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L’Odyssée Managem en Afrique de l’Ouest

Par L'Economiste | Edition N°:1872 Le 11/10/2004 | Partager

. Via sa filiale canadienne, le groupe inaugure une mine d’or au Niger . Et s’apprête à lancer un autre projet d’envergure au Burkina FassoLongée par les champs de sorgho et de mil, «la route vers l’or» est jonchée de fosses. Il faut environ deux heures et demie à partir de Niamey, la capitale nigérienne, pour se rendre à la mine d’or Samira Hill, le tout nouveau projet de la société minière Semafo, détenue par Managem et des investisseurs canadiens. Le site se trouve sur la frontière avec le Burkina Fasso, où la société s’apprête à lancer un autre projet d’envergure: la mine de Mana. Samira Hill, qui porte le nom de la fille de celui qui l’a découvert, a connu sa première coulée du métal jaune la semaine dernière. Le premier lingot, sorti de la “Gold Room” de l’usine, pesait 13,8 kilos. Et Semafo s’attend à une production de 135.000 onces (l’once est une mesure de poids anglo-saxonne équivalente à 31,103 grammes) pour la première année à un coût comptant d’exploitation de 177 dollars l’once. “Ce n’est là que le début d’une grande découverte”, se félicite Mostafa Hammoud, directeur à l’International de Managem. Une ceinture d’or entoure toute la vallée de Liptako sur la frontière avec le Burkina. Les yeux pétillants des Canadiens témoignent d’une convoitise qui rappelle les chercheurs d’or du Far West. La vallée du Liptako, connue pour son activité de l’élevage et l’agriculture, contient des gisements éparpillés, qui s’étalent sur une ligne, appelée “Horizon Samira”. A trois kilomètres plus loin, on retrouve le gisement du Libiri. Et au-delà de la frontière avec le Burkina, celui du Datambi. Les richesses naturelles “n’ont pas de frontières” dans cette région. Ce qui oblige les exploitants à envisager des mécanismes pour le partage des revenus. Des accords entre le Niger et le Burkina sont indispensables dans ce cas. Les responsables de Semafo envisagent le versement d’une redevance au Burkina (pour la mine Samira, Semafo verse 5% de royalties au Niger). Inaugurée en grande pompe, la mine Samira est le premier projet aurifère d’un Niger, classé parmi les pays les plus pauvres de la planète malgré ses réserves d’or et d’uranium. Un vrai coup de pub pour le président Mamadou Tandja, en campagne présidentielle, venu assister à l’inauguration avec une très forte délégation de notables et de responsables gouvernementaux. La cérémonie s’est déroulée dans une ambiance de fête électorale. Une femme chantait en montrant fièrement son boubou bariolé, où sont imprimées des images du président-candidat. La délégation marocaine comprenait l’état-major de Managem, Bassim Jaï Hokimi, PDG de l’ONA, et Mohammed Boutaleb, ministre de l’Energie et des Mines.La mine Samira, résultat de 10 ans d’exploration, aura coûté 71 millions de dollars, financée par Semafo, la société canadienne Etruscan et un groupement bancaire composé de la Banque africaine de développement, Proparco et de la BMCI. Samira Hill est la propriété à 40% de Semafo, à 40% de Etruscan et 20% détenus par la République du Niger.Vu le manque d’infrastructures, les exploitants ont investi dans l’équipement. L’eau est acheminée via un barrage, construit spécialement pour les besoins d’extraction. Il pleut assez au Niger, mais l’absence de mécanismes de récupération fait en sorte que l’eau coule très vite vers le fleuve Niger qui traverse tout le pays. La saison des pluies vient de se terminer. Et le barrage contient près de 4 millions de mètres cubes. Mais seuls 1,5 million seront réellement utilisés. Le reste se perd à cause de l’évaporation. “On envisage des procédés pour atténuer cette évaporation. Ce qui permettrait une économie de 30%”, indique Jean Lamarre, administrateur de Semafo. L’activité minière est une industrie consommatrice d’eau et d’énergie et le facteur risque y est prépondérant. Il faut 12.000 tonnes de minerais pour extraire 1 tonne d’or. Mostafa Hammoud, directeur général à l’International de Managem, explique que le métal précieux est acheminé vers la Suisse et la Grande-Bretagne, là où sont implantées les unités d’affinage, le suisse Metalor et l’anglais Johnson Matthey. Avec Samira, Kiniero en Guinée et Mana au Burkina, Managem entend faire de l’Afrique de l’Ouest son terrain de chasse, encouragée en cela par la proximité culturelle et linguistique. Des pourparlers sont en cours avec les autorités sénégalaises pour acquérir une mine dans la zone aurifère de Sabodala. Nadia LAMLILI

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