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Pêche artisanale
Les enjeux du plan de viabilisation

Par L'Economiste | Edition N°:1888 Le 02/11/2004 | Partager

. Un milliard de dirhams engagés dans l’aménagement des villages de pêche . Intégrer l’activité dans l’économie formelle et maîtriser la traçabilité. Derrière, l’idée consiste à rompre la «poulpe-dépendance» de DakhlaLa pêche constitue un des axes majeurs et prioritaires dans la stratégie de développement des provinces du Sud. C’est la seule activité économiquement viable dans la région de laquelle les pouvoirs publics veulent construire du développement, explique Majid Kaïssar El Ghaib, directeur général de l’Office national des pêches (ONP). Aux côtés de l’Agence du Sud et du Fonds Hassan II, l’Office est en première ligne dans un vaste programme d’aménagement de six villages de pêche dans la région, «qui seront des vrais lieux de vie», insiste le patron de l’ONP. Le projet des villages de pêcheurs n’est pas nouveau, mais s’il n’a pu être concrétisé par le passé, c’est surtout parce qu’il manquait une coordination des acteurs impliqués ou que celle-ci ne se faisait pas toujours au bon niveau. Le programme sera réalisé sur trois ans, et la présence d’une entité de coordination dépendant du Premier ministre -l’Agence du Sud- constitue une garantie de bonne fin et d’accélération des travaux. Le schéma global retenu pour chaque village consiste à créer un noyau commercial avec une halle au poisson, des facilités de débarquement, des zones de stockage (réfrigération). Tout autour duquel sera déployé une zone d’habitation, une zone industrielle (traitement sur place du poisson) et dans certains cas, un site touristique.Les villages retenus sont: Amégriou et Tarouma dans la province de Laâyoune, Sid El Ghazi à Boujdour, N’Tireft, Labouirda et Aïn Beida à Oued Eddahab et Lamhiriz dans la province d’Aousserd. Le programme est d’une priorité absolue, et cela signifie que les moyens financiers sont prêts à être mobilisé, assure El Ghaib. Au total, 915 millions de dirhams sont mobilisables et, selon le montage financier, la ventilation entre les trois intervenants est la suivante: l’Agence du Sud (via le Budget de l’Etat) mettra 647 millions de dirhams, 118 viendront du Fonds Hassan II et l’Office national des pêches participera à hauteur de 150 millions de dirhams. Ce qui existe aujourd’hui sur les sites ciblés par le programme ce sont des points de débarquement aménagé. L’idée est de les transformer en véritables villages «en sédentarisant les pêcheurs dans un lieu qui leur permette de vivre de leur activité».«On ne part pas de zéro», constate le DG de l’Office national des pêches, une petite infrastructure de base existe déjà sur place: les halles au poisson, l’eau potable, l’électricité, des pistes d’accès aux villages de pêche, etc. Cette fois, l’Etat met tout son poids dans la balance par le montant engagé (un milliard de dirhams) pour «accompagner ces projets».Les pouvoirs publics veulent briser la dépendance absolue de marins pêcheurs envers les acheteurs, appelés aussi “gâcheteurs”. Que ces intermédiaires jouent un rôle, c’est certain, reconnaît le management de l’Office national des pêches. Ils apportent le financement, le carburant, la barque et il arrive même qu’ils assument le transfert du courrier. Mais ceux qui assurent le gros de l’effort, c’est-à-dire, les pêcheurs, vivent dans une telle insalubrité, que celle-ci menaçait directement les exportations de poisson. Il ne fait aucun doute que le moindre audit des acheteurs aurait disqualifié un gros contingent de ventes à l’étranger. Par ce programme de villages de pêche, l’Etat se décide enfin de «siffler la fin de la récréation» et de jouer la carte du développement.Qu’est-ce qui a motivé l’ONP à s’impliquer dans ce projet? «Pour nous, le programme est d’une haute importance parce qu’il participe à la restructuration de la pêche artisanale», explique le directeur général. Toute la chaîne de la pêche artisanale, de la production au traitement final, emprunte aujourd’hui des circuits informels. Dans le processus de viabilisation du secteur, la halle occupera une position centrale. Non seulement, elle va mettre hors-jeu les «gâcheteurs» (les fameux intermédiaires qui avaient déjà boycotté la première expérience), mais elle assurera la transparence des transactions. Le passage par une halle servira d’outil d’insertion progressive de la pêche artisanale dans l’économie structurée et le chemin menant vers la couverture sociale. Pour un armateur, passer par la halle au poisson implique de facto inscription au régime de sécurité sociale de droit commun (CNSS). Les prélèvements sont de 6% de la production (la valeur des prises). La pêche artisanale est en effet un des gros gisements du travail au noir et un des objectifs déclaré de la CNSS dans sa quête d’augmenter la population couverte par son régime. Elle permet par ailleurs de «sécuriser» d’éventuels bailleurs de fonds car c’est par son truchement que se font les prélèvements pour le compte des tiers. Les cessions de délégation pour les crédits, par exemple, ou les taxes. Au besoin, il sera aménagé quelques incitations afin de pousser les gens à sortir du noir, entre autres, l’accès au carburant professionnel (à un prix encore plus bas qu’au cours officiel dans la région). Au terme de ce projet dont le but est de viabiliser la pêche artisanale, on ferait d’une pierre deux coups, explique Majid Kaïssar El Ghaib. «Les marins pêcheurs travailleraient toute l’année et, donc, stabiliseraient leur revenu et s’ouvriraient l’accès au crédit bancaire ou au microcrédit». La «viabilisation» de la pêche artisanale va bien au-delà de son insertion dans l’économie formelle et l’amélioration des conditions de vie des marins. L’Office espère ainsi «généraliser» la traçabilité dans le secteur sans laquelle une partie de nos produits serait disqualifiée à l’export (voir aussi www.leconomiste.com).


30.000 personnes directement concernées

La population des marins pêcheurs qui se rue sur la région pendant la saison de pêche du poulpe est estimée à 30.000 personnes. Valeur aujourd’hui, la pêche poulpière se déroule sur une période de deux mois maximum. L’activité n’exigeant aucune technicité, ces «collecteurs de poisson» viennent de partout pendant cette fenêtre calendaire. L’objectif principal des villages de pêcheurs est de stabiliser ces populations en les formant à la pêche aux autres pêcheries en abondance, notamment au poisson blanc et les crustacés. La démarche est d’autant plus cruciale que les pouvoirs publics veulent casser la «poulpe-dépendance» de Dakhla, vu l’effondrement des réserves de cette espèce. Face à la raréfaction des ressources, deux options étaient possibles: soit se redéployer vers d’autres pêcheries, soit restreindre encore la période de pêche. C’est la première option qui a été choisie par les autorités.D’où l’aménagement des villages de pêche qui rentre dans le cadre des mesures décidées au printemps dernier par le gouvernement pour gérer l’après-poulpe et viabiliser économiquement la région de Dakhla. Abashi SHAMAMBA

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