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    Responsabilité sociale
    L'«erreur de calcul» des moins-disants sociaux

    Par L'Economiste | Edition N°:2021 Le 16/05/2005 | Partager

    . Ils ne peuvent constituer un environnement durable . Même si leur menace ne cesse de s’exacerber. L’économique et le social ne peuvent être dissociés Par quoi faut-il commencer? La performance économique ou la performance sociale? Faut-il attendre que la première débouche sur la seconde ou faut-il, au contraire, intégrer les exigences sociales et sociétales comme un préalable à la croissance économique? Le débat était animé autour de ces questions lors des trois journées (5, 6 et 7 avril) de la 7e Université du printemps de l’audit social tenue à Marrakech. La question est d’actualité par ces temps de controverse sur la compétition des pays dits moins-disants socialement dans l’industrie textile. En effet, l’entrée sur scène des économies asiatiques, réputées être moins-disantes socialement, brouille en quelque sorte les cartes. Le risque est aujourd’hui réel que des entreprises soient tentées de «lâcher du lest» en matière de normes sociales. Pour certaines, c’est une question de survie. Et pour cause, la bataille sur le marché global se fait à armes inégales. En inondant la planète de produits à bas prix, les firmes asiatiques (notamment chinoises) ne cessent de grignoter chaque jour de nouvelles parts de marché. La menace chinoise est aujourd’hui une réalité palpable pour nombre de dirigeants. Dans le secteur textile par exemple, l’entrée de la Chine, peu regardante sur les normes sociales, a créé une situation nouvelle, qui a percuté de plein fouet des pays d’Europe et du Maghreb. Au Maroc, les entreprises textiles découvrent les effets dévastateurs du rouleau compresseur chinois sur les marchés à l’export. En l’espace d’une année seulement, 95.000 emplois sont partis en fumée. Et le pire reste à venir. Le tableau n’est pas si noir, objecteront certains, puisque le consommateur final trouve son bonheur dans ces produits à bas prix qui inondent le marché. Mais ce même consommateur, en déplaçant son angle d’analyse, voit d’un mauvais œil cette menace qui compromettra inévitablement la pérennité de son emploi et sa stabilité sociale. Dans de telles conditions, exiger d’un dirigeant de se conformer aux normes sociales, avec tout ce que cela sous-entend notamment en termes d’obligations mais aussi de coûts induits, peut sembler quelque peu déplacé. Au contraire, affirme Nicole Notat, présidente de l’Agence européenne de notation Vigeo, la nature même des responsabilités sociales ne remet pas en cause la finalité première de l’entreprise. Et «les moins-disants socialement ne sauraient constituer un environnement durable», assure-t-elle. L’entreprise doit montrer qu’elle peut concilier développement économique et performance sociale. Confiante, elle soutient que même les détracteurs des idées de RSE seront obligés d’y venir. Les enjeux sont énormes tant pour la motivation des salariés que pour les relations professionnelles, ou encore pour l’image de l’entreprise et sa crédibilité. Il ne faut pas oublier en effet que l’entreprise doit aujourd’hui gérer aussi le risque réputation. Elle peut, en effet, puiser sur le marché global d’énormes opportunités tout comme elle peut aussi se disqualifier.Une action décriée par une association des consommateurs ou dénoncée par un organe de presse peut avoir des retombées lourdes sur l’image de l’entreprise. Retombées qu’elle mettra parfois des années à faire oublier. ONG, médias, syndicats ou consommateurs (le cercle des parties prenantes ne cesse de s’élargir) sont conscients de leur nouveau pouvoir et n’hésitent pas à l’utiliser. Boycott, campagnes de presse, procès retentissants sont des armes redoutables que des entreprises commencent à prendre en compte. Un tas de marques américaines (Coca-Cola, McDonald’s…) en ont déjà fait l’expérience, suite à la guerre d’Irak. Sur la scène mondiale, l’entreprise est présente en tant qu’acteur de premier plan. Elle joue un rôle de plus en plus décisif dans la production de biens, de services dans la création d’emplois. Mais elle doit aussi apporter sa pierre à l’enrichissement du mouvement du développement durable. Elle doit montrer qu’elle arrive à conjuguer performance économique et sociale. «La performance sociale ne va pas de soi. Il faut la construire», souligne Jacques Igalens, spécialiste des Ressources humaines. Elle se construit contextuellement, localement, ajoute-t-il. Pour cela, «il faut intégrer un cercle vertueux où la performance économique implique une performance sociale et vice versa», soutiennent des experts lors de la 7e Université du printemps. La gouvernance serait, selon eux, une variable qui pourrait faire en sorte que les deux performances aillent de pair.


    Un smig social

    La RSE est par principe volontaire. Il n’empêche que des normes et références sont instituées pour servir de standards et garantir un certain smig social. Il en va ainsi des principes édictés par l’Organisation internationale du travail (OIT), les droits de l’homme… Les accords de libre-échange intègrent aussi les règles éthiques de manière à développer un investissement économiquement et sociétalement responsable. De même que les conditions d’aide (Banque Mondiale, Fonds européens) qui exigent le respect des normes et règles de développement durable. Aujourd’hui, le débat est toujours ouvert sur ce qui doit relever de l’engagement volontaire et ce qui doit l’être du droit contraignant. Mais des voix s’élèvent pour demander de multiplier les garde-fous contre d’éventuelles dérives notamment dans des pays où les règles les plus élémentaires sont bafouées et où des entreprises sont en marge de la législation de travail.Khadija EL HASSANI

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