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Création d’entreprises: Vive l’échec!

Par L'Economiste | Edition N°:1916 Le 14/12/2004 | Partager

. Le ministre de l’Industrie promet la généralisation des pépinières. L’échec ne doit pas être vécu comme une honteLes Cjdistes (adhérents au Centre des jeunes dirigeants- CJD) ont de la suite dans les idées. A la première édition de la journée de l’Entreprise (1), les jeunes patrons du CJD ont invité l’humoriste Saïd Naciri pour «colorer» les débats parfois «trop sérieux» dans ce type de rencontre. Le tout, agrémenté par de «jingles» entre les tables rondes. Saïd Naciri n’a pas manqué l’occasion pour s’en prendre aux banquiers qui «hypothèquent» la création d’entreprises avec les hypothèques qu’ils exigent de promoteurs. Mais un des messages que voulaient transmettre les jeunes patrons était de dédramatiser l’échec (au CJD, on dit vive l’échec!) et pousser au changement du regard de la société vis-à-vis de ceux qui prennent des risques. C’est-à-dire les entrepreneurs et les chefs d’entreprise. La réussite sociale de chefs d’entreprise est mal perçue dans la société. Il y a toujours une suspicion sur un patron qui gagne de l’argent et affiche sa réussite. Il est accusé soit de ne pas payer ses impôts, soit de ne pas déclarer tous ses salariés. Au mieux, il a hérité. Il s’agit aussi de lutter contre la «prohibition de l’acte d’entreprendre», selon l’expression d’un Cjdiste et de pousser les pouvoirs publics (c’est leur rôle) à mettre en place un environnement propice à la création d’entreprises.Pour cela, il faut aussi savoir valoriser l’échec qui est à la prise de risque, ce que la sève est pour les végétaux. Sans l’échec, l’esprit d’entreprise n’existerait pas. Il n’y a donc pas de honte à se planter sur projet. D’un échec, il y a toujours une leçon à tirer. Les échecs font partie de ce que les économistes qualifient processus de «création destructrice».Un jeune MRE est venu témoigner de difficultés qui avaient emporté son entreprise. Ce qui est courageux dans une société où se planter est vécu comme une honte. Après avoir démarré sur les chapeaux de roue, avec des marchés à l’export de Dubaï jusqu’au Pakistan, sa PME va très vite se heurter au problème de fonds de roulement. Les banques n’ont pas suivi. Impossible d’honorer les commandes, de plus en plus importantes. En phase de démarrage, pensez toujours à assurer le besoin en fonds de roulement, conseille-t-il. Ici, intervient la relation avec le banquier. Aux futurs promoteurs, il lance: surtout ne vous adressez pas à l’agence bancaire la plus proche. Allez directement à la succursale. La décentralisation dont parlent tant les banquiers se limite au discours. Dans la pratique, il n’en est rien.Les instruments financiers de soutien à la création d’entreprises existent mais, peut-être, pas assez vulgarisés. Dans certains cas, ils ignorent certaines activités, comme les services. De l’autre côté, les projets novateurs sont souvent rares, rétorque un banquier qui voit surtout défiler des dossiers liés aux professions médicales dans son département.Malgré un emploi de temps démentiel, Salaheddine Mezouar, ministre du Commerce et de l’Industrie, a passé toute la matinée avec les Cjdistes au Technopark. Un geste apprécié par les organisateurs car c’était le jour de l’anniversaire du ministre. L’assistance l’attendait sur le rôle de l’Etat dans l’accompagnement de promoteurs de projets puisque c’est souvent là que se pose le gros du problème. Il y a également l’information sectorielle pas toujours disponible quand on en a besoin.. Le rôle des grandes entreprisesMezouar a reconnu que les mécanismes financiers actuels gagneraient à être plus simples et mieux vulgarisés. Il aurait pu ajouter la complexité administrative qui se dresse devant les prétendants. Le ministre compte par ailleurs sur son programme d’incubateurs qu’il entend étendre à toutes les régions (il a été impressionné par ce qu’a réalisé la région de Malaga) et la simplification des outils de facilitation d’accès au financement. Les grandes entreprises devraient aussi jouer leur rôle en développant par exemple le parrainage de manière à limiter la mortalité de petites entreprises (TPE) ou en respectant les délais de paiement. On touche là, la plus importante pathologie qui atteint le monde des affaires au Maroc. Un ou deux gros chèques impayés peuvent emporter une petite entreprise. Et c’est très courant, confirme un responsable d’Eurest Maroc qui travaille avec une noria de petits fournisseurs et d’entreprises individuelles dans tout le pays. Les TPE constituent, de loin, la majorité dans la population des entreprises. Les beaux schémas techniques qui président à la confection des outils d’accès au financement ne sont pas adaptés à ces structures. Le rôle des grandes entreprises, qui sont des clientes des TPE, devient crucial dans leur structuration et la mise à niveau. Eurest Maroc qui présentait son expérience exerce dans une activité où la sécurité alimentaire est exigence absolue. Par des conseils, l’assistance et, par le biais de cahier des charges, la société a réussi à structurer des centaines de ses fournisseurs (parfois des marchands de légumes ou de viande) avec lesquels elle travaille. Parfois, Eurest s’est substitué au banquier (par des avances de trésorerie). Abashi SHAMAMBA-----------------------------------(1) La section Casablanca du Centre des jeunes dirigeants (CJD) a organisé la première Journée nationale de l’Entreprise le samedi 11 décembre au Technopark de Casablanca. Le thème central était «Cap sur l’entreprenariat, créateur de richesses et d’emplois».

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