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Textile: Le grand chamboulement de la fin des quotas

Par L'Economiste | Edition N°:1903 Le 25/11/2004 | Partager

. Des millions d’emplois menacés à travers le monde. Les pays les plus pauvres incapables de soutenir la concurrence déloyale . Les Asiatiques exploitant sans borne leurs employés font baisser les prix LA Confédération internationale des syndicats libres (CISL) s’alarme des conséquences sociales de la fin des quotas d’exportation dans le secteur du textile, qui pourrait provoquer la disparition de millions d’emplois à compter de 2005, dans un rapport publié le 23 novembre. Créé dans les années 70 par les pays industrialisés, le système des quotas a longtemps contenu les exportations de vêtements et de textile des pays producteurs vers les Etats-Unis et l’Union européenne. A partir du 1er janvier 2005, les grands acheteurs de vêtements n’auront plus à disperser leurs commandes dans de nombreux pays, alors qu’ils devaient le faire jusqu’à présent pour ne pas dépasser les quotas d’exportation alloués à chaque pays. “La disparition des quotas d’exportation devrait provoquer, à terme, la perte de millions d’emplois dans des pays qui figurent déjà parmi les plus pauvres du monde et qui ne pourront soutenir la concurrence déloyale de la Chine, où l’exploitation des travailleurs ne connaît aucune limite en raison de l’absence totale de droits syndicaux”, déplore la CISL. Une étude de l’OMC publiée cet été estime que la part de la Chine dans les importations de vêtements aux Etats-Unis devrait passer à 50% après la fin des quotas contre 16% en 2002, rappelle le rapport. En outre, “l’exploitation sans borne des travailleurs chinois contribue à faire baisser les prix payés aux fournisseurs dans le monde entier et pousse ces fournisseurs à réduire à leur tour les droits de leurs travailleurs afin d’essayer de demeurer compétitifs”, dénonce la confédération. Le gouvernement des Philippines a déjà indiqué que la loi sur le salaire minimum ne s’appliquerait plus au secteur de la confection, alors que le Bangladesh va augmenter le nombre d’heures supplémentaires autorisées et assouplir les limites du travail des femmes la nuit pour préparer l’après-2005, explique la CISL. Selon le rapport, les pays industrialisés ne seront pas épargnés, puisque la fin des quotas pourrait entraîner la disparition de 15% des emplois dans les secteurs au Royaume-Uni et de 13% en Allemagne. La CISL “appelle tous les acteurs concernés (fournisseurs, acheteurs, distributeurs, gouvernements et instances internationales) à développer d’urgence une politique intégrée pour éviter cette perte dramatique de millions d’emplois dans le secteur textile”.De son côté, la Chine a une nouvelle fois protesté hier 24 novembre contre une tentative américaine de limiter les importations de produits textiles chinois, estimant que cette mesure pourrait avoir de “graves conséquences” sur les relations bilatérales. “Si le gouvernement américain autorise un tel agissement au mépris des faits et des règles de l’OMC, cela aura de graves conséquences sur les relations bilatérales économiques et commerciales”, a déclaré le porte-parole du ministère chinois du Commerce, Chong Quan. Cette réaction, publiée sur le site Internet du ministère, intervient quelques jours après le feu vert de Washington pour ouvrir des enquêtes suite au dépôt par une dizaine d’organisations américaines de demandes de sauvegarde visant à limiter les importations chinoises. La Chine avait déjà protesté au début du mois de novembre après la décision du gouvernement américain d’examiner ces plaintes. Selon Cass Johnson, président de la NCTO, le conseil national des organisations textiles, la part de marché des importations chinoises a atteint quelque 70% pour certaines catégories en 2004, contre 10% en 2001. Les fabricants de textile en Occident s’inquiètent de l’abolition du régime des quotas à partir du 1er janvier 2005, qui devrait permettre aux produits chinois d’inonder la planète.


L’UE réagit

L'Union européenne prendra des mesures pour sauvegarder son secteur textile d’une éventuelle flambée d’importations chinoises après la fin, le 1er janvier prochain, du régime des quotas, a averti le 23 novembre le nouveau commissaire européen au Commerce, Peter Mandelson. “Il va de soi que nous utiliserons tous les instruments à notre disposition si cela est nécessaire”, a-t-il déclaré. Mandelson, qui a pris ses fonctions le 22 novembre, a assuré que l’UE ne reviendrait pas sur l’abolition du régime des quotas, faisant valoir que cette échéance avait été annoncée depuis 10 ans. Le commissaire a cependant déclaré “comprendre” l’inquiétude de l’industrie textile européenne et de plusieurs pays en développement qui risquent de perdre leurs parts de marché dans l’UE au profit de la Chine et de l’Inde dans une moindre mesure. “Il est vrai que les performances de la Chine à l’exportation sont spectaculaires et que ce pays bénéficie d’un avantage comparatif énorme du fait de la dimension de son bassin d’emploi”, a-t-il déclaré.Synthèse L’Economiste

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