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Travail décent:
Les partenaires sociaux se mobilisent

Par L'Economiste | Edition N°:1663 Le 16/12/2003 | Partager

. Le BIT lance un processus pour l’amélioration des conditions de travail dans le textile-habillement. Patronat et syndicats semblent bien décidés de s’y investir… . …Mais les obstacles restent nombreuxAprès la mise à niveau de la compétitivité dans le secteur textile et habillement, c’est au tour des conditions du travail dans cette branche d’industrie de focaliser toutes les attentions. Initiée par le Bureau international du travail (BIT), la promotion du travail décent était d’ailleurs le thème du colloque organisé lundi 15 décembre à Casablanca. Lors de cette journée, les intervenants, dont Mostapha Mansouri, ministre de l’Emploi, des Affaires sociales et de la Solidarité, étaient unanimes. “La promotion du travail décent ne constitue pas seulement un objectif social, mais une approche du développement que les conditions actuelles de compétition sur le marché mondial rendent de plus en plus inéluctable”. Selon l’Organisation internationale du travail (OIT), cette notion est le point de convergence de quatre objectifs stratégiques de l’organisation, notamment la promotion des droits au travail dont l’accès à l’emploi, la protection sociale et le dialogue social. Il convient de signaler à ce sujet que cette notion de travail décent a été initiée par le BIT en 1999. Depuis, 8 programmes de promotion de ce concept ont démarré dans plusieurs pays dont le Maroc. Cependant, le Royaume est le seul pays à avoir adopté une approche sectorielle. En effet, le gouvernement a choisi, en concertation avec le BIT, d’initier un projet-pilote sur ce concept dans le secteur textile-habillement. Et pour cause, cette industrie concentre l’essentiel de l’emploi en général et celui des femmes manufacturières en particulier. Ce secteur est également confronté à une compétition de plus en plus vive sur le marché mondial et national. Il est de ce fait appelé à réaliser d’importants gains en productivité. “Et cela risque de mettre en question sa pérennité et sa contribution à l’emploi et au développement socioéconomique du Maroc”, fait observer un intervenant. Par ailleurs, le colloque a également été l’occasion pour les différents intervenants d’identifier les obstacles à la normalisation des conditions du travail selon les règles de l’OIT. Il va sans dire que les entraves au développement de ce concept sont légion. A commencer par le travail des enfants. Ce phénomène semble, selon un rapport du BIT sur les conditions du travail au Maroc, “être une réalité diffuse dans l’économie nationale”. Il est vrai que ce fléau est presque inexistant dans le secteur formel. Il constitue en revanche une problématique dans le secteur non structuré. Les résultats de ce document révèlent également le nombre élevé des enfants travaillant dans l’industrie du textile. Le rapport indique “qu’ils sont environ 22.514 enfants de moins de 15 ans dans ce secteur, dont 13.757 en milieu urbain”. Toujours selon le rapport, “le textile-habillement mobilise plus d’enfants que le travail domestique (12.415) ainsi que l’ensemble des autres activités manufacturières”.Outre la discrimination salariale (les femmes touchant un salaire de moins de 25% de celui des hommes) et la précarité du travail, le rapport fait état du taux élevé d’analphabétisme de la protection sociale et du poids de l’informel. Pour faire face à toutes ces contraintes, les différents intervenants ont conclu à la nécessaire application du contrat-programme signé en août 2002 ainsi que du code du travail. C’est d’ailleurs dans cette optique que l’Association marocaine du textile et habillement (AMITH) s’est engagée à favoriser le développement d’un système d’incitation et d’adhésion du personnel aux performances d’exploitation. Une méthode efficace pour améliorer de manière structurelle la productivité et promouvoir un climat social stable et serein. Le programme prévoit également la sensibilisation des membres de l’Amith aux normes d’hygiène, de sécurité et de travail.


Climat de confiance

Le projet-pilote pour la promotion du travail décent dispose d’une composition tripartite (gouvernement et partenaires sociaux). De ce fait, les relations employeurs-employés sont au coeur de ce programme. Le dialogue social étant un élément incontournable pour améliorer les conditions de travail. Toujours est-il, l’établissement d’un dialogue constructif ne peut se concevoir que dans un climat de confiance, qui reste encore à asseoir entre les partenaires sociaux. Selon le rapport effectué par le BIT sur les conditions du travail au Maroc, un climat de méfiance subsiste, même s’il n’est pas exprimé ouvertement. Les conventions collectives pourraient être une condition de stabilité des relations sociales. Un avis qui ne fait pas l’unanimité. En effet, pour certains experts, les rapports collectifs du travail sont inutiles. La direction du travail du ministère de l’Emploi n’a-t-elle pas préparé un projet de convention collective cadre, à l’attention des partenaires sociaux dans le secteur textile-habillement? S’interrogent des observateurs. Ce projet n’a pas abouti.


Analphabétisme

Le rapport du BIT révèle un taux d’analphabétisme très élevé dans le secteur textile-habillement. “Cela représente une forte contrainte pour la formation et la mise à niveau”, soulignent les rédacteurs. En effet, l’effectif total des analphabètes actifs dans ce secteur atteint 284.900, dont 82.857 femmes salariées et 77.465 femmes travailleuses à domicile. Et près de 40% des salariés hommes sont analphabètes. N. Be.

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