail sera étendu à seize régions. Les nouveaux «territoires» qui intégreront l’ICV «nouvelle formule» sont: Chaouia, Doukkala, Tadla-Azilal, Taounate (El Hoceïma), Oued Eddahab et Smara.Il reste aussi à résoudre la grande équation des statisticiens des prix, celle de suivre les prix de produits à obsolescence technologique rapide ou le différentiel de qualité. Les ordinateurs et les téléphones portables sont dans ce cas. Ces deux produits donnent des maux de tête aux experts du monde entier. Or, si le taux d’équipement des ménages en ordinateur est encore faible au Maroc, le GSM est aujourd’hui un service indispensable. L’indice des prix à la consommation ne peut plus continuer à ignorer la révolution du téléphone portable.


768 variétés de produits observées

Le panier de l’indice du coût de la vie ou des prix à la consommation, contient 385 articles et 768 variétés de produits représentant l’essentiel des produits consommés par la population dite de référence, composée de ménages urbains «modestes». Précision importante: l’ICV n’intègre pas les produits et services dont les prix sont fixés par la réglementation. La construction de l’indice est plus complexe qu’il n’y paraît, d’abord par la collecte des informations sur le terrain. Les relevés des prix sont effectués dans une dizaine de régions. Chaque région est subdivisée en quatre zones d’enquête et couverte par deux personnes qui sont en permanence sur le terrain. La fréquence de relevés des prix varie selon le type de produit. Pour les produits frais -poisson, viande, légumes- et sujets à des fluctuations importantes, les zones d’observation des prix sont visitées quatre fois par semaine par les agents de la Statistique. Pour les autres, les relevés de prix sont relativement espacés dans le temps, un à deux passages par mois. Le suivi de l’évolution du loyer se fait tous les trois mois, à l’exception de Casablanca où le prix de la location des logements est suivi par semestre en raison de la taille de l’échantillon. La dernière actualisation remonte à 2002 sur la base de l’enquête sur le niveau de vie de 1998-1999.Abashi SHAMAMBA

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