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Baisse du dollar: Le Maroc tire son épingle du jeu

Par L'Economiste | Edition N°:1915 Le 13/12/2004 | Partager

. Pas besoin de dévaluer le dirham. Les exportateurs vers l’Europe augmentent leurs revenus. Face aux Chinois, il faut jouer la carte de la productivitéLa flambée de l’euro et la dépréciation du dollar risquent de se prolonger en 2005. En tout cas, les spécialistes du marché des changes retiennent pour la plupart ce scénario pour les prochains mois. Ce qui n’est pas pour inquiéter nos exportateurs à l’exception peut-être de l’OCP qui facture ses ventes en devise américaine. Reste que les performances réalisées par l’Office, à fin octobre 2004, n’ont rien d’alarmant. En dépit de la faiblesse du dollar, il a réussi à améliorer de 26% ses recettes qui s’établissent à plus de 12 milliards de DH. De plus, l’OCP a augmenté sa contribution de plus de 3 points dans le total des exportations. En fait, il a tiré pleinement profit de la flambée des cours des matières premières et de la pression de la demande de la Chine et de l’Inde. Pour 2005, pas de grands changements en vue à ce niveau. Globalement, si l’on s’en tient à la nature de ses échanges avec le reste du monde, le Maroc pourrait tirer son épingle du jeu, pour peu qu’il réussisse à niveler ses dépenses en dollar. Certes, l’exercice n’est pas aisé, vu le poids des importations «incompressibles» comme le pétrole (12 milliards de DH à fin octobre selon l’Office des Changes) ou les céréales (4,4 milliards de DH). Mais pour autant, les tensions monétaires à l’échelle mondiale ne devraient pas dans les prochains mois gripper la machine. A priori, la baisse du dollar par rapport à la monnaie européenne constitue une configuration plutôt favorable pour l’économie marocaine, estime un responsable Marché des capitaux d’une grande banque de la place. Comme en 2004, les exportateurs vers la zone euro pourraient en tirer quelques avantages. D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si ces derniers ne sont pas montés au créneau comme en 2001, lors du repli de l’euro face au dollar. Un banquier, ayant requis l’anonymat, rappelle en outre que, de toute façon, la hausse de l’euro reste limitée à 20% de la variation de la parité euro/dollar, en raison de la structure même du panier dirham. Cette hausse limitée est en mesure de booster la compétitivité des produits qui sont écoulés en Europe. De plus, elle est susceptible de décourager, dans une certaine proportion, les importations devenues plus chères.Mais les choses ne sont pas si simples. Dans les faits, la balance commerciale a plutôt tendance à se dégrader à court terme. A fin octobre, le déficit commercial s’est creusé de plus de 31% et le taux de couverture perd près de 6 points à 56%, selon les derniers chiffres de l’Office des Changes. D’une part, la baisse continue des droits de douane annule l’effet dissuasif de la hausse de l’euro sur les importations. D’autre part, les pays asiatiques profitent de la faiblesse du dollar pour livrer une bataille commerciale sans merci sur les marchés européens. «Ainsi, la Chine bénéficie sur cette zone d’un écart de compétitivité-change par rapport au Maroc de 20%, du fait de la baisse du dollar par rapport à l’euro», souligne le responsable Marché des capitaux. Enfin, l’impact négatif sur la balance commerciale s’explique aussi par la prédominance des exportations contingentées (produits agricoles), la faiblesse de leur élasticité-prix et le recours aux contrats libellés en dirham. Quant à la baisse du dollar, le Maroc n’en tire pas non plus pleinement profit. D’un côté, la facture énergétique s’est renchérie de 73% à 12 milliards de DH, du fait de la flambée du prix du baril de pétrole (plus de 40 dollars). A cela s’ajoute la montée en flèche des importations de blé (+49% en valeur et +32% en volume à 4,4 milliards de DH).De l’autre, la performance de l’OCP (12 milliards de DH) permet tout juste de couvrir les achats de pétrole. «Pour le reste de la balance commerciale libellée en dollar, la baisse de la monnaie américaine a réduit le déficit commercial. Mais à terme, la hausse des volumes importés en dollar, notamment en provenance des pays asiatiques, pourrait transformer cet avantage en déficit», explique le spécialiste des Marchés des capitaux. Enfin, pour les autres postes de la balance des paiements, l’impact de la fluctuation des deux devises est jugé plutôt favorable. En effet, les transferts MRE comme les recettes touristiques sont globalement libellés en euro. Quant à l’impact sur la dette extérieure, il est jugé plutôt positif car la dette libellée en dollar est actuellement supérieure à 20%.


La dévaluation, inopportune pour l’instant

Ni les responsables de l’Office des Changes ni les banquiers interrogés ne croient aux vertus de la dévaluation du dirham. Tout d’abord, le timing est jugé inapproprié car les exportateurs bénéficient actuellement d’un avantage compétitif. La devise européenne se serait appréciée de plus de 10% avec un impact non négligeable sur leur chiffre d’affaires. «Les opérateurs ne réclament pas de dévaluation et si elle survient maintenant, elle ne serait pas payante politiquement».Ensuite, malgré la menace chinoise notamment dans le secteur textile, la dévaluation n’est pas justifiée. «Elle engendre de nombreux effets pervers, notamment le renchérissement des importations (déjà bien coûteuses), l’inflation importée et le renchérissement de la dette extérieure». La voie est alors ouverte au dérapage budgétaire. Quant à l’effet de la dévaluation sur la croissance, il demeure limité car les importations comme les exportations affichent une élasticité-prix très faible. En fait, toutes les parties estiment que le véritable handicap du Maroc réside dans l’écart au niveau des coûts de production, de la productivité et des salaires par rapport aux pays concurrents. C’est à ce niveau que des efforts doivent être fournis rapidement. . Se couvrir pour limiter les dégâtsDeux grandes banques de la place contribuent activement à la vulgarisation des instruments de couverture contre le risque de change et le risque de taux en devises. Les secteurs importateurs d’oléagineux (graines de soja) et de céréales (blé et maïs) sont en première ligne. Mais toutes les activités sont concernées. A titre d’exemple, les options de change sont proposées aux grandes et moyennes entreprises pour se prémunir contre le risque de change sur la parité dollar/dirham, particulièrement volatil en ce moment. A signaler que les deux banques commercialisent ses produits uniquement sur la base de la circulaire de l’Office des Changes diffusée en juin dernier. Les banquiers attendent toujours la circulaire de Bank Al-Maghrib censée apporter plus de précisions techniques.Quant à la dernière circulaire de l’OC relative à la couverture du risque de taux en devises, son impact est jugé assez limité. Les financements en devises émanant des résidents portent sur des volumes très réduits.Mouna KABLY

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