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Affaires

Jerrada veut oublier ses mines

Par L'Economiste | Edition N°:1853 Le 14/09/2004 | Partager

. Agriculture, élevage et aussi tourisme pour remplacer le charbon. Mais les opportunités d’investissements restent encore mal connuesOn la dit “sinistrée”, mais Jerrada, en fait, vit mal la transition après le départ des Charbonnages du Maroc (CDM) à la suite de la fermeture des mines de charbon. Nostalgique d’un temps où tout était géré par la grande entreprise. Des écoles aux centres de soins et aux colonies de vacances, c’étaient les CDM. Aujourd’hui, il y a nouvelle donne et c’est l’Etat qui s’occupe désormais de tous les secteurs. En parlant de Jerrada, on oublie souvent que c’est une vaste province et non seulement une ville dont l’histoire est restée trop longtemps accrochée au charbon et à son exploitation. Au nombre élevé de décès également. C’est surtout l’hiver qui enregistre le plus haut taux de mortalité surtout parmi la population masculine. C’est la silicose qui en était la principale cause. Depuis la fermeture de la mine, ce taux a largement chuté. Actuellement, toute la province se penche sur son avenir et le réfléchit autrement. Loin sont derrière les belles épopées du charbon. L’avenir est là et c’est maintenant qu’il faut s’en occuper.Conscients de l’extrême urgence de la situation, les pouvoirs publics ont multiplié les démarches en vue d’offrir à cette région toute l’aide nécessaire. Jusque-là, les populations étaient plutôt “des assistés”. Et c’est ce qui a fait que la transition a été mal vécue.En parcourant le territoire de cette province, limitrophe avec l’Algérie, on est immédiatement fasciné par la variété de sa faune et de sa flore. Et l’on se rend compte alors que bien des potentialités n’y sont pas encore exploitées. Malheureusement. Les vastes étendues de terres pourront être autant de champs fertiles où une agriculture moderne a toutes les chances de réussir. En effet, l’eau y est abondante et la pluviométrie correcte. Déjà, des exploitations ont commencé à s’installer dans la région. Un grand agriculteur a réussi à faire pousser des pruniers et aussi des pommiers donnant de belles “golden”. “Les techniques modernes d’irrigation, notamment le goutte-à-goutte, donnent d’excellents résultats”, explique Mourad, chef de la division des affaires rurales (DAR) à la province de Jerrada, lui-même spécialiste des questions agricoles. Dans la 4x4 l’adjudant-chef des Eaux et forêts Si Ahmed, corrobore ses dires. La région est riche en potentialités agricoles, certes, mais également touristiques et forestières, explique-t-il. Et c’est justement en parcourant les forêts de la région que l’on est subjugué par la beauté des sites. Un investisseur français a, d’ailleurs, déjà déposé son dossier auprès des autorités compétentes pour la création d’un site touristique, où les randonnées équestres, ou à moto, seront les principales attractions. Non loin, Touissit. Un petit village qui a fait couler beaucoup d’encre. Son histoire est restée attachée à celle des mines. Mais elle ne se termine pas encore même si les mines de Touissit ne sont plus aujourd’hui qu’un vague souvenir ravivé par les “dunes” de terre dont était extrait le plomb. A la levée du vent, la poussière devient un véritable calvaire pour les habitants. Touissit était, du temps du colonialisme un véritable petit paradis, raconte un responsable local. Les constructions ont d’ailleurs gardé ce cachet. Le clocher de l’église a été transformé en minaret surplombant ce qui fut, il y a quelques années encore, la cité des ouvriers. Aujourd’hui désertée, c’est une cité morte. Quelques personnes y vivent encore. Des nostalgiques certainement qui préfèrent la froideur des murs de cette cité fantôme au froid et à la chaleur de la rue. Le périple continue. On ne pouvait visiter la province de Jerrada sans voir Aïn Bni Mathar. A quelques kilomètres de la frontière avec l’Algérie, c’est une ville naissante et paisible qui se profile à l’horizon. Bni Mathar, c’est aussi un vaste territoire dominé par les nappes alfatières. A perte de vue, c’est l’alfa. A flanc de montagnes ou sur les plateaux, les touffes d’alfa ont opéré une occupation proportionnée des sols. On dirait des champs de champignons géants qui ont poussé sur une superficie de 276.252 hectares. L’exploitation de l’alfa n’est plus ce qu’elle était, nous explique-t-on. Sur le marché, cela ne rapporte plus grand chose, mais ces étendues d’alfa participent au maintien en bon état des sols. Leur action contre l’érosion et aussi le déplacement des terres est bien connue. A côté de l’alfa, on rencontre aussi des étendues où le “chih” pousse en grandes quantités. Plante aux vertus médicales reconnues, le “chih” pousse à l’état naturel. Mais là encore, on a du mal à comprendre pourquoi on n’en fait pas une exploitation rationnelle qui serait bénéfique à l’économie de toute la région. C’est une question d’état d’esprit, nous dit-on. Les populations de la région sont connues pour être surtout des éleveurs. Le parcours pour l’alimentation des bovins et caprins s’étend sur de très grandes superficies et en parcourant le territoire de la province de Jerrada, on rencontre souvent de ces nomades des temps modernes. Tentes en laine de bouc et … camions. Ils ne se déplacent plus à dos de bêtes, mais dans des véhicules en assez bon état. C’est toute la famille qui suit ce mode de vie, cette manière de vivre la transhumance en continu. Sans se priver de quoi que ce soit. L’énergie est fournie par les batteries des camions, la laine et la viande par les troupeaux. Ils ne restent pas trop longtemps au même endroit. Quelques uns ont choisi de se sédentariser et font de l’élevage intensif alimentant en race ovine “Bni Guil”, les souks et marchés de la région et même au-delà. Les potentialités agricoles de la province sont immenses. Malgré une pluviométrie, qui n’est pas toujours assez consistante, la province dispose d’immenses réserves en eau. La nappe phréatique d’Aïn Bni Mathar offre pas moins de 10 milliards de m3. Dans certains endroits, l’eau est à seulement 10 mètres. C’est pourquoi l’irrigation par pivots et aussi par pompes est très répandue. Après l’agriculture, c’est certainement le secteur du tourisme qui offre le plus de potentialités et aussi d’opportunités d’investissement. L’activité touristique est en effet encore embryonnaire dans la province. Un secteur vierge que les autorités veulent dynamiser au vu de l’énorme potentiel jusque-là inexploité. Le relief de la province constitué essentiellement de hautes montagnes couvertes par un tissu forestier très intense, autant d’atouts pour le développement d’une activité de tourisme de montagne. La variété aussi du gibier peut constituer aussi une niche à développer. La province de Jerrada n’est donc pas sans ressources. Bien au contraire. Le potentiel économique de cette province est bien réel. Encore faut-il en encourager l’exploitation. L’action de l’Etat et aussi des pouvoirs publics locaux doit davantage s’orienter vers la promotion de la région. Celle-ci vient d’ailleurs d’être incluse dans le programme de l’Agence pour le développement des provinces du Nord. Mais surtout que ce ne soit pas seulement une bouée de secours, mais uniquement une locomotive à laquelle viendraient s’accrocher tous les secteurs productifs. Jamal Eddine HERRADI

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