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Expertise-comptable
«Les praticiens doivent aussi être des conseillers»
Interview avec William Nahum, président du Conseil supérieur de l’ordre des experts-comptables de France

Par L'Economiste | Edition N°:1795 Le 22/06/2004 | Partager

Les experts-comptables marocains veulent diversifier leurs prestations. Logique, tous les cabinets ne peuvent pas se targuer d’exercer des missions de commissariat aux comptes. Il faut donc chercher d’autres services destinés à assurer la pérennité de l’activité et surtout son développement pour permettre son accès à l’Ifac.William Nahum, président du Conseil supérieur de l’ordre des experts-comptables de France livre à L’Economiste son avis sur ces questions cruciales pour l’expertise-comptable au Maroc. - L’Economiste: Outre les missions classiques de tenue des comptes, quels seraient, selon vous, les gisements de développement de votre profession?- William Nahum: En France comme au Maroc, je crois que nous sommes à 90% des cas les seuls intervenants extérieurs au sein de l’entreprise. Par conséquent, l’expert-comptable doit savoir accompagner l’entreprise au-delà de la simple tenue des comptes pour lui fournir un vrai conseil en ingénierie économique. Aujourd’hui, les petits commerces qui constituent d’ailleurs nos principaux clients ont des problèmes très divers relatifs notamment au marketing ou encore à la production. C’est pour cette raison que les experts-comptables devront acquérir des compétences afin d’orienter nos clients et leur conseiller la stratégie à suivre surtout pour faire face aux géants et à l’avancée de la mondialisation. Il s’agit, comme je viens de le préciser, de nos principaux clients, et leur survie implique la nôtre. - Croyez-vous que les entreprises soient prêtes à payer le juste prix pour ces services additionnels?- Oui. Je suis absolument convaincu que lorsqu’elles auront un besoin, les entreprises feront appel à l’expert-comptable et à l’ingénieur en économie d’entreprises que nous sommes et que nous devrons être. L’exemple du petit épicier du coin, qui fait désormais face à une grande enseigne, est édifiant à ce titre. Ces commerçants ont de plus en plus besoin de petits conseils qui ne nécessitent pas forcément de grands débours et que nous sommes en mesure de donner afin de relancer l’activité. - Vous insistez beaucoup sur la mission de conseil. Où en est le Conseil supérieur de l’ordre des experts de France dans la guerre qu’il mène contre les avocats pour briser leur monopole en matière de conseil fiscal?- Une loi a été promulguée le 25 mars 2004. Elle prévoit une réforme de l’ordonnance de 1945 régissant les experts-comptables en ajoutant un alinéa 5 à l’article 2. Celui-ci donne la possibilité aux experts-comptables d’accompagner la création de l’entreprise sous tous ses aspects comptables ou à finalité économique et financière. Cela consacre le droit de l’expert-comptable de recevoir un créateur d’entreprises, ce qui jusqu’ici était contesté par les juristes. Quoi qu’il en soit, et par le jeu de l’article 2 et 22 de cette même loi, l’expert-comptable peut, en accessoire de sa mission principale, donner des conseils juridiques, fiscaux et sociaux, ce qui résout le problème et clarifie le terrain. J’espère de mon côté que les avocats intégreront cette évolution qui ne fait que consacrer les besoins des clients. - Le modèle français qui sépare les deux corps de métiers, commissariat aux comptes et expertise comptable, offre-t-il, à votre avis, une garantie contre les conflits d’intérêts?- Nous avons en France deux institutions séparées. D’un côté, la Compagnie nationale des commissaires aux comptes et, de l’autre, l’ordre des experts-comptables. Il s’agit d’une construction historique qui aurait très bien pu être imaginée différemment, avec notamment les deux métiers au sein d’un seul et unique corps. Ce qu’il faut retenir par ailleurs, c’est qu’au sein d’une entreprise donnée, le commissaire aux comptes ne doit effectuer que du commissariat aux comptes, il ne doit en aucun cas donner des conseils. En revanche, le fait qu’un professionnel soit à la fois expert-comptable et commissaire aux comptes constitue un enrichissement indéniable et indispensable pour maintenir l’équilibre technique des cabinets.- Pensez-vous que la situation actuelle de la profession au Maroc répond aux exigences de la Fédération internationale des experts-comptables et commissaires aux comptes (IFAC)?- Je crois que la profession évolue de manière extrêmement positive au Maroc. D’ailleurs, cette rencontre prouve le niveau élevé de réflexions et de discussions qui caractérise les professionnels de cette branche d’activité. Aussi, le niveau de formation est tout à fait identique à celui de la France. Par conséquent, je pense que la profession marocaine s’équipe et évolue de manière à intégrer le giron international et j’espère, d’ailleurs j’y veille personnellement, qu’elle sera bientôt admise à l’Ifac.Propos recueillis par Naoufal BELGHAZI

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