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Economie

Contrebande
«L’industrie» algérienne débarque

Par L'Economiste | Edition N°:1885 Le 28/10/2004 | Partager

. Importés clandestinement, les produits algériens inondent les marchés populaires . Le phénomène prend des proportions inquiétantes pendant le Ramadan. Les industriels marocains tirent la sonnette d’alarme La contrebande prend des proportions inquiétantes dans les marchés casablancais. Partout dans les souks à Casablanca comme ailleurs, le phénomène a pris une telle ampleur qu’il est devenu banalisé, non seulement par ceux qui le pratiquent, mais aussi par la ménagère. Les commerçants ne s’en plaignent pas. Les consommateurs non plus. “Chacun y trouve son compte”, argumente un vendeur. Il faut dire que Ramadan, un mois de grande consommation, constitue une aubaine pour que ce type de commerce se développe et tisse sa toile, souligne un autre commerçant. De leur côté, les commerçants rivalisent d’arguments pour attirer la clientèle et vantent la bonne qualité de leurs produits bon marché. “Cela permet de remplir le panier de la ménagère à bas prix”, crie un vendeur de flans, café soluble, jus et fromages à Derb Soltane. Dans ce quartier populaire à forte agglomération et au pouvoir d’achat limité de la métropole économique, les rues se convertissent en duty free agroalimentaire. Les marchands, essentiellement des jeunes, se multiplient de jour en jour et investissent les sentiers exigus des souks. Ici, tout le monde a pignon sur rue compte tenu de la densité démographique et de la forte demande. A Derb Chamel, l’on s’approvisionne directement de Sebta via Fnideq. “Ici, les prix sont pratiquement alignés à ceux du Nord”, argumente une vendeuse. Outre les produits de contrebande habituels provenant de l’Espagne, l’exception cette année, c’est le déferlement de produits algériens qui arrivent en force, lesquels annoncent le coup de massue pour certaines variétés de produits nationaux. Tel est le cas pour les fromages de la société Bel Algérie qui se vendent à des prix défiant toute concurrence, frais de transport en sus. Le paquet La Vache qui rit algérien de 16 portions est vendu à 14 DH contre 17,30 chez l’épicier. Parfois, le prix est même estampillé en dinar (95 dinars, sachant que 100 dinars = 9,20 DH). “Quel que soit le pays d’origine, à produit similaire, j’opterai pour le moins cher”, souligne un client. Pour un autre jeune l’ayant déjà acheté, “le goût n’est pas le même, le volume et la qualité de l’emballage non plus”. Selon un responsable à la Centrale Laitière, la contrebande des fromages en provenance d’Algérie représentait 2% de parts de marché en 2003. Globalement, le marché des fromages au Maroc est estimé à 15.000 tonnes par an. En 2004, les effets de la contrebande algérienne ont été ressentis plus fortement. Les professionnels parlent de 5,6% de parts de marché détenues uniquement sur la variété des fromages en provenance d’Algérie. Par ailleurs, d’autres variétés de fromages provenant de France, de Hollande et d’Espagne sont également commercialisées. Autres produits du voisin de l’Est, via Oujda, le lait en poudre et le café soluble, mais aussi les biscuits et les yaourts. Depuis bientôt deux mois, le phénomène a pris des proportions alarmantes dans l’Oriental, souligne le président d’une coopérative laitière. “Même les yaourts algériens sont vendus en vrac par des marchands ambulants à 1,20 DH sans aucun respect de la chaîne de froid”. Selon des coopératives d’Oujda, les professionnels du lait accusent un manque à gagner évalué à 20% dans la région. Autres produits inquiétants à Casablanca, le beurre en vrac, produit local cette fois-ci mais qui est vendu à même le sol à Derb Soltane ou encore des yaourts espagnols (marque PMI). Le flan, les jus et la mortadelle sont logés à la même enseigne. “Ne vous inquiétez pas, c’est un produit qui résiste à la chaleur”, répond le marchand ambulant aux clients hésitants. Généralement, les dates de péremption sont proches de leur expiration. Mais là encore, souligne un professionnel de produits laitiers, “ce n’est plus un problème car les revendeurs de la contrebande sont dotés de dateurs et interviennent sur les références initiales du producteur”. A priori dans les quartiers populaires, la clientèle accorde peu d’importance aux dates, c’est le facteur prix qui importe le plus. Mais aussi l’emballage et les couleurs attrayantes du packaging.


Apothicaires ambulants

Trimox Fort, Rovamycine, Péniciline, Rodogyle… tout à 10 DH. Le quartier Bousbir à Casablanca est plein de vendeurs à la sauvette convertis en pharmaciens ambulants. La plupart des produits sont périmés ou proches de leur date de péremption. La cible de ce commerce est constituée essentiellement de démunis et d’analphabètes âgés, ce qui explique le laxisme lors de l’achat. Mais ce qui est alarmant, c’est la source d’approvisionnement. “Les éboueurs nous vendent tout ce qu’ils récupèrent et nous faisons le tri après coup”, souligne un vendeur à la sauvette au quartier Bousbir. “Nous pouvons même vendre des comprimés au détail à 1 DH”, précise un quinquagénaire qui propose de l’Aspro et des pommades de rhumatisme fabriquées à Barcelone. Là encore, les produits algériens arrivent en force et ils sont… très prisés. “Il paraît qu’ils sont plus efficaces que les nôtres”, souligne un client qui cherche des fortifiants. Et c’est sur l’argument de l’efficacité que jouent les revendeurs de produits algériens. Mais ce qui est demandé le plus, ce sont les psychotropes, ajoute un jeune. Selon un rapport de la Chambre de commerce d’Oujda, les médicaments en provenance d’Algérie représentent 65% du total des médicaments de la contrebande.


Les cigarettes légères

Quelle est la différence entre un paquet de cigarettes vendu chez le buraliste et un autre de la même marque mais provenant de la contrebande? Les fumeurs à revenu limité le savent: le prix. Là encore, le commerce informel prend des proportions qui inquiètent la Régie des Tabacs. Cette dernière a mené des études auprès des points noirs de la contrebande des cigarettes. Parmi eux, le Nord arrive en première position avec des cigarettes en provenance de l’Espagne. Viennent juste après, les provinces du sud qui connaissent un flux en provenance de la Mauritanie et des îles Canaries. Les cigarettes algériennes se vendent également à Oujda. Mais ce qui inquiète le plus, c’est le Grand Casablanca où le paquet de Marlboro se vend à 15 DH. La Régie des Tabacs a commercialisé Fortuna à 20 DH pour juguler une clientèle habituée à acheter des Marlboro de contrebande au même prix. Or, quelques mois plus tard, ce sont les Marlboro de la Régie qui accusent une baisse, sous l’effet chevauchement. La Régie vient de déposer les résultats d’une étude à la primature pour que des campagnes d’assainissement soient enclenchées. Mais la tâche ne sera pas aisée et les stocks du marché parallèle sont devenus importants. Par ailleurs, une directive européenne antitabac interdit désormais les mentions “lights” sur les paquets de cigarettes légères. A partir de ce mois d’octobre, ces recommandations sont devenues obligatoires. Autrement dit, les stocks des anciens paquets devraient être écoulés via le marché parallèle et principalement à destination des pays en voie de développement, moins regardants sur les appellations.A. R.

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