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Exploiter les gisements d’idées

Par L'Economiste | Edition N°:1888 Le 02/11/2004 | Partager

. Une des croissances les plus élevées d’Europe. Un créneau porteur: le tourisme d’affaires et de congrès. Plus de 20.000 entreprises créées par an, dix fois moins à Casa«Attribuer le développement de l’Espagne uniquement à l’aide européenne est une explication bien trop simpliste et trop facile», tient à souligner un responsable économique de la ville de Madrid. Pour lui, l’entrée de son pays à l’UE a, certes, permis un grand décollage dans tous les domaines, mais “les Espagnols ont compris l’enjeu de se retrousser les manches et de travailler en investissant particulièrement la formation”. Ce constat est aujourd’hui relevé sur le terrain. Les visiteurs, qui reviennent en Espagne après plusieurs années, le voient bien dans différentes villes du pays.C’est le cas de Madrid, aujourd’hui en pleine effervescence. Elle affiche une éclatante santé avec des performances économiques qui n’ont plus rien à envier à de nombreuses villes européennes de même niveau. “Madrid est actuellement une communauté prospère avec une croissance économique élevée, une sorte d’Ile de France à l’espagnole”, comme la qualifie José Manuel Reyero, responsable de Promo Madrid. Une agence du gouvernement régional, créée il y a trois mois, en charge du développement des relations internationales de la communauté. Sa mission est de promouvoir les entreprises madrilènes à l’étranger et d’attirer les investissements étrangers vers la communauté autonome. Près de 74% des investissements étrangers directs en Espagne ont pour destination la communauté de Madrid, qui cumule 30% des investissements espagnols en R&D, et enregistre 42% du chiffre d’affaires national du secteur de la technologie. Concernant particulièrement les investissements étrangers, il n’existe plus aucune obligation de “vérification préalable” de la part des autorités. La seule démarche que doit effectuer l’investisseur non résident est une déclaration a posteriori, une fois l’investissement réalisé. . Porte-drapeau vs léthargieCôté création d’entreprises et d’emplois, les chiffres avancés sont assez impressionnants. Ainsi, depuis 1995, plus de 650.000 emplois ont été créés dans la Communauté, principalement par les petites et moyennes entreprises. Chaque année, il se crée entre 20.000 et 22.000 entreprises (15% sont d’origine étrangère). Sur ce total, près de 500 entités sont générées par le programme Imade (Institut madrilène du développement). Les missions de cet organisme public à caractère commercial sont notamment l’appui à la création d’entreprises, d’infrastructures ou encore l’appui à l’internationalisation des entités madrilènes. A titre de comparaison, selon les chiffres du CRI (Centre régional d’investissement), plus de 1.700 entreprises ont été créées à Casablanca à fin septembre 2004 (cf. www.leconomiste.com). A Madrid, précise Rodolfo del Olmo Lopez, gérant de Imade, toutes les procédures administratives et juridiques de création nécessitent 48 heures.Par ailleurs, dans son programme de développement de la ville, le gouvernement régional s’est fixé, depuis plusieurs années, l’objectif de la positionner en tant que “capitale d’affaires internationales, de tourisme, de congrès et d’expositions”. Les centres de conventions combinent la capacité d’accueil de grands événements avec l’organisation de rencontres de moindre assistance. En 2003, le nombre de participants a connu une hausse de 19,8% par rapport à l’année précédente et celui des manifestations de 13,7%. Il est estimé que toute cette activité représente un volume économique annuel de 589 millions d’euros. . Gisements d’idéesAutre point à l’actif de Madrid, Ifema qui est aujourd’hui considéré comme l’un des lieux d’exposition des salons et foires les plus importants de l’Europe. Cette gigantesque foire est en fait le porte-drapeau de la ville. Un centre d’exposition de cette grande envergure est forcément un moyen de promouvoir une ville et les infrastructures dont elle dispose. Casablanca, la capitale économique du Maroc, et même le pays, ne dispose pas d’une infrastructure d’exposition digne de ce nom. A l’exception de celle de l’Office des Changes qui, de temps en temps, accueille des Assises sectorielles ou des salons. Mais une culture de salon, le Maroc ne l’a pas. Des manifestations sont encore aujourd’hui tenues dans un état déplorable d’organisation avec une quasi-absence d’infrastructure moderne à mettre à la disposition des exposants nationaux et étrangers. Il n’y a pas de miracle: le Maroc et ses compétences seraient inspirés à s’essayer à cet exercice thérapeutique: voir ce qui se passe ailleurs, c’est comme cela que l’on peut avancer. En effet, car au-delà de l’exposition, ces salons représentent l’endroit idéal pour les opérateurs de voir ce qui se fabrique et ce qui s’invente. Bref, les opportunités et les gisements d’idées. Et en même temps, une organisation bien faite et bien huilée, c’est un coup de promo de plus pour le pays.L’exemple de la Foire de Madrid en est assez édifiant. Créée il y a 25 ans, à l’initiative de la Chambre de commerce de Madrid, Ifema compte plus 150.000 m2 de surface d’exposition, distribués sur 10 pavillons. Les travaux d’agrandissement pour doter cette institution de deux autres pavillons sont déjà en cours, ce qui lui permettra de disposer de 200.000 m2 en septembre 2006. Ifema propose 70 salons par an, dont 44 organisés par ses soins. Parmi les manifestations que les hommes d’affaires marocains connaissent bien, figure le Fitur, salon du tourisme.Ifema c’est aussi plus de 20.000 entreprises exposantes, plus de 1.100.000 m2 d’espace de stand loué et 3,8 millions de visiteurs, dont 1 million de visiteurs commerciaux. Pendant 25 ans, Madrid a vu passer plus de 1.000 salons auxquels se sont rendus près de 55 millions de visiteurs et auxquels ont participé 370.000 entreprises exposantes. Ces chiffres qui donnent le tournis ne s’arrêtent pas là: la Foire de Madrid possède une cuisine de 2.800 m2 et 19 chambres froides pour 28 unités de restauration qui permettent de distribuer 10.037 repas par jour! Elle comprend aussi un grand réseau de fibre optique qui s’étend sur la totalité du site dans le but de mettre à disposition un service audio et des renseignements à tous les exposants, ainsi qu’une base de données de 6.000 numéros de téléphone des bureaux, des exposants, des restaurants. Quant à la mobilité des visiteurs, la foire dispose de 62 ascenseurs, 10 escaliers mécaniques et plus d’un kilomètre de tapis roulant. Enfin, cette institution crée une activité correspondant à 1% du PIB de Madrid (1,5 milliard d’euros) et environ 35.000 emplois par an.


Quelques données-clés

■ Population: près de 5 millions d’habitants. Près de 70% des Madrilènes ont moins de 45 ans, faisant de la région l’une des plus jeunes d’Europe.■ PIB par habitant: 21.504 dollars/tête; soit 36% supérieur à la moyenne espagnole et 12% à celle de l’UE. Le PIB par tête au Maroc est de 1.180 dollars, soit 18 fois inférieur à celui des Madrilènes.■ Infrastructures: 70 millions de passagers par an à partir de l’année prochaine! Tel est l’objectif assigné à l’aéroport de Barajas dont l’agrandissement est presque achevé. Budget consacré: 4.700 millions d’euros (terminals, tours de contrôle et infrastructures), soit 47 milliards de DH. Près de la moitié du budget a été utilisé pour le système de livraison des bagages (91 km).■ Industrie-services: Le secteur des services est le plus important car il emploie les trois quarts de la population. Les industries les plus avancées sont l’aéronautique, l’informatique et les télécommunications. Il existe 653 zones industrielles dans la Région de Madrid, et un parc technologique où sont installés des centres de recherche, des entreprises aux activités de R&D, des entreprises de biotechnologie, de télécommunications, d’information, et de microélectronique. La Chambre de commerce de Madrid est en train de promouvoir l’implantation d’un “cluster” technologique, une concentration d’entreprises qui puissent faire de la région “une référence à l’échelle mondiale”, dans des secteurs comme la biotechnologie, l’industrie pharmaceutique, les technologies de l’information et des communications. Un projet dans lequel sont impliquées aussi bien l’Administration, l’Université que la société civile, par l’intermédiaire des chefs d’entreprise.■ Tourisme: 6 millions de touristes par an en constante évolution. L’année dernière, ce chiffre a augmenté de 2% par rapport à la moyenne nationale.■ Enseignement: Il existe 7 universités publiques et 5 privées dans la région de Madrid. Elles ont au total 250.000 étudiants. Il existe en plus 3.600 autres centres d’éducation complétant le système universitaire dans la région et qui comptent 1,5 million d’étudiants.■ Installations sportives: plus de 18.000 dans toute la région, les plus nombreuses étant consacrées à la pratique du tennis et de la natation. En 2004, la région a investi 88 millions d’euros pour soutenir la candidature de Madrid aux Jeux olympiques de 2012, et aussi encourager le sport à l’école et la promotion sportive. Plus de 300 chantiers ont démarré ou sont prévus dans les municipalités de la région afin d’améliorer les infrastructures sportives.

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