×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Affaires

Casablanca a recensé ses SDF

Par L'Economiste | Edition N°:1853 Le 14/09/2004 | Partager

. Seulement ceux qui vivent réellement dans la rue étaient concernés. L’opération s’est déroulée sans incidents 20h45 à l’école Fatima Al Fihria à l’ancienne Médina. Poste de commandement de l’opération de recensement de la zone n°1 qui relève de Casablanca-Anfa. C’est la dernière réunion avec les enquêteurs qui vont assurer le recensement des sans-abri. Farid Barkich, superviseur de cette zone de 80 districts, est on ne peut plus clair. “Les SDF doivent être recensés exactement comme n’importe quel autre citoyen. Leurs secrets doivent être préservés et les agents des autorités locales qui vont nous accompagner dans cette opération n’ont pas le droit d’être présents au moment des entretiens”, explique-t-il. Cinq enquêteurs sont choisis pour l’opération de cette nuit. Ils sont “triés” selon des critères bien déterminés. Ils doivent savoir parler aux gens et les mettre à l’aise. Ils doivent également être efficaces.Un peu plus tard, une autre réunion se tient avec les huit moukaddems chargés de la sécurité des enquêteurs et la localisation des endroits où vivent les SDF. Le recensement de cette nuit est réservé uniquement aux personnes qui vivent véritablement dans la rue. Les vagabonds ne sont pas concernés par cette opération. “Plusieurs d’entre eux ont des foyers qu’ils rejoignent pour dormir. Même s’ils passent la totalité de leurs journées dans la rue, le soir ils rentrent chez eux. Et ils seront sûrement recensés dans leurs lieux de résidence”, explique Farid Barkich. Le rôle des autorités locales dans cette opération est très déterminant. Ce sont les moukkadems qui connaissent mieux leurs secteurs. Selon leurs premières estimations, une vingtaine de sans-abri vivent dans cette zone. Cinq zones ont été déterminées: la place Bab Marrakech, Arsat Zerktouni, la place Centrale Impériale, Smat et la Place Ouazzane. Aussitôt, cinq groupes sont formés. En compagnie de chaque agent recenseur, deux moukaddems assurent la sécurité et la localisation des lieux. A 21h30, le balayage de l’ancienne Médina commence. A la place Bab Marrakech, les lieux sont encore animés. Les marchands ambulants écoulent leurs dernières marchandises. Des engueulades entre vendeurs et clients éclatent de temps à autre mais l’ambiance reste détendue. Les premiers SDF sont repérés. Deux vieilles femmes en haillons, l’air fatigué, se trouvent dans un coin obscur. Une troisième roupille sur un morceau de carton. Le moukkadem est ferme, “Ce sont des sans-abri. Elles “habitent” ici depuis fort longtemps”. La première femme est facilement abordable. Elle fait sortir une photocopie de sa carte d’identité et répond aux questions de l’enquêteur avec facilité. “Certaines de ses réponses sont incohérentes, mais c’est d’abord le dénombrement de cette catégorie sociale qui prime”, explique Larbi Biaâ, l’agent recenseur. Fatima, de son prénom, explique qu’elle est au courant du déroulement du recensement, mais ne s’attendait pas à ce qu’elle soit elle aussi recensée. “J’espère que cela servira à quelque chose dans l’avenir”, avance-t-elle.La seconde femme, nerveuse, montre une certaine réticence. Elle prétend qu’elle est là juste pour quelques minutes. Le temps de souffler un peu et reprendre son chemin. Mais le moukaddem maintient sa version. Le vendeur d’en face confirme. “Elle dort dans ce coin depuis un bon bout de temps”. Cependant, l’agent juge bon de passer au troisième cas et revenir à la femme réticente plus tard. Sous le regard curieux des passants, il la réveille avec délicatesse. Elle aussi s’adonne au jeu des questions-réponses sans difficulté. De temps à autre, de larges sourires se dessinent sur son visage et sur celui de l’enquêteur. Ce dernier n’a pas pu s’empêcher d’éclater de rire lorsque cette vieille femme fragilisée par l’âge et la pauvreté lui répond en bon français: “Touchons le bois”, à la question “Est-ce que vous souffrez d’une maladie?”. En moyenne, cinq minutes suffisent pour remplir le questionnaire. Larbi Biaâ quitte cette femme avec une accolade et de nombreuses prières à son actif. L’équipe continue de sillonner les ruelles de l’ancienne Médina. Avec la même facilité, d’autres SDF ont été recensés. “Nous avions tort d’avoir eu peur de ce quartier. Les habitants nous ont été d’un grand soutien. Même les petits nous montrent le chemin et nous désignent les habitants”, avance un recenseur qui a déjà effectué 90% de son travail. Le recensement se termine vers minuit. Entre-temps, la femme réticente de tout à l’heure a fini par céder après la persévérance de l’enquêteur et du superviseur. Par contre, son voisin qui vient de s’installer à côté refuse sous prétexte qu’il vient d’être recensé par une autre équipe. Un “sebsi” à la bouche, le recensement semble ne le concerner ni de près ni de loin. L’équipe a finalement recensé sept personnes. Les autres équipes ont totalisé 11 SDF dont la majorité sont des personnes âgées.Abdellatif Dahioui, responsable préfectoral de la Préfecture des arrondissements Casablanca-Anfa, a assuré qu’aucun incident n’a été enregistré durant cette opération. Mohamed AKISRA

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc