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Kénitra: Une mafia des ZI?

Par L'Economiste | Edition N°:1842 Le 30/08/2004 | Partager

. Des dizaines de lots attribués gratuitement. Parmi les bénéficiaires, des proches du président du Conseil communalScandale à la zone industrielle de Saknia à Kénitra. Des dizaines de lots attribués à des promoteurs qui ne sont jamais passés à la caisse pour payer la contrepartie. Une pépinière aménagée, mais qui ne fonctionne pas. Des infrastructures défaillantes qui choquent les visiteurs. Des lots inoccupés qu’on refuse d’attribuer à de nouveaux investisseurs. Des sommes importantes d’argent que la commune ne recouvre pas. Des lots cédés à des prix inférieurs au tarif normal bénéficient à certains élus. Et la liste est longue. Un rapport accablant sur la situation des attributions des lots réalisé par le département de l’Industrie dévoile des dysfonctionnements. La zone industrielle de Saknia qui s’étend sur plus de 46 ha présente sur le papier des opportunités d’investissement idéales. Située à l’ouest de la boucle de Oued Sebou, elle est donc proche de l’unique port fluvial du pays. La proximité de l’axe routier Casablanca-Tanger lui confère un statut privilégié de carrefour et de passage obligé vers le nord et l’est du pays. Autre atout qui rend la ZI de Saknia attrayante: le fait qu’elle soit traversée par le chemin de fer. Sur le terrain, la réalité est tout autre. Pas de route carrossable d’accès, pas d’éclairage public, pas de voirie, pas de ramassage d’ordures. Même la distribution du courrier n’est pas assurée. Les employés des usines de la ZI doivent se débrouiller pour venir y travailler, car aucune ligne de transport en commun n’a été prévue pour desservir la zone. Le projet national de pépinière d’entreprises qui s’étend sur plus de 2 ha au sein même de la zone est à l’abandon. Triste spectacle pour ce projet ambitieux destiné aux jeunes promoteurs et qui a coûté 5,15 millions de DH. «Un véritable gâchis», regrette un industriel de cette ZI. En effet, malgré la réception définitive de cette pépinière effectuée par une commission le 25 mars 2004, et d’après un rapport du département de l’Industrie du 30 juillet 2004, sur les 60 lots que compte ce programme national, aucun n’est en activité. Contrairement à la zone industrielle de Bir Rami aménagée par l’Erac dont les terrains sont à caractère collectif, les 46 hectares de la ZI Saknia appartenaient à l’ex-commune du même nom dont elle était l’aménageur. Actuellement, Kénitra ne compte plus qu’une seule commune au lieu de deux (Saknia et Maamora). C’est la commune de Kénitra qui a maintenant pris en charge la zone de Saknia. «C’est l’anarchie totale dans la distribution des lots. Comment la commission d’attribution a pu valider l’acquisition de certains terrains?» s’interroge un industriel. Selon le rapport du département de l’Industrie, le lot 37 a été cédé à El Houcine Talmost. Ce dernier n’est autre qu’un membre de la famille de Mohamed Talmost, actuel président du Conseil communal de Kénitra.Le prix du lot, 230.695 DH, n’a jamais été payé par cet acquéreur au profit de la commune. Selon des industriels de la ZI, ce lot abrite actuellement une unité de matériaux de construction gérée par le président de la commune lui-même. Pourtant, l’article 22 de la nouvelle charte communale stipule en substance qu’il est interdit, sous peine de révocation sans préjudice de poursuites judiciaires, à tout conseiller d’entretenir des intérêts privés avec la commune dont il est membre, de conclure des actes ou des contrats de location ou toute transaction portant sur des biens de la commune… soit à titre personnel soit comme actionnaire ou mandataire, soit au bénéfice de son conjoint, ses ascendants et ses descendants directs. Mais tous les moyens sont bons pour contourner cette loi et profiter d’un contrat avec la commune en faisant jouer des proches. En face du lot 37, c’est un dépôt de sable qui a pris place au lieu d’un vrai investissement industriel! «Il s’agit d’un trafic de sable à grande échelle que connaît cette ZI», commente un groupe d’industriels. Des camions de grand tonnage viennent la nuit, remplis de sable qui provient de carrière anarchique, notamment de Mnasra, Ben mansour et Bikmeur. Ce lot appartient à un membre du conseil de la Région qui a acheté le m2 à 35 DH (au lieu de 145 DH/m2, le prix normal affiché pour les autres lots). Mais le comble, c’est que cet élu n’a jamais réglé de facture. La contrepartie du lot qui s’élève à 751.240 DH n’a jamais été payée depuis 1989. C’est du moins ce qu’indique le rapport du département de l’Industrie. Alors que la bataille de l’investissement fait rage dans d’autres pays concurrents, à la ZI Saknia c’est tout à fait le contraire. Hormis quelques industriels, l’essentiel des lots a été cédé pour des projets qui ne génèrent aucune valeur ajoutée. Souvent des acquéreurs qui n’ont jamais payé le prix du lot se contentent de construire des dépôts ou hangars qui restent inexploités. Pour l’heure, à peine une dizaine de lots restent à pourvoir (sur 121). Et curieusement, les demandes des nouveaux industriels sont rejetées sous prétexte que «tous les lots sont occupés». A noter que le taux de valorisation des lots de cette ZI est seulement de 56%. Pourtant cette zone existe depuis 1982. Selon des industriels sur place, le gouvernement aurait bloqué un financement de 12 millions de DH pour la mise à niveau de cette zone. Motif : absence de garantie permettant une meilleure utilisation de cet argent vu les antécédents de gestion des affaires de cette zone.De notre correspondant,Yacine AMINE

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