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Culture

Fête de la musique
L’Euro 2004 vole la vedette au spectacle

Par L'Economiste | Edition N°:1794 Le 21/06/2004 | Partager

. Les gens n’étaient pas nombreux à venir participer à la fête. La plupart ne sont pas au courant des festivités, malgré les quelques affichages C’EST aujourd’hui la journée mondiale de la musique. Le spectacle était déjà au rendez-vous hier et avant-hier sur les grandes places de Casablanca et aussi d’autres villes. Mais les spectateurs, eux, n’étaient pas très nombreux à venir. L’Euro 2004 aurait peut-être volé la vedette à la fête de la musique. En effet, la plupart ont préféré rester chez eux pour voir le match Hollande-République tchèque, retransmis à la télé, plutôt que de faire la fête. Nous sommes loin des grandes foules des deux dernières éditions. A Casablanca, le peu de monde sur les lieux de spectacle s’explique également par le fait que les festivités étaient prévues à plusieurs endroits, commente un membre organisateur. «C’est l’effet de la proximité. Nous avons voulu que chaque Casablancais puisse fêter la musique dans son quartier», ajoute-t-il. Reda Allali, chanteur-vedette du groupe «Hoba Hoba Spirit», note qu’il n’y a pas eu suffisamment de communication autour de l’événement. En effet, des étudiants parmi le public confirment cela. «Nous sommes ici par hasard. Nous sommes en pleine préparation des examens et nous avons été attirés par la musique», affirment ceux qui fréquentent le jardin de la Ligue arabe. L’ambiance n’était pas vraiment au rendez-vous, malgré les efforts de l’animateur Khalid Nizar et les autres chanteurs. Deux types de public étaient présents. Les moins jeunes, sortis en famille, se sont contentés d’écouter la musique. Pour eux, cette fête est une occasion de sortir les enfants. Les jeunes, plus excités, ont pris d’assaut les devants de la scène. Peu nombreux par rapport à l’espace de La Casablancaise, ils ont essayé de créer l’ambiance. Mais apparemment, ils sont restés sur leur faim. Certains n’ont pas apprécié les styles de musique proposés. D’autres auraient préféré un peu de chaâbi. Le groupe Hoba Hoba Spirit et les chansons chaâbies diffusées dans les intervalles, étaient les rares moments d’euphorie. Moulay Taher, de Jil Jilala, groupe mythique des années 70, est content de participer à l’événement. Pour lui, les vétérans doivent donner un coup de pouce aux jeunes talents pour assurer la relève. «C’est toujours un réel plaisir de côtoyer les jeunes talents. Néanmoins, certains de ces groupes doivent faire attention à l’identité culturelle de ce qu’ils présentent», explique Moulay Taher.M’hamed Drief, wali de Casablanca, Mohamed Sajid, maire de la ville et Abderrahim Harouchi, ministre du développement social sont venus partager des moments de plaisir avec le public de La Casablancaise. Ravi, le ministre a même esquissé des petits mouvements de danse. «Je suis ici en tant que Casablancais et je suis très heureux de partager cette fête avec le public. Nous venons tout droit de Ben M’Sick, et les gens sont aussi satisfaits. C’est ça une vraie politique de proximité», explique-t-il. Globalement, la fête s’est déroulée dans la sérénité. Seul incident de la soirée: Cherif, chanteur de Lamchaheb, a eu un accrochage avec un agent de police. Ce dernier ne l’ayant pas reconnu, l’avait empêché de passer au-delà des barrières. Sans l’intervention des organisateurs, l’incident aurait pu tourner au vinaigre. Dans les alentours de La Casablancaise, des couples profitent de la fraîcheur du coin. La fête de la musique ne semble les intéresser ni de près, ni de loin.. Derb SultanPlus loin, à partir de 19h30, la musique commence déjà à rythmer l’espace d’Alouyoun, près du marché de gros du charbon, à Derb Sultan. Au tout début, c’est la troupe Casa Stone, aux multiples styles, qui a attiré les premiers venus. «Nous passions par le Boulevard Mohammed VI. Le son de la musique et le décor nous ont détournés de notre chemin. On ne savait pas qu’il y aurait une soirée ici», affirmaient deux jeunes spectateurs. Pour d’autres, «beaucoup de nos amis sont restés au quartier (derb). Ils ne sont pas au courant qu’il va y avoir une fête de la musique». Mais c’est surtout le match de l’Euro 2004 qui intéresse les jeunes de Derb Soltan. A 20h, à peine quelques dizaines de spectateurs se trouvent à la place Alouyoun, et par pur hasard. Ils applaudissent la troupe Casa Stone. Cette dernière chantait gnawa, funk et reggy. Quelques jeunes se laissaient emporter par la musique gnawi. Sur cette note, Casa Stone, s’apprêtait à quitter la scène. L’animateur de la soirée réapparaît. Il veut dissuader les gens de partir: «Notre soirée est encore longue. Restez avec nous. Vous n’allez pas être déçus. La troupe «Nass Al Ghiwane» ne tardera pas à venir. Deux enfants, impatients, prient leur mère de partir. Cette dernière tente de les calmer. «Je suis venue pour voir Al Ghiwane. C’est une troupe qu’adorent petits et grands. La chanson d’Al Ghiwane n’a rien à voir avec la cacophonie du spectacle d’aujourd’hui». Le jeune Chafik remonte sur scène. Il guide la troupe Ghazal, connue par son style populaire. La fièvre s’empare des spectateurs. Tout le monde d’un seul ton crie «Sla ou Slam…» Dès que la musique commence, des jeunes se mettent à danser. Pour leur part, les adultes et les rares filles et femmes qui étaient présentes restaient calmes. Des vendeurs de café, de cigarettes et de gâteaux se faufilent entre les gens. Mais la soirée n’était pas très porteuse. A 21h30, la troupe vedette entre en scène: Nass Al Ghiwane. Le public devient de plus en plus nombreux. Applaudissements et acclamations vont bon train. Enthousiastes, des jeunes se portent sur les épaules. Ils se déhanchent et se dandinent. Tout le monde, dans un même élan, chante avec Al Ghiwane «Lay Laha illa Lah», «Mahmouma», «Sabra ou Chatila», titres qui ont fait la gloire du groupe. Les titres comme «Sabra ou Chatila» suscitent chez le public une adhésion spontanée.


Et les SDF…

Parmi les grands bénéficiaires de la Fête de la musique à La Casablancaise, figurent les SDF. Ravis de profiter d’un spectacle gratuit, leur présence parmi le public a été des plus remarquées. Repérables à leurs torchons induits de colle, ils n’arrêtaient pas de sautiller dans tous les sens. L’un d’eux a créé beaucoup d’animation autour de lui. Il avait commencé à faire le clown devant les spectateurs, tout en narguant les agents de police. Excédé, un agent l’a conduit à l’extérieur sous les huées et les applaudissements des spectateurs.Mohamed AKISRA et Ali JAFRY

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