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International

Présidentielles américaines
John Kerry plébiscité par nos lecteurs

Par L'Economiste | Edition N°:1888 Le 02/11/2004 | Partager

. Si les Marocains pouvaient voter, Kerry l’emporterait haut la main. Le rare soutien à Bush tient au dossier du Sahara et à l’imprévisibilité des démocratesEt si le monde entier votait aux élections présidentielles américaines? La question n’est pas incongrue, compte tenu du poids de l’Amérique dans le monde. C’est à la Maison blanche que se façonnent en effet les grandes orientations internationales que le reste du monde doit subir. La moindre décision du président américain en politique étrangère ou en économie, touche bien plus que les 286 millions de ses concitoyens. Elle concerne tout le reste du monde sans que celui-ci n’ait la possibilité d’influencer le processus de désignation de celui qui dirigera la première puissance mondiale pendant quatre ans.Comme cela ressort de sondages réalisés un peu partout dans le monde, notamment en Europe, l’impopularité de George Bush ne fait aucun doute. Les personnes sondées par L’Economiste lui reprochent «sa politique étrangère désastreuse et l’arrogance dont il fait preuve dans le traitement des problèmes internationaux». Son rival, Kerry, est préférable pour la stabilité mondiale mais plus par rejet du président sortant que par adhésion à la personnalité ou au programme du candidat démocrate. «C’est avant tout dans leur propre intérêt que les USA doivent changer de politique étrangère. Ils n’ont jamais été aussi isolés dans le monde alors qu’ils en sont dépendants», observe un cadre supérieur de banque. Bush a réussi une performance, poursuit-il: le rejet de toutes les populations du monde hormis trois pays dont Israël.Le rejet du président actuel tient bien sûr à l’Irak, mais aussi au fait que les gens sont convaincus qu’il continuera à allumer les foyers de tension plutôt que de les éteindre. Mais sur le Moyen-Orient, John Kerry et les démocrates inspirent presque la même méfiance car «c’est un sujet où la politique américaine- entendez le soutien indéfectible au gouvernement israélien- est une constante».Dans les milieux financiers (banques et sociétés de Bourse), certains analystes considèrent que la victoire de Bush serait a priori favorable au Maroc, notamment pour le règlement du problème du Sahara. Ils redoutent qu’une alternance à la Maison Blanche ne remette les comptes à zéro sur ce dossier. Mais l’avis n’est pas partagé par tous. Pour les Etats-Unis, le conflit du Sahara n’est pas prioritaire, c’est l’opportunisme qui prévaut dans leur attitude sur ce dossier «, rappelle un directeur de banque. Pour le Sahara, les «fans» de Bush espèrent qu’il activera le règlement du conflit lors de son prochain mandat. Pour l’instant, le jeu des USA n’est pas clair malgré une position officielle plutôt favorable et une neutralité plutôt bienveillante. Mais «de temps à autre, l’on note des effets d’annonce qui sèment le doute sur cette position. Il est clair que l’Algérie présente plus d’arguments économiques», constate un délégué d’une association professionnelle. Ceux qui choisissent Kerry comptent sur un changement de politique internationale. «Pour Bush, on est sûr de ce qui nous attend, en revanche avec Kerry, c’est l’incertain. Je préfère parier sur l’incertain», affirme ce familier des marchés financiers. Pour un enseignant à l’ISCAE, quel que soit le vainqueur, la politique américaine ne subira pas de bouleversements (voir aussi l’interview du président de l’Institut des relations internationales et stratégiques en page 6). En fait, si les démocrates l’emportent, le changement sera tout au plus sur la forme alors que les choix stratégiques sont du ressort du Congrès et du conseil national de sécurité.Pour le Maroc, le mandat Bush a été plutôt fructueux (ALE, statut de partenaire privilégié). L’ALE est d’ailleurs perçue par toutes les personnes interrogées comme une opportunité si les opérateurs savent la saisir. Sur ce registre, le textile est nettement en avance car il y a une prise de conscience de la nécessité de diversifier les débouchés. Par ailleurs, le Maroc aura réussi à améliorer son image de marque durant le mandat de Bush et à jouer un rôle stratégique. De plus, il a été bien noté pour ses efforts de démocratisation. Mais cela pèsera-t-il en sa faveur dans l’affaire du Sahara?. Ce que Bush a laissé sur le plan économiqueLes opérateurs retiennent du mandat de Bush l’aggravation de la volatilité des matières premières et la flambée du cours du pétrole. En fait, l’incertitude politique n’a fait qu’aggraver les tensions qui régnaient déjà sur ce marché. A noter également l’envolée de la prime de risque liée aux tensions géopolitiques. «Malgré les annonces pour un dollar fort, Bush a fortement pesé sur sa baisse pour doper les exportations et réduire les déficits». Pour un spécialiste du commerce international, le mandat Bush aura provoqué une véritable pagaille sur le marché de l’or noir. Et tous les pays, dont le Maroc, le paient très cher aujourd’hui.Parmi les explications avancées, les fonds de pension britanniques qui ont moins de visibilité sur les autres marchés, se rabattent sur le pétrole». La guerre en Irak ni les tensions au Moyen-Orient n’expliquent pas à elles seules, la flambée du pétrole car les deux facteurs ne sont pas des faits nouveaux. Le secteur financier retiendra également l’adoption de la loi sur le contrôle des mouvements de fonds et la lutte contre le blanchiment d’argent. «Le contrôle en lui-même est bon car la transparence est toujours bénéfique même si elle est contraignante, compte tenu de l’importance des règlements cash dans notre économie», remarque un directeur de banque. De toute façon, l’impact restera limité. «Il est peu probable que cette loi affecte le volume des transferts qui sont plafonnés et portent sur de petits montants», précise un banquier. Si blanchiment il y a, il proviendrait davantage de gros montants via le change. «Au Maroc, la majorité des transferts est canalisée par le circuit bancaire formel, contrairement à d’autres pays comme la Malaisie ou l’Inde où les circuits parallèles en contrôlent l’essentiel».


Le monde politique s’abstient de voter

. La prochaine administration est attendue sur le SaharaPeu de politiques ont accepté de répondre à nos sollicitations, sans doute embarrassés préférant «préserver l’avenir». Ceux qui nous ont répondu ont évité soigneusement de prendre position dans le duel Bush-Kerry. Ahmed Osman patron du RNI, est pour «le candidat qui approfondira de plus les relations maroco-américaines». Son parti, dit-il, a des relations avec les deux partis. Saâd Eddine El Othmani du PJD ne penche pour aucun des deux candidats, car au final, estime t-il, les deux ont pratiquement le même discours. Démocrate ou républicain? c’est pareil. Il n’y aura pas de grand changement dans la stratégie de l’Administration américaine, convient Mohamed Khalil Boucetta, membre de l’Istiqlal. «La recherche du leadership et les exigences de la real politik américaine laissent penser que les deux candidats ont pour l’essentiel, la même vision de la conduite des affaires internationales».ALE, Sahara, coopération en matière de lutte contre le terrorisme…C’est en gros ce que les partis politiques ont retenu du mandat de Bush en ce qui concerne le Maroc. Ces dossiers ont permis d’instaurer «une relation privilégiée» entre les deux pays, d’où le statut d’allié majeur hors OTAN, octroyé au Royaume par George W. Bush. Cette relation privilégiée qui, selon Boucetta de l’Istiqlal, est une constante dans les rapports entre les deux pays, le Maroc étant le premier pays à avoir reconnu l’indépendance des USA. «Pour la question du Sahara, les Etats-Unis soutiennent la solution politique proposée par le Maroc», croient savoir nos politiques se fondant sur la nécessité d’un dialogue entre le Maroc et l’Algérie, rappelée par l’Administration américaine. Le prochain président est appelé à faire preuve de sagesse et d’humanisme. D’un côté, pour améliorer le niveau des relations historiques entre le Maroc et les USA et l’autre, pour «rétablir la confiance dans les relations internationales». Le monde est déboussolé, relève Ahmed Osman, et il est plus risqué aujourd’hui que pendant la guerre froide. Mettre fin au drame irakien et pousser vers l’établissement d’un Etat palestinien indépendant, tel est le vœu des politiciens. Quant à El Othmani du PJD, il ne se fait pas trop d’illusions concernant les dossiers nationaux. Sur le Sahara, l’administration américaine a toujours fonctionné, dit-il, selon la politique «des deux poids, deux mesures». Propos recueillis par M.K, M.Kd, N.L & A.S.

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