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Economie

Traçabilité
Les petites structures sont larguées

Par L'Economiste | Edition N°:1860 Le 23/09/2004 | Partager

. Une mise en conformité à deux vitesses. Eurepgap à nos portes: Problème de moyens financiers et de compétences. Six standards à assimiler rapidementLES agro-industriels (exportateurs et producteurs) sont en branle-bas de combat. Ils sont en pleine procédure pour entrer en conformité avec les standards sanitaires et phytosanitaires (SPS) européens et internationaux (accord OMC). Nombreux sont ceux à avoir déjà intégré les notions de certification et de standards internationaux, selon les experts interrogés. Mais, ce n’est pas le cas de tout le tissu agro-industriel (amont et aval), loin s’en faut. L’approche de la date butoir du 1er janvier 2005 pour l’entrée en vigueur des normes européennes accroît la pression sur les entreprises concernées. De la réactivité marocaine dépendra l’évolution de nos exportations déjà mises à mal par la compétitivité des pays concurrents (cf. www.leconomiste.com). Un symposium est prévu ce 28 septembre. Hier, a eu lieu une conférence sur le sujet, organisée par l’Office national des pêches (ONP) (voir aussi page 3). De l’encre coule toujours sur le sujet. Les acteurs institutionnels et privés l’ont enfin compris: le premier cheval de bataille sera celui de la communication. Espérant ainsi ne plus essuyer les critiques acerbes de nombreux producteurs: «La communication ne circule pas, et c’est la principale entrave à notre mise à niveau», explique-t-on souvent.. Brise de paniqueAinsi, si les grands exportateurs structurés n’ont pas trop de problèmes pour leur mise à jour, les petits et moyens (majoritaires) en ont: manque de moyens matériels de compétences techniques. Ce n’est pas tout de se faire accompagner par des organismes de certification, ce n’est pas tout d’intégrer les process: il faut investir dans l’équipement, la formation du personnel…Une brise de panique continue donc à souffler dans ces milieux-là. Ainsi, selon les conclusions de l’agro-expert, Omar Aloui, dans le rapport «Etude de cas de mise en conformité aux normes SPS pour les exportations marocaines»(1), nos entreprises sont depuis longtemps sensibilisées, mais l’enjeu n’est plus vraiment là. «L’effort de répondre aux exigences des marchés étrangers est une routine pour la majorité des fermiers. Mais le concept de qualité a été longtemps limité aux critères visuels et commerciaux (taille, couleur, poids, etc.)». Ce concept a évolué rapidement, mais les pratiques n’ont pas suivi. Toutefois, sur un ton rassurant, Aloui estime le Maroc globalement bien mieux loti comparé à d’autres pays concurrents sur certains produits. A titre d’exemple, le succès du haricot vert marocain en Europe est dû aux difficultés de ses concurrents pour satisfaire aux exigences européennes. Les auteurs du rapport ont travaillé sur le cas des agrumes et tomates. Ces secteurs, surtout celui des agrumes, ont vraisemblablement une longueur d’avance. La tradition exportatrice leur a valu d’être le plus à jour. Par contre, la réactivité des primeurs laisse encore à désirer, estime pour sa part Jawad Abdallah, agro-expert(2). La norme HACCP a été appliquée par de nombreuses usines d’emballages privées et «délibérément intégrée dans leur stratégie de gestion». Cependant, l’expérience en est à ses balbutiements, conclut l’étude. «Les dirigeants interrogés n’ont pas pu faire un rapport solide sur les avantages et/ou problèmes qui résultent de la mise en application des mesures. Le coût de conformité à cette norme inclut: formation, aide technique et scientifique, achat de nouveaux équipements et matériaux de surveillance», indique l’étude.La norme Eurepgap (ou GAP: «good agriculture practises») est relativement récente pour les producteurs d’agrumes et de tomates. Elle n’est pas encore obligatoire, mais certains partenaires européens l’exigent déjà comme condition pour l’acceptation des produits marocains. Outre la traçabilité, l’enregistrement, la santé des ouvriers, Eurepgap couvre un éventail d’exigences techniques et agronomiques liées aux variétés, au site de production, au management, la gestion du sol et des substrats, l’utilisation des engrais, l’irrigation, la protection de la récolte, la moisson, le traitement post-moisson, la gestion de perte et de pollution et autres questions environnementales. La conformité à l’Eurepgap pose plusieurs problèmes techniques et financiers, relevés par l’étude commandée par la Banque mondiale. Les petites et moyennes exploitations ne pourront pas assumer le coût de la certification et l’investissement conséquent. La norme est aujourd’hui appliquée dans les grandes exploitations dont la surface dépasse les 400 hectares pour les agrumes et plus de 100 ha pour les légumes et tomates. Autant dire qu’elles se comptent sur le bout des doigts.L’étude de cas a révélé que la mise en application de l’Eurepgap pouvait augmenter le coût de production de 11,7%. Dans le cas d’un cumul de standards (Eurepgap et BRC), la hausse pouvait atteindre 20%. C’est le prix de la conformité et la nouvelle clé des marchés traditionnels pour les exportateurs marocains.


HACCP, encore du travail

IL y a six standards de contrôle qualité mis en application, soit aux niveaux des fermes et/ou d’usines d’emballage pour le citron et des légumes. «Et la différence principale entre ces normes peut être vue à trois niveaux: les fournisseurs (ou référence), l’emplacement de l’exécution et le process de certification et d’audit». Les six systèmes peuvent être classés dans trois catégories: les normes internationales connues telles que HACCP et ISO 9001, les normes européennes (Eurepgap, les standards organique et biodynamique) et enfin, les normes exigées des différents détaillants européens (BRC, Nature choice’s, etc.). Toutefois, à la date de publication du rapport (mars 2004), il n’existait toujours pas d’organisme national de certification. «Les cabinets de certification pour toutes ces normes viennent de Belgique, Hollande, Angleterre et France. En conséquence, les producteurs et exportateurs marocains paient le même prix que leurs homologues européens», relève l’étude. Toutefois, il existe deux cabinets conseils nationaux pour l’audit et l’assistance technique. Ils opèrent dans la région d’Agadir.Mouna KADIRI---------------------------------------------------------(1) “Case of study on cost of compliance to SPS standards for Moroccan exports-Complying to SPS with limited market access: the case of exports of citrus and tomatoes”, mars 2004, pour la Banque mondiale. Le rapport a été élaboré par Omar Aloui, du cabinet Agroconcept et Lahcen Kenny.(2) Spécialisé dans l’emballage et la logistique, consultant pour le Centre de commerce international (CCI) et auteur du livre «l’industrie des emballages au Maroc».

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