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Politique

Le Sahara au Conseil de sécurité
Risque de “talibanisation”

Par L'Economiste | Edition N°:1886 Le 29/10/2004 | Partager

. Terrorisme, trafic humain... gros risques de pourrissement . La proposition espagnole déposée à l’ONU. Sortir de la logique de “cotations des sympathies diplomatiques”Dans le conflit du Sahara, quelle est actuellement la marge de manoeuvre de l’ONU? Le règlement de ce problème est relégué aux calendes grecques, le rapport de Kofi Annan relevant “avec regret” qu’aucune issue n’est envisagée pour le moment. Le conflit reste enlisé. Une nouvelle vision de règlement s’impose.Car comment l’ONU parviendra-t-elle à concilier l’inconciliable? D’un côté, le Maroc défend le principe d’autonomie sous souveraineté. De l’autre, l’Algérie soutient l’autodétermination. Une divergence radicale, aggravée par le refus de l’Algérie de se considérer partie au conflit. A moins que les deux pays ne fassent des concessions sur leurs principes. Ce qui est exclu pour le Maroc. “Aujourd’hui, le Maroc propose la seule voie possible de règlement du différend qui l’oppose à l’Algérie, une autonomie qui permette aux populations concernées de gérer leurs propres affaires locales dans le respect des prérogatives de souveraineté inaliénables du Royaume”, affirme Mohamed Bennouna, ambassadeur du Maroc à l’ONU. L’état actuel des choses, caractérisé par les escalades verbales entre le Maroc et l’Algérie, impose une explication des concepts des uns et des autres. Que veut réellement dire “autonomie sous souveraineté”? Et jusqu’où peut aller “le droit à l’autodétermination”? Le seul moyen est la voie diplomatique. Sinon, il y a risque de pourrissement de la situation. Il est vrai qu’on n’ira pas jusqu’à envisager la guerre, du moins selon Bouteflika, mais la tension et le statu quo ont des effets encore plus nocifs sur la région. Les mafias de trafic humain prospèrent, s’alarme l’ONU. Les camps, une région recluse subsistant grâce au bon vouloir de l’Algérie et des aides humanitaires, sont en passe de constituer un autre point noir dans l’Afrique de l’Ouest. Les Etats-Unis considèrent désormais que la vaste bande qui va de la corne de l’Afrique à la côte atlantique du Sahara constitue “un nouvel Afghanistan” où circulent des groupes de militants islamistes. Situation d’autant plus préoccupante que les confins désertiques du Sahel sont difficiles à surveiller des pays riverains du Sahara: Maroc, Algérie, Mauritanie, Mali, Niger, Tchad et Soudan.Il n’y a donc pas que les “sympathies diplomatiques” qui poussent les puissances européennes et américaine à intervenir. Les enjeux en matière de migration clandestine et de terrorisme prennent de l’ampleur. Madrid, encore plus déterminée que jamais, prépare un projet de résolution pour le 31 octobre, date de la tenue du Conseil de sécurité, et dont le contenu n’est pas connu. Mais aucune puissance étrangère, que ce soit l’Espagne, la France ou les USA, ne pourrait imposer un règlement. Car toutes ont des intérêts dans la région. “Le Sahara est une affaire secondaire pour les USA”, explique Bernabé Lopez Garcia, professeur d’histoire contemporaine de l’islam à l’Université autonome de Madrid. “Le Maroc est leur allié, mais les USA sont engagés depuis cent ans dans la philosophie de l’autodétermination. Ils chercheront un équilibre entre ces principes et leurs intérêts”. Les médiations étrangères servent à rapprocher les points de vue. Le reste dépend de la volonté des parties. Selon Mohamed Bennouna, l’émissaire onusien Alvaro de Soto “a fait une première évaluation où il appelle les parties à sortir de l’impasse actuelle et donc du plan Baker qui en est la cause”.Il y a très peu de chances que le conflit soit résolu si le débat entre le Maroc et l’Algérie n’est pas dépassionné et si on continue d’enfermer la question du Sahara dans une logique “de cours de sympathies diplomatiques”. Depuis quelques semaines, “la cote” du Maroc ne vaut pas grand-chose en Afrique du Sud. Aujourd’hui, elle gagne en valeur à Belgrade qui vient d’annuler la reconnaissance du Polisario par l’ex-Yougoslavie communiste. Et demain? Ce sont Rabat et Alger qui mettront fin ensemble à ce conflit qui dure depuis 30 ans. La résolution que l’Algérie a fait voter à l’ONU était un coup d’épée dans l’eau, en raison de l’importance du nombre d’abstentions. Mais elle renseigne sur les sentiments des pays membres à l’égard du conflit. La plupart ne sont ni pour l’Algérie, ni pour le Maroc. Cette neutralité, ou peut-être “neutralisation” (si pression diplomatique il y a eu), montre que beaucoup de pays attendent un règlement impartial et accepté par les deux parties.Nadia LAMLILI

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